‹ Clément d'AlexandrieChapitre 79 sur 149 · I, Strom · texte numérisé non relu

I, Strom

Quelles sont les voies particulières dont la Providence a fait usage pour éclairer les philosophes dans une certaine mesure?

La plus importante a été TAncien Testament '. Les Gi'ecs auraient exploité et, en quelque sorte, mis au pillage les oracles juifs. Voilà comment s'expliquerait cette large infiltration de vérité que chacun constate dans la philosophie grecque.

Notre catéchète fait le plus grand état de cette explication. Non seulement, il l'expose avec ampleur, mais il y revient à trois ou quatre rej)rises ^.

Voyons brièvement comment il établit une thèse qui semble si étrange. Il s'efforce d'abord de la démontrer au point de vue de l'histoire. Lesphilosophes grecs dépendent de la sagesse hébraïque, parce que celle-ci est bien plus ancienne que la philosophie. jNIoïse est antérieur au plus ancien des philosophes et des poètes de la Grèce. Clément l'établit à l'aide de tables chronologiques que lui fournissent les auteurs grecs eux-mêmes ! Or, Moïse n'est pas seulement l'ancêtre de la philosophie par l'ancienneté des jours, il l'est encore par sa sagesse. Il a excellé dans tout ce qui fait un grand homme et un grand sage. Il n'y a pas un élément de la philosophie qui ne se trouve dans ses livres. C'est donc de lui que dérive toute la sagesse grecque. D'ailleurs, les Grecs ne reconnaissent-ils pas eux-mêmes (pTils sont les élèves des Egyptiens et des Barbares ? Platon n'en fait-il pas l'aveu dans son Tiiuce? N'est-ce pas /aux Barbares que les Grecs doivent l'invention de tous leurs arts? Enfin, leurs philosophes ne sont-ils pas, pour

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