‹ Clement 13. et Clement 14Chapitre 79 sur 89 · DOCUMENTS. — CONCLUSION · texte numérisé non relu

DOCUMENTS. — CONCLUSION

mon cher ami, que j’ai reçu votre lettre ù moins d’un mois de sa date; vous jmjuvcz juger si elle m’a intéressé. Mais parlons d’autre chose sans transition et sans phrase.

Je vous ilirai, mon cher ami , que le saint-siège a confirmé par une huile solennelle la comjiagnie de Jésus eu Russie, dans tous ses privilèges ; et que le gouvernement a accepté h huile. Depuis lors, beaucoup d’ancieas membres d’Italie , d’Allemagne, d’Angleterre inèine , ont demandé leur agrégation dans la société léintégiée. 11 manque des Français , parce que la société ayant été détruite en France longtemps avant de l’étre dans les auties pays, tout ce qui en reste aujoiml’hui est vieux ou invalide. Cependant, par l’état des choses, les jésuites de Russie auraient liesoiu de membres français pour la préilication et l’éducation, à cause du grand nombre de Français qui sont ici. Que ne donnerais-je jias jx>ur vous faire sauter, l’abbé Richard et vous, à Rétersbourg ou à PoloskJ Je désirerais encore, au delà de ce iju’on peut dire, l’abbé LKmzé, qui était attaché à la jmroisse île Sainl- Germaiu-en-Laye aviuit la révolution, excellent sujet sous tous les rapports. Si même , parmi quelques jeunes gens bien pieux, bien aUés, amis de la société, vous en connaissiez qui pussent se déterminer à passer eu Russie , quel bien ne feriez-vous pas |>our la plus grande gloire de Dieu , eu leur pix'sentaut le moyen de venir se réunir ù une société qui vous est si chère et qui va devenh plus importante , plus utile et même plus nécessaire, que jamais ù la religion. Cette mission est singulièrement intéressante. Je suis fâché que les divers réles que j’ai été (d)ligé de remplir ne m’aient pas mis dans le cas de faire des sermons , je trouverais à les débiter; mais à mon âge ou ne compose plus, et ma mémoire est perdue. Allons, mon cher ami , voyez, cherchez. Mais tout ceci avec prudence; ne faisons pas claquer noli-e fouet : ne l’éveillons point la jalousie , le préjugé ou la liaine. /'«www le bien humblement et modestement. Peut-être est-ce à cette tranquillité, à cette modestie que les jésuites russes, polonais, ont

Di.

RÉTABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE I)E JÉSl'S. 491

(lil Itmr uouservatiun. Dieu soit béni! voilà un excellent moyen pour rétablir la société , si Dieu veut continuer tle s’en senir. Encore une fois, mon cher ainj, agissez prudemment. Je connais votre zèle et votre attachement pour la compagnie de Jésus ; v ous ferez sûrement de votre mieux, eu vous souvenant surtout que nous devons principalement aimer cette bonne mère pom' sou chef, Jésus-Christ Notre-Seigneur. ,

C’est le H. P. Grulier qui est aujourd’hui général; il a succéilé au P. Kareu, qui est mort l’été dernier. Depuis deux ans, les jésuites ont un collège à Pétei'sbourg ; ils desservent l’Eglise cathoUipie. Ils y font beaucoup de bien, quui([u’il y ait encore quelques ennemis, qui leur ont suscité des tracasseries; mais il parait qu’aujoui'd’hui tout le monde à peu près leur rend justice , et qu’on se réunit à bien penser sur leur compte. — Dieu sur tout.

Je vous embrasse ex anima, et on Notro-Seigneur.

UlUY.

Moscou, le 15 décembre 1802.

Nous avons vécu avec des vieillards que 1e rétablissement de la compagnie de Jésus par Pie VII trouvait au bord de la tombe; ils avaient connu, goûté les anciennes douceurs de la société première , les anciennes et poignantes douleurs de la société détruite. Le grand nombre de Icui-s frères, que la suppression avait séparés sans les désunir, n’était déjà plus ; mais tous avaient conservé jusi|u’à la fin le hen des regrets et des souvenü’s, et l’habitude de la règle et de la vie religieuse. Les populations qu’ils avaient évangélisées leur rendaient hommage ; et les âmes qu’ils avaient formées à l’amour de Notre- Seigneur bénissaient avec eux le nom et l’esprit d’une compagnie qui avait laissé dans les monuments subsistants de son zèle un si précieux héritage. Ces anciens pères, comme nous les appelons, avaient tout perdu avant l’ùge, tout, et bien plus que la patrie, la famille! Quelques-uns retrouvaient, en nous les domiant, les mœurs, la langue, l’union

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