Paedag., I
1 \ cmusTOT.or.iK dr clément 201
IrMiichiMil pas la (|iieslit)ii, car il y cii a aulaiil pour lune i\uo j)<)ur Taulrc thèse. M. Zeller pense qu'on doit admeltro (|ue IMiiloii lui-inènu' n\a pas senti la contradiction que renferniait sa notion du Logos. En aurait-il eu conscience qu'encore il eût été forcé de la laisser subsister. N'avait-il pas conçu son Logos précisément pour explif|uer la l'ornialion du monde matériel sans y mêler directement Dieu lui-même, trop élevé pour entrer en contact avec la matière périssable ? Si le Logos n'était qu'un attribut de Dieu, dès qu'il créerait le monde et l'organiserait, ce serait Dieu lui-même qui agirait. Si, d'un autre côté, le Logos était absolument indépendant de Dieu, une personnalité ayant sa raison d'être en elle-même, voilà de nouveau Dieu entièrement séparé du monde. Le Logos devait avoir le caractère indécis et contradictoire que lui a donné Philon.
Ces considérations s'appliquent encore mieux à Clément. Lui qui se plaçait presque exclusivement au point de vue religieux devait avoir un sentiment encore plus vif que Philon de la nécessité de luaintenir les communications ouvertes avec Dieu, sans cependant compromettre son essence en la mêlant au monde et à l'humanité, comme l'avaient fait les stoïciens.
Tandis (|u'il demeure incertain si jamais le Logos de Philon revêt une personnalité, Clément ne nous laisse pas dans les mêmes doutes. A un moment précis, son Logos devient .lésus-Christ \ Il est alors une personne. Mais qu'était-il dans sa préexistence? Etait-il, pendant cette première phase de son existence, une personne véritable?
Sur ce point Clément n'est pas plus précis que Philon. Il ne paraît même pas s'être posé la question. C'est
1. Prolicj)!., 5, 7 : oZzo; yo'j'j ô Xoyoç, h XpiaToç, ol passiiii.
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encore un trait de ressemJ)lancc qiril a avec son maître. Il y a toute une série de textes qui l'ont du Logos préexistant une personne. Il est ôyip.!.oupYÔ;, àpyiepeûç *, o-wTT.p. Il est le fliAY^ua, la volonté de Dieu -. x4utant dire qu'il est une personne véritable. La volonté, c'est le signe même de la personnalité. Les fonctions que remplit le Logos supposent une personne. D'autre part, il y a toute une autre série de textes qui réduisent le Logos à un attribut de Dieu et presque à une émanation de l'être divin \ Il est en effet une oûvau',-;, une svépys'.a de Dieu \ 11 est l'intellioence du Père ; il est tout entier lumière et cette lumière est celle du Père \
Ainsi, à son tour, Clément émet sur le Logos des affirmations contradictoires. 11 est aussi indécis que son maître. Mais la cause de son indécision n'est pas la même. Philon laisse son Logos flotter sur les confins de la personnalité pour des raisons tirées de la cosmologie. S'il précisait, toute son explication de l'univers croulerait. Clément en lait autant, mais pour des raisons qui intéressent beaucoup moins la cosmologie que la religion, l'univers que l'homme. Ce que Clément attend avant tout de son Dieu, c'est le salut. Mais comment Dieu sauveraitil lui-même, directement et de ses propres mains, l-es hommes égarés dans les ténèbres ? Clément pouvait-il l'admettre? Ses préjugés de platonicien le lui permettaient-ils? Il huit (loue (|u'un autre se charge du salut des hniumes. (]e sera le Loo-os. ^Nlais coiiuueut le Logos accoiu-