‹ Clement 13. et Clement 14Chapitre 70 sur 89 · PROCÈS DU P. LAURENT RICCI · texte numérisé non relu

PROCÈS DU P. LAURENT RICCI

lettre dont il-Aient dVlre pax'lû; je leur rappelai que cette lettre n’était pas d’un Sicilien , mais bien d’un Espagnol, et traduite de l’Espagflol; et ici on se tut.

14* Interrogation. Si, durant mon gouvernement, il s’était fait quelque changement dans les règles de l’ordre? Réponse. Aucun; et j’ai fait tout mon possible pour maintenir l’intégrité de la règle.

t.V Interrogation. S’il y avait des abus dans l’ordre ? Réponse. GrAce à la iiiisériconle di\ iue , il n’y eu avait aucun qui fût commun. Mais au contraire il y avait lieaucoup de régularité, lieaucoup de piété , beaucoup de sèle, et spécialement beaucoup d’union et de charité. Et ceci est manifeste, lorsqu’on a vu que, pendant t{uinzc ans de tribulations extrêmes, il n’y a eu ni désordre, ni tumulte intérieur, et que tous les membres étaient extrêmement attachés à leur ordre, quoique persécuté à l’excès. Ceci n’einpéche pas que, selon la condition humaine , il n’y ait eu quelques abus particuliers auxquels on a porté les l'emèdes opportuns.

16* Interrogatvm. Si je ne croyais vraiment plus avoir aucime autorité , depuis la suppression de la compagnie ? Réponse. J’en suis très-persuadé , et il faudrait être insensé pour penser autrement.

17* Interrogation. Quelle autorité je me serais cru posséder, si le pape, sans abolir la compagnie , en avait seulement disposé d’une autre manière ? Réponse. L’autorité que le pape m’aurait laissée , et non une autre. ( Ici , je les avertis (|ue ces dernières interrogations roulaient sur des sentiments intérieurs, qui, par consécjuent, n’étaient nullement sujets à l’examen judiciaire; que j’y avais répondu jusqu’à pi-ésent, mais ([ue je les priais de se borner à l’aveuir aux actes extérieurs. Ma piotestation fut acceptée, et ce genre d’investigations cessa.)

18* Interrogation. Si j’avais donné la faculté d'entendre les confessions ? Réponse, (jue la faculté de se confesser les uns les autres ne pouvait être accordée que par les supérieurs

DOCÜMENTS. CHAP. IX.

réguliers (je parle de la règle générale), (^e, chez nous, ce pouvoir était conféré par les supérieurs immédiats des maisons et provinces , et que je l’avais donné à plusieurs.

19* Interrogation. Si j’avais caché de l’argent ou des objets de prix dans des lieux secrets au Gesù? Si j’avais envoyé de l’argent hors de Rome, ou si d’autres l'avaient fait de mon consentement? Cette ([uestion et les autres concernant l’argent me furent faites dès les premiers interrogatoires. M. Andreetti me dit alors qu’on évaluait à 50 millions l’argent caché; dans d'autres interrogatoires postérieurs , il ne fut plus question que de 22 ou de 24 millions. On m’avertit que cet argent ayant été caché in tempore habili, l’action n’était pas coupable. Je répondis n’avoir caché ni argent, ni objets précieux dans nuis lieux secrets, et que personne ne l’avait fait à ma connaissance et de mon consentement; que quelques-uns m’avaient proposé de cacher des objets de valeur, mais que je l’avais désapprouvé, et dissuadé de le faire; que récemment on avait envoyé à Gènes une somme appartenant à une mission d’outre-mer; que cette somme étmt enregistrée dans les livres de la procure générale ; qu’elle n'avait pas été envoyée à Gênes pour y être mise en sûreté , mais pour être donnée à la mission à laquelle elle appartenait. — On me demanda aloi-s àqui cette somme avait été adressée à Gênes ; je répondis que je ne le savais pas, la chose n’étant pas dans mes attributions immédiates; mais que du reste j’affirmais encore une fois que ni moi, ni aucun autre, à ma connaissance et de mon consentement, n’avait envoyé hors de Rome même un sou pour le conserv’er ou le placer sur une banque ; et que finalement nos grandes richesses n’ont jamais existé; que les rumeurs populaires répandues à ce sujet par des malveillants sans doute, n’ont aucun fondement; qu’elles sont un rêve, un délire; que cette idée est devenue une vraie manie, et que j’étais surpris de voir des gens d’esprit ajouter foi à cette fable, de la fausseté de laquelle ils devraient cependant être convaincus après les étranges et diligentes recherches faites à

Page 1