OF L\ PHILOSOPHIE GRECQUE H.VNS LE PASSÉ
l'ail ihdix (le ses meilleurs moulons et les m<M à la lèle du troupeau. He nu^'iue, lorsque Dieu veut l'aire du bien aux hommes, — telle est toujours sa volonté, — il ehoisil eeux qui sont le plus eapalîles d'cMre utiles aux autres et s'en sert à eet efVet. C'est ainsi qu'il a suseité les philosophes, il savait ce qui convenait aux Grecs, et c'est pour leur bien (|u'il leur adonné la philosophie.
Ce beau passage, que nous avons essayé d'interpréter en même temps que nous l'analysions, est caractéristique de Clément. On a remarqué la conception si élevée de la Providence qui s'y trouve. Elle ofl're une analogie frappante avec la conception correspondante d'Epictète. C'est donc sur cette large base que notre auteur fonde son explication de l'origine de la philosophie. 11 nous force ou d'admettre qu'elle est un don de Dieu ou de mutiler l'idée de Providence *,
Notre but n'est pas d'exposer la doctrine de notre catéchèle jusque dans ses derniers détails. 11 fait, cependant, une distinction qui est trop importante pour que nous n'en fassions pas mention. Se servant de termes courants dans la langue philosophique de son temps, Clément aime à dire que la philosophie ne vient pas de Dieu xa-:à 7Tpor,Yoûfji.£vov, mais xaTa $7taxo).ojOTi[jLa. Ce sont des locutions familières à Plutarque, Sextus Empiricus et Epictète. La première signifie « primitivement », « préalablement», « en principe », ou, plus exactement encore, « essentiellement », « en soi » ; l'autre lerme veut dire « par suite » ou « en consé(|U('nce ». Notre auteur estime donc (|ue la philosoj)hie ne \ienl pas, pai- l'o/r (Jifcctc, de Dieu, mais j)arvoi<' indireclc. 11 recule ainsi la causalité divine au deuxièim^ deurr.
1. Le cullo dosiisli'i's est aussi un dnn ilc Dieu aux païens, VI, SIrom.,
Voilà une distinction dont on saisira tout de suite Timportance, lorsqu'on verra qu'elle permet à Clément d'établir une diflerence très nette entre la philosophie et l'Ancien Testament. Il a semblé plus d'une fois qu'il les mettait absolument sur le même niveau. Ne leur attribue-t-il pas une mênie origine ? On pouvait se demander si l'Ancien Testament ne perdait pas son caractère propre dans la théorie de notre théologien. Grâce à la distinction qu'il vient de faire, il n'a pas de peine à éviter cette erreur '. L'Ancien et le Nouveau Testament viennent directement de Dieu, la philosophie est moins rapprochée de la source ; elle en est éloignée, en quelque sorte, d'un degré. Ajoutons, cependant, que ce n'est pas sans hésitation que Clément formule ainsi l'infériorité delà philosophie. Dans un passage où justement il vient de faire cette ingénieuse distinction, il laisse échapper cette phrase incidente : « Peut-être i'ut-elle aussi (la philosophie) donnée directece ment aux Grecs au temps où le Seigneur n'avait pas « encore appelé ceux-ci "^ » Au fond du cœur, il ne distinguait guère entre l'Ancien Testament et la philosophie. C'est du moins ce que l'on a quelque droit de supposer, lorsqu'on le voit citer indifléremment tantôt les philosophes et tantôt les prophètes.
Clément a résumé les idées que nous venons d'exposer dans un passage que nous avons plusieurs fois cité et que nous mettons maintenant sous les yeux du lecteur. « Avant « l'avènement du Seigneur, dit-il, la philosophie était « nécessaire aux Grecs pour leur inculquer la justice, « maintenant elle est utile au développement de la piété,
1. I, Stroju., 28 : aVtioç tûv zaXwv 6 ôîôç àWk tûv u.Èv xatà -porfcoju.Evov ôii -f^i -i ô'.aOr/.r,; t^ç -aXatà; zaî t/,; v£a;, twv os xt.-' £-ax.oXoj9rjU.a w? "% «tXoaoç'.at ; I, SUom., 37,