‹ Clement 13. et Clement 14Chapitre 69 sur 89 · PROCÈS DO P. LAURENT RICCI · texte numérisé non relu

PROCÈS DO P. LAURENT RICCI

servaient d’assistants dans le gouvernement de la compagnie? Répotue. Je donnai les noms des pères assistants, comme nous les nommons, du secrétaire et du procureur général.

2* Interrogation. Si ceux-ci avaient voix décisive , ou simplement )x>nsejtative. Réponse. Us avaient seulement voix consultative. •

3* Interrogation. Si j’avais fait im billet d’élection désignant im vicaire général, en cas de mort, selon la cou* tunie des généraux de la compagnie. Réponse. Oui, je l’avais fait. — Mais, me fut-il répondu , ce billet ne s’est pas ti'ouvë dans vos papiers. Réponse. Je l’ai brûlé le lendemain du jour de la suppression de la comjagnie.

4* Interrogation. Pourquoi j'avais brûlé ce billet. Réponse. Parce que, une fois la compagnie abolie, ce billet n’était plus qu’un papier inutile.

5* Interrogation. Quel était l’élu? Réponse. Je lis quelques difficultés à dire son nom; l’élection n’étant connue ni de l’élu ni de personne , je pou^ ais la regarder comme chose purement privée et nullement sujette au jugement humain. Néanmoins je recommandai le secret et donnai le nom (Ignace Romlnug, assistant d’Allemagne).

6* Interrogation. Si j’avais écrit des lettres dans les derniers temps? Réponse. Le samedi même qui précéila l’abolition, par conséquent le 14 août, j’avais expédié toutes les lettres courantes pour l’ItaUe, l’Allemagne et la Pologne.

7* Interrogation. Si j’avais des nou^'ellcs positives de la suppression de la compagnie ? Réponse. Je n’en avais d’autres que les rumeurs publiques, qui l’affirmaient, mais en diverses manières.

8* Interrogation. Une lettli-e me fut présentée, et il me fut demandé si elle était de ma main. Réponse. Non , ce n’est pas mon écriture. — Mais, fut-il ajouté , la connaissez-vous? Réponse. Je crois la reconnaître pour celle d’un religieux sicilien , que je nommai. Je dis je crois lu reconnaitre, car je ne voulus pas affirmer avec certitude que les lettres qu’on m’a

BOCPSreXTS. CHAP. IX.

plusieurs fois.pri'sentées f étaient d’un tel, ou d’un tel; car ce* lettres pouvaient être contrefaites.

« 9* Interrogation. Pour quel cas "et dans quelles suppositions avaient été données par moi les facultés contenues dans l’écrit qu’on me présentait, et si vraiment^e les a\ais données? Bé/mise. Pour l’intelligence de ma réponse, je dois dire auparavant (jue, dans le temps qui précéda immédiatement la suppression . les rumeurs publiipies au sujet de l’existence (le la compagnie étaient nombreuses et variées : l’on craignait tout, sans savoir que craindre en particulier. Les pères siciliens pensèrent pouvoir être forcés, par l’autorité civile, à quitter l’habit religieux , sous la menace que les récalcitrants seraient privés de la pension alimentaire; sans toutefois perdre par là l’état religieux , qui ne peut leur être ôté que par l’autorité ecclésiasticiue. C’est ce (jui arriva à un grand nombre de pères, qui restèrent longtemps en Sicile après l’expulsion ; et la même chose arriva à tous les religieux de la compagnie en France, lors<pi’ils furent dispersés dans le royaume. Or, dans ces deux occasions , j’ai donné les facultés suivantes : t* de pouvoir se confesser à tout prêtre approuvé d’uii é\ êque, et d’être absous des péchés et censures i-éservés dans la compagnie ; 2* que , pour le vœu de pauvreté , ils tissent ce que leur position actuelle exigeait, tout en se souvenant, dans l’usage de l’argent et des choses , de la modération qui convient à des religieux; et finalement, je suspendais tous le# préceptes qui pouvaient avoir été imposés aux provinces en particulier, comme la défense de jouer aux cartes et autre# semblables. Les pères siciliens , craignant de se trem er dans le même cas, me demandèrent à l’avance les mêmes facultés que j’avais accordées à leurs frères de France. Je fis droit à leur requête; et l'un d’eux, prié par un autre ipii était à Rome , lui transmit , par une lettre , les facultés acnor.lées. Cette lettre, interceptée, est la même qui m’était présentée. Je répondis donc que j’avais vraiment concédé ces facultés; que je l’avais fait pour les seules raisons exposées plus haut;

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que j’avais donné les mêmes au\ Fiançais ; et que, du reste, le titre du papier même ; Facultés données aux F rancais, en faisait foi. Cette interrogation me fut l’épétée six ou huit fois, comme si l’on croyait que j’avais accordé lesdites facultés |K)ur le cas de la destruction , ordonnée pmr le piouvoir ecclésiastique légitime. Je répliquais toujours, et déclarais longuement, savoir : qu’une fois la compagnie détruite , je n’avais plus aucune juridiction, et que toute faculté donnée par moi après la suppression serait inutile; que j’avais répondu dans ce sens à tous ceux qui, le lendemain de la suppression, me demandaient, par ignorance, quelque permission en matière de pauvreté ; (pie je n’étais pias assez peu soucieux de mon dme pour vouloir faire des choses illicites et contraires aux ordres de l’autorité ecclésiastique, à latjuelle je n’avais jamais résisté. Enfin , je me déclarais fatigué de répéter tant de fois des choses déclaréc's si ouvertement , si clairement explapuées , ([ue des enfants mêmes les auraient comprises. Je confesse m’être servi de cette expression. Celui qui interrogeait et celui qui écrivait étaient également fatigués; et l’interrogation à ce sujet cessa. On voulut faire quelques difficultés sur la date de la lettre de Viterbe , qui était récente, du 16 au 17 août, comme si les facultés avaient été accordées après la suppression ; mais cette lettre n’était pias de moi , et référait seulement les facultés accordées quelques semaines auparavant ; la date en était antérieure à l’arrivée de la nouvelle de la suppression à Viterbe. Dans cet interrogatoire, il me fut dit que j’avais, pour plus de sécurité et pour prévenir tout scrupule, obtenu de S. S. Clément XIll, pour les jésuites français , la permission de revêtir l’habit séculier, ce à quoi ils étaient contraints par le pjouvoir laïque. Sur quoi on me fit la question suivante.

10* Interrogation. Si ces concessions avaient été accordées piar moi sous forme de décret, quelle en était la formule et où se trouvait l’original? Itéponse. Il n’y a ni décret, ni formule ; j’avais la faculté vivæ vocis oraculo que j’ai communi-

DOCOJIBNTS. CHAP. IK.

quée par lettre aux supérieurs de Frauce, qui, après en avoir fait la Qoùfication , auront brûlé ou déchiré la lettre , conune tout autre papier inutile.

Ki* Interrogation. On voulait connaître les noms de tous eeux (jui , en Sicile , avaient quitté l’habit religieux dans les conditions mentionnées plus haut. Je répandis qu’en Sioilo il y en avait à peu près cent; qu’en France , c'étaient tous les jésuites de ce royaume (ce qui est chose connue et publique), par conséquent environ trois mille, et que j’avoue n’avoir pas assez de mémoire pour retenir tous ces noms-là. — Ici on ajouta extrà-judiciairement que des doutes avaient été élevés par des théologiens subtils , à savoir si un religieux ne portant pas l’habit de son ordre est néanmoins soumis aux supérieurs réguliers de cet ordre T Je me contins et l’éponilis, selon le vieux proverbe et l’axiome connu : Habitue non facit mmathum; dans tous les pays d’infidèles ou d’hérétiques, comme l’Angleterre, par exemple, les religieux ne pouvant par nécessité porter l’habit de leur oi-dre , n’en vivent pas moins soumis à leurs supérieurs réguliers.

12* Interrogation. Si je connaissais un certain père espagnol, duquel me fut montré une lettre , et quelles instructions je lui avais données? Réponse. Ce religieux était supérieur d'une province, et m'avait questionné sur ce qui devrait se faire dans le cas où, sous menaces de perdre la pension alimentaire, on serait forcé de demander la sécularisation à l’autorité ecclésiastique légitime. Je répondis que , dans ce cas , on devait la demander. Mais il m'écrivit une seconde fois , et dans cette lettre interceptée , il me dit : S’il ne serait pas peut-être plus conforme à l’esprit religieux de se sacrifier en allant mendier? Je répondis donc à l’interrogation que je ne connaissais pas ce religieux de vue, mais bien par lettres; et que mes instructions étaient exposées dans la lettre qu'on venait de me montrer.

Interrogation. Si j’avais donné quelque instruction particulière aux Siciliens? Réponse. Non. Alors on m'opposa la

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