livre r. &.i
m propre remarque1, un tout complet, une introduction philosophique à la science du christianisme. V Exhortation aux Gentils (lôyoç Tuporpenri-AÔç) a pour but de démontrer que le paganisme est contraire à la raison. Son authenticité est incontestable et suffisamment attestée par l'histoire et par Clément lui-même 2. Son but fait voir clairement qu'il a précédé les deux autres, et Photius en fait aussi la remarque, de sorte, dit Mœhler, qu'il a dû être écrit et publié avant la fin du n° siècle, probablement entre les années 190 et 194 . Clément y prouve d'abord avec un grand luxe d'érudition que la religion païenne, ses oracles, sa théogonie sont autant d'inventions et de supercheries. Il soulève le voile qui couvre les mystères grecs, auxquels il avait été lui-même initié, et montre que cette initiation n'apprenait rien de nouveau ou plutôt rien qui ne fût scandaleux et immoral. Quant à la philosophie et aux lettres, Clément reconnaît qu'on y trouve de bonnes et d'excellentes choses qu'il attribue au Verbe. Mais les philosophes et les poètes ont mêlé beaucoup d'alliage à l'or pur de la vérité. Us se montrent souvent en contradiction entre eux et avec eux-mêmes. Or comme tout ce qu'ils ont dit de bien se rencontre aussi dans les écrits des prophètes, lesquels, inspirés qu'ils étaient de Dieu, sont tous parfaitement d'accord entre eux, Clément s'autorise de ce fait pour engager vivement les philosophes à adopter la foi chrétienne. Il dépeint avec une grande force la vraie différence entre le christianisme et le paganisme ; les bénédictions qui accompagnent l'un et les suites malheureuses de l'autre; la déraison du culte des idoles, qui ravale
1 Pœd. I, 1 : T/jj Ky.lrj Gjy/pïJTou oi/.ovo/J.ic/. h tzv.vtx fùàvdptoTios *ôyoçt Ttppzf.é- Tîwv xvatdav, ï~n-y. zai-sV/w/wv, sttI t.'à'ju Imioù.i/.w;, — -Cf. Cohorl. ad Génies, in fin.
2 Strmn. VIL 4, p- 8U-
l'homme au-dessous même de la bête, et la sublimité de la foi chrétienne, qui élève les hommes jusqu'à Dieu. « Vous <( qui croyez aux magiciens, s'écrie-t-il avec un saint en- « thousiasme, qui portez des amulettes et qui vous mettez « sous la protection de formules magiques, vous ne voulez « pas vous revêtir du Verbe divin, du Sauveur... Et toi « aussi, vénérable Amphion, quitte ta Thèbes, et viens « auprès de nous; abandonne la divination et la folie des « bacchanales et laisse-toi conduire à la vérité. Vois, je te « donne le bâton pour qu'il te serve d'appui. Hâte-toi d'ac- « courir, Tirésias, crois, et tu recouvreras la vue. Jésus- « Christ brille d'un éclat plus vif que le soleil, et cet éclat « rouvre les yeux des aveugles. »
Le commencement et la dernière moitié de cet ouvrage, dit Mœhler, sont écrits avec une sensibilité bien faite pour attirer les cœurs par l'enthousiasme, tandis que le poids de la science avec laquelle le paganisme est combattu ne pouvait guère manquer de faire sur les esprits une impression profonde et victorieuse \
Le second ouvrage de Clément, intitulé le Précepteur (llouoxytoyôç) ou le Conducteur dans le chemin du salut. e>l destiné à ceux qui, ayant déjà acquis la foi, doivent être formés à la pratique de la vie chrétienne. Clément en parle en ces termes, au sixième livre des Stromales : « Le /V- « dagogue, que nous avons divisé en trois livres, traite « de l'éducation et de l'institution de- mœurs depuis Pen- « fance, c'est-à-dire qu'il trace les règles de la vie qui de « la catéchèse se développe par la foi, et que, par la pra- « tique de la vertu, il prépare à recevoir la science gno- « stique l'âme de ceux qui sont inscrits au nombre des
i Cf. Mœhler, Patroh, i. ir, j». <>r>--2«î.