‹ Clément d'AlexandrieChapitre 32 sur 226 · LIVRE · texte numérisé non relu

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le respect des païens eux-mêmes; ils le goûtèrent, suivirent >es leçons et se convertirent en grand nombre. Ses disciples les plus célèbres furent Origène, qui lui succéda, et saint Alexandre, d'abord évêque de Flaviade en Cappadoce, d'où il passa sur le siège de Jérusalem1.

Clément remplissait depuis plus de douze ans les fonctions de catéchiste à Alexandrie, lorsque sous Septime Sévère, en 202, une nouvelle persécution éclata contre les chrétiens et vint chercher des victimes clans cette ville 2. La renommée de notre saint docteur, les conversions qu'il faisait par ses écrits et par ses leçons publiques durent nécessairement le désigner un des premiers h la haine et aux poursuites des persécuteurs. Comme il avait pour maxime qu'un chrétien, suivant le conseil de Jésus-Christ, ne doit pas exposer sa vie au danger 3, il interrompit ses fonctions et s'éloigna d'Alexandrie /f. Saint Pantène qui vivait encore, puisque, selon saint Jérôme, il fleurit sous Sévère et Caracalla5, avait aussi quitté cette ville ; de sorte que le jeune Origène, âgé seulement de dix-huit ans, demeura seul pour continuer l'enseignement du Didascalée 6. Il n'est pas facile de dire dans quelle contrée se réfugia Clément. On croit que ce fut à Flaviade, dont Alexandre, son disciple, était évêque 7. Il y resta probablement jusqu'à l'année 209, où Alexandre fut nommé coadjuteiu- du vénérable Narcisse, évêque de Jérusalem. Clément suivit son ami, et, toujours dévoré du zèle de l'apostolat, il ouvrit dans cette

i Eus.. Hist. eccl., lib. VI, c. xiv, p. 175 sq.

2 Id.Jbid., lib. YI, c. i, p. 163.

3 Strom., IV, iv, )0. p. 571; VII, 11, p. 811 .

4 Eus , Hist eccl', lib. VI , c. m, p. 165.

3 Docuit sub Severo et Caracalla. Catal., c. 38. s Eus., Ibid., lib. VI, c. m, p. 105. 7 Mœhler, Patrol., t. II. p. 19.

ville si riche de souvenirs un cours d'enseignement chrétien* Plus tard Origène cherchant aux pieds du Cal\ aire un abri contre les persécutions qui le chassaient, lui aussi, d'Alexandrie, devait comme son maître donner des leçons dans la ville sainte, et saint Pamphyle y fonder une des premières bibliothèques chrétiennes. La parole de Clément ne fut pas moins féconde à Jérusalem qu'à Alexandrie. Il édifia et confirma les fidèles dans la foi, dont il étendit le domaine par de nouvelles conquêtes. Eusèbe nous en ;< conservé un éclatant témoignage. Dans une lettre de recommandation que saint Alexandre donna à son ancien maître, en le députant aux fidèles d' Antioche pour les féliciter sur l'élection de saint Asclépiade, leur nouvel évêque, il dit en terminant : « Je vous envoie cette lettre, vénérait blés frères, par le saint prêtre Clément, homme ver- « tueux et cligne de confiance, qui vous est déjà connu et « que vous apprendrez à mieux connaître encore. Tant « que les décrets de la providence de Dieu ont permis « qu'il habitât parmi nous, il a non-seulement affermi « l'Église, il l'a encore étendue1.»

Cette lettre fut écrite l'an 211. Depuis ce moment il n'est plus question de Clément dans l'histoire ecclésiastique. 8e fixa-t-il à Antioche, retourna-t-il auprès de son ami à Jérusalem, ou vint-il prendre de nouveau la direction de l'école d'Alexandrie, nous l'ignorons complètement. Cependant il esta croire qu'il prit ce dernier parti et qu'il voulut mourir sur le théâtre de ses premiers <it plus glorieux travaux 2, L'année de sa mort n'est pas moins incertaine •'*.

' Eue., Ilisl. ceci., lit». VI, c. xi. p. 17*2. ■i Cf. Guerike, 1. c, p. 35.

* Dupin et Lœmmerle font mourir en 230, Guerike en 813 D. K< h. Ueillicr et Mœbler, en 217.

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