‹ Clement 13. et Clement 14Chapitre 72 sur 89 · PROCES DU P, LAURENT RICCI · texte numérisé non relu

PROCES DU P, LAURENT RICCI

Inteil'oyation. Que lui avais-je écrit ? /té/Mise. Je lui avais recommandé mou ordre dans ses États, et surtout un proct s lie grande importance dont la perte réduirait à ude extrême pauvreté les jésuites de Silésie.

J’atteste de nouveau, et s’il le faut, par serment, que tout le contenu de ce récit est très-vrai.

Laurent Ricci.

Jusiju’ici nous n’avons fait que reproduire le i-écit authenliijue du P. Ricci. De ce procès ressort sa parfaite Innocence: ayant subi tant d’exameiLS, il ne fut pas interrogé une s<“ule fois sur aucun délit personnel, ni comme individu, ni comme chef de l’onhN?. Qu’on fasse attention à ce silence qui, à lui seul, peut convaincre les intelligences les plus rebelles. Quand donc un criminel n’est-il plus interrogé louchant ses délits et les causi's de son incarcération? La justice, che* aucune nation, n’a jamais eu pmr coutume de taire dux criminels leurs délits, même quand ces délits sont publiquement connus. Le silence à cet égard a toujours été une preuv e que les juges n’avaient aucun espoir de convaincre comme criminels ceux qu’ils voulaient condamner.

I.’innocence du général étant prouvée, celle de tout l’ordi'e l’est également. Car si le général est innocent de tout délit personnel , il ne pouvait y avoir aucune autre cause de son cmprisounemeut, si ce u’est les délits de sa compagnie ; c’està-dire, ce qu’il a fait, écrit , permis, enseigné et commandé comme chef de tout l’ordre. Donc, puisqu’il ressort du procès qu’il était également innocent comme général et chef de son ordre, il s’ensuit que l’innocence de l'ordre même est prouvée. Pour confirmer ceci, on doit remarquer que si les nom^ hreuses et graves accüsations portées contre la compagnie eussent été vraies , il était impossible que le général n’en fût pas instruit et n’y participât. Par exemple, dans l’accusation d’insulîordination, de dissidences intérieures et extérieures , le général aurait déjà été trèsscoupable de n’y avoir pas porté remède; très-cuiipable dans l’accusation de la morale relà*

DOCL'ilESTS. CIIAP. IX.

chée,puis(|u’il prenait les informations et choisissait les principaux professeurs et prédicateurs; trés-coupable dans l’accusation de commerce, puis<jue tout contrat de quelque Tnaporhince dépendait uniquement de son autorisation ; très-coupable dans l’accusation d’ambition, puisrju’il était le centre unique de tout pouvoir. On peut en dire autant du reste. Si donc le corps de la compagnie a\ait recelé des coupables, il était impossible que le général fût innocent. Mais le procès prouve qu’il était innocent de tout délit personnel ou même relatif: donc le procès prouve aussi que la compagnie entière est innocente de tout crime. Les examens mêmes démontrent non-seulement que le général n’avait pas fait de faute qui méritât la condamnation, mais encore que les indices de délits, même jkjut le faire incarcérer, manquaient.

Enfin nous avons sur ce sujet la protestation solennelle du P. nicci, le matin du 19 novembre 177."), en présence de plusiem-s pei-sonnes et a\ant de recevoir le saint viatique. — Getfe protestation, qui se ti'ouxe dans l’ouM'age, au chni>Ure de la suppression ', est tout à ta fois un témoignage glorieux de l’innocence complète et de la charité héroïque de son auteur.

1 CUmenl XIII cl Clément X/V, c/m/j. ix, p. 3S8.

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