LIVRE IV. -mf
« nements et de n'être pas compris si nous citions les textes « de F Écriture à ceux qui n'en ont pas l'intelligence... Que « si nos discours paraissent à quelques-uns peu conformes « aux Écritures du Seigneur, qu'on sache bien qu'ils en « tirent toute leur inspiration et toute leur vie, et qu'ils en « expriment le sens quoiqu'ils en négligent la lettre 1. »
Il est un autre fait dont il faut tenir compte dans la comparaison du stoïcisme avec la morale de Clément. L'on sait que dans les écrits des derniers philosophes stoïciens, de Sénèque, par exemple, et surtout de Marc-Aurèle et d'Epictète, se trouvent un grand nombre de passages qui ont avec certains textes de l'Écriture une ressemblance frappante. Telle est en particulier l'analogie de pensées et la ressemblance d'expressions que l'on trouve entre certains traités de Sénèque et les épîtres de saint Paul, que des critiques graves ont cru pouvoir en inférer que la prédication de l'Apôtre des nations n'était pas demeurée inconnue au précepteur de Néron. Enfin, ce sera l'éternel honneur de la morale de Zenon, que plusieurs de ses maximes sur la nature de la vertu sont formellement vraies et conformes à la révélation chrétienne, de sorte que pour devenir utiles au salut ces maximes, comme le remarque Clément, n'ont besoin que d'être admises et consacrées par la foi 2. Notre illustre docteur cite comme exemple ce principe enseigné par les stoïciens, que le sage fait tourner au profit de son âme et au progrès de sa vertu tout ce qui lui arrive en ce monde. « Ne doit-on pas admirer les stoïciens, dit-il, lorsqu'ils « enseignent que l'âme est indépendante du corps, et que « la maladie n'a pas de rapport nécessaire avec le vice, ni « la santé avec la vertu, mais que la maladie et la santé
1 Strom. VU, 1, p. 828-8?9.
* Ibid. VI, 17, p. 823.
« sont au nombre des choses indifférentes ? Job, cet homme « admirable par la perfection de sa continence et l'excel- « lence de sa foi, nous donne dans sa conduite un bel « exemple de cette vérité, lorsque tombant de la richesse « dans la pauvreté, de la gloire dans l'abjection, de la « beauté dans la difformité, de la santé dans la maladie, il « couvre de confusion son tentateur, bénit son créateur ; « et, se montrant égal dans l'une et l'autre fortune, nous « enseigne que le gnostique peut user saintement de tous « les événements de la vie ]. »
Pour toutes ces raisons l'on ne peut être autorisé à conclure de la ressemblance des formules employées par Clément et par les stoïciens à l'identité des deux doctrines. Nous ajoutons que la question n'est pas même de savoir si le docteur alexandrin, cherchant à présenter la morale évangélique sous une forme scientifique, a fait des emprunts à la théorie du Portique, mais bien si les emprunts qu'il a faits ne peuvent trouver ni leur place, ni leur justification dans la doctrine révélée. En un mot, il s'agit d'examiner ici si Clément s'est fa il disciple de Zenon plus que les principes de la foi chrétienne ne lui permettaient de l'être.
Le doute peut porter sur trois chefs principaux : la part de la connaissance dans l'acte cl l'habitude de la vertu, l«i> diverses espèces d'actes vertueux, et enfin L'apathie morale. Examinons sur ces trois points la doctrine de Clément comparée à celle des stoïciens.
Nous avons dit que le disciple de saint Pantène donne
1 Strom. TV, 5, p. 572. — Cf. Se». "Epis t., 71, § 5 : H*e si penua$erit I
virtiitem (nltniKiveri* ('initire amii paruir, est) qu\dquid illa contigorit, ni tibi. qualecumque allis oidebitxir, faustum felixque erit : el tartinai, si modo jacueris ipso torquente securiort et segroture. sinonmaledixeris forturm, si non i morbo. Omnia denique qua cwteris videnhtr main et mansuescent, d in bonum abibunt, si super ïua eminueris — ^ 6 : Hoc Uqueat, nihil esse bonum, n
•a. et omnia incommoda-su > jure bona vocabuntur, qum m ? ho-
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