DU ROLE DE LA. PHILOSOPHIE DANS LE PIIKSENT
idée si juste, il cite la parole de Tapôtre Paul : « Je me fais tout à tous, afin d'en gagner quelques-uns. »
Ce rapide aperçu sullira pour nous convainere que Clément n'entendait nullement se borner à louer le grand passé de la philosophie. Il lui assigne une fonction présente nettement définie. Son rôle de pédagogue n'est pas encore achevé. Elle doit continuer à le remplir auprès des chrétiens. Sans doute, elle est déchue de son haut rang. Elle n'est plus comme autrefois, la reine sans rivale. « La Vérité grecque, » c'est-à-dire la part de vérité qui se trouve dans la philosophie, « malgré la similarité « des noms, dilfère profondément de la Vérité chrétienne. '( Elle lui est inférieure, quant à lagraiideur de la connais- « sance, la force démonstrative, la vertu divine et choses « semblables ' ». Sa tâche est cependant encore considérable. Ce n'est pas un médiocre honneur pour elle d'être l'institutrice de la nouvelle religion.
Voilà cojument Clément conçoit l'alliance de la philosophie et du chrislianisme. Sa principale préoccupation a été de conserver, au profit du jeune christianisme, ce que la philosophie avait de meilleur. Les philosophes auraient pu se plaindre qu'il subordonnait entièrement la sagesse grecque à la Sagesse chrétienne. Il le savait et il ne s'en cachait pas. S'il ne l'avait pas fait, aurait-il encore été chrétien? En somme, cette solution qu'il proposait du grand problème (|ui se posait alors devant la conscience chrétienne n'était-elle pas la plus satisfaisante? De cette solution, nous ne connaissons encore que la théorie; il nous reste à recherclu^r si, en fait, notre auteur a respecté les limites (|u'il Ivdve lui-même? N'a-t-il emprunté à la philosophie (jue ses méthodes et sa pédagogie? N'a-t-elle pas