VI, Strôin., 156-161; notamment
viennent tontes les choses vraiment bonnes. Il est incontestable que la philosophie a été un bienfait pour les Grecs. Il semble donc qu'on doive conclure que la philosophie dérive de Dieu. On ne peut échapper à cette conclusion qn'en mutilant l'idée de Providence. En effet, il faut alors qu'on limite la Providence à une action toute générale, et qu'on nie qu'elle puisse être la cause des choses particulières et individuelles. S'il en était ainsi, si le particulier lui échappait, alors on pourrait affirmer que cette chose excellente qu'est la philosophie a surgi sans que Dieu y soit pour quelque chose, et même qu'elle a eu une origine satanique. Mais comment admettre cette mutilation de l'idée de Providence ? « Dieu sait tout; rien ne lui échappe. « 11 n'est pas, comme l'un de nous, mêlé aux spectateurs « qui ne voient que ce qui se passe devant eux; il plane au- « dessus du théâtre; son regard plonge dans toutes les « directions et embrasse tout ce qui s'y peut voir ».
Mais comment Dieu exerce-t-il sa providence? Est-ce toujours par lui-même et directement? L'activité humaine reste-t-elle sans emploi ? Loin de là. Dieu s'en sert précisément pour atteindre ses fins. Les exemples abondent. La santé, la vigueur, la richesse, ce sont des biens que nous procurent le médecin, le professeur de gymnastique, le commerce. Mais nous ne les aurions pas sans la Providence de Dieu. Une part revient donc à celle-ci et une part à l'activité humaine. L'intervention de la Providence est partout sensible. 11 y a des avantages qui échoient à tous lés hommes en commun, mais il n'y a que les bons qui en profitent réellement. Les pensées des hommes vertueux sont l'effet de l'inspiration de Dieu. Ainsi se croisent et s'assistent mutuellement l'action de l'homme et l'intervention de la Providence.
Appliquons ces idées au sujet en discussion. Le berger