‹ Clément d'AlexandrieChapitre 122 sur 149 · Paedag., I · texte numérisé non relu

Paedag., I

entre le divin et l'humain. En somme, c'est vers le divin qu'il incline '.

Le ])oint essentiel à retenir est que, si d'une part tous les éléments métaphysiques qui font partie de la christologie de notre auteur dérivent de Philon, d'autre part, même dans ce domaine. Clément obéit à une inspiration qui n'est plus celle de son maître. La métaphysique dont il revêt sa notion du Christ est orientée dans un sens religieux; elle est déjà chrétienne. En effet, son Logos est, même avant de devenir homme, un a-(OTr,p. Voilà un titre que Philon n'avait pas songé à donner au sien '\ Nous touchons à ce qu'il y a de plus chrétien dans la pensée de notre auteur. Quoique par tout un côté, celui que nous venons d'exposer, sa christologie dérive, par l'intermédiaire de Philon, de la philosophie grecque, c'est précisément dans cette conception que se concentre, pour ainsi dire, l'essence de son christianisme. En eff'et, l'idée qui la domine tout entière, c'est que le Christ-Logos est le Rédempteur. C'est à lui que Clément rattache toutes les délivrances qu'il rêve. Jamais il n'est plus éloquent que lorsqu'il proclame cette conviction toute chrétienne. Elle le remplit d'un enthousiasme et d'une allégresse que

1. Ibidem : ô jjlÈv àTzdXuTo; dç xô TTavxsX^j àvOpto-tvwv -aOwv.

2. M. P. Ziegert, Tun des derniers interprèles de la christologie de Clément {Zwei Ahliandlungen iiher T. Flavius Clemens Alexandrinus, Hcidelberg, 1894), prétend que Clément doit, au moins en partie, sa conception du Logos au Nouveau Testament. II laisse entendre que c'est de cette source que lui est venue l'idée que le Logos est le créateur, qu'il est une force ou èvépysia, qu'il doit gouverner le monde et qu'il est le 6éXrj|jLa de Dieu. Voyez p. 103, 104 et la conclusion de l'auteur à la fin de la page 104. Que l'idée de la préexistence se trouve dans le Nouveau Testament plutôt, il est vrai, à l'état d'ébauche que de doctrine arrêtée, nous ne le nions pas, mais qu'elle ait fourni à Clément les éléments de sa conception, nous ne le voyons pas.

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n'(>|Miisoiil |ias los loniics de langage les plus lyi'icjiies. C'est, on s'en souvient, dans le premier chapitre du Pi'otrepticus et dans la péroraison de ee traité, que notre catéehèlc a donné libre carrière à des sentiments (jui étaient comme la moelle de son christianisme et, finalement, de toute sa pensée. Ces pages sont un hymne triomphant au Christ o-coTrip. On pourrait les a])poler une sorte de profession de loi '.

Le Logos, d'après Clément, n'est pas seulement twttÎo lorsqu'il devient homme en devenant Jésus-Christ; il l'a été dès l'origine des choses. Son caractère principal est d'aimer les hommes, il a toujours été 'ji,Ààv9pto-o; ^ Clément le voit partout dans le passé travaillant à la Rédemption de Thumanité. C'est lui (jui parle à Moïse dans le buisson ardent ; c'est lui qui tire le peuple d'Israël d'Egypte; c'est lui qui exhorte ce peuple par les prophètes ^ Il n'a pas dédaigné les autres nations. C'est lui qui donne aux Grecs leur sagesse *. Il est la lumière du monde ^ C'est enfin lui qui fait entendre aux Grecs un hymne plus beau et plus salutaire que les chants de leurs plus grands poètes. A la fin du Prolrepticus, c'est le Logos lui-même qui prend la parole et (|ui adresse aux hommes un appel vibrant. Cette page met en évidence les sentiments les plus intimes de Clément. Si sa christologie est largement redevable à Phi- Ion, et dans son ensemble et dans maints détails, il n'en reste pas moins qu'elle est, par son inspiration, foncièrement chrélienne.

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