‹ Clément d'AlexandrieChapitre 72 sur 226 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

disant : « Il est le Verbe divin incontestablement vrai « Dieu, égal au Maître souverain de toutes choses1. »

Ainsi le Yerbe de Dieu, la vérité absolue, la puissance du Père ayant paru en personne, s' étant incarné, s'étant fait homme pour instruire et sauver les hommes, la doctrine du salut, le christianisme dont il est l'auteur peut être facilement défini. La révélation chrétienne est, d'une part, comme le Yerbe, la vérité absolue, infaillible, indéfectible et toute-puissante; elle est, d'autre part, nécessaire, indispensable au salut, comme le médiateur, Homme-Dieu, comme le Rédempteur incarné, mort et ressuscité pour les hommes 2.

Divinité et nécessité, tels sont donc ses deux caractères essentiels.

Quant à la divinité du christianisme, c'est une question de fait qui se prouve, comme la divinité de son Auteur, par le miracle, par la prophétie, par sa force de propagation, de résistance et de durée.

Clément invoque toutes ces preuves. « Il ne faut pas, « dit -il, mépriser témérairement la foi des chrétiens « comme une chose commune, vulgaire et sans prix. Si « elle était d'invention humaine, comme les Grecs le pré- « tendent, elle aurait déjà disparu. Mais puisque au con- « traire, dans ses accroissements journaliers, il n'est pas de « lieu où elle ne s'établisse, elle est évidemment quelque « chose de divin 3.

« La sagesse qui est propre aux chrétiens, dit-il encore, « est la seule enseignée de Dieu ; et c'est de cette sagesse

1 Cohort., X, p. 86.

* Strom. VI, 1, p. 770 et 771.

3 Non est merito temere reprehendenda , ut et facilis et vulgaris et quœ fit quorumlib et . Si humanum enim esset invenhim, ut existimabant Qrxci, etiam extinctum esset. Sin atitem auyetur, non est rtbi non est. Dico ergo fidem,.. esse divinum aliquid. (Strom. II, 6, p. 445.)

i42 CLÉMENT D'ALEXANDRIE.

« que jaillissent comme d'une source intarissable tous les <> ruisseaux qui vont se jeter clans l'océan de la vérité. « L'avènement du Seigneur venu pour nous instruire fut « prophétisé de mille manières : messagers, héraults, in- « troducteurs, précurseurs se succèdent dès le berceau du « monde afin de prédire par leurs discours, par leurs œu- « vres la venue du Sauveur, les circonstances, l'époque « de cet avènement et les prodiges qui devaient l'acconi- « pagner. La loi et les prophètes le signalent et le prépa- « rent de loin. Le précurseur le montre déjà présent, et « après lui les apôtres en publient ouvertement la vertu.

« Les philosophes n'ont plu qu'aux Grecs et seulement « à quelques disciples : Socrate à Platon, Platon à Xéno- « crate, Aristote à ïhéophraste et Zenon à Cléanthe. Mais « la parole du Maître des chrétiens n'est point restée capce tive dans les limites de la Judée, comme l'enseignement « des philosophes dans l'enceinte de la Grèce. Propagée « dans l'univers entier, elle a persuadé en même temps « Grecs et Barbares, nations, cités, bourgades, maisons, « individus; elle a conduit à la vérité tous ceux qui l'ont « écoutée, elle à même gagné bon nombre de philoso- « plies.

« Que la philosophie grecque soit interdite par l'auto- « rite des magistrats, la voilà qui s'évanouit soudain. « Notre doctrine à nous, dès le premier instant de sa pré- « dication, n'a cessé de voir s'élever contré eHe rois, ty- « rans, gouverneurs, magistrats, qui, secondés par une « armée de satellites et des multitudes innombrables, nous « font une guerre acharnée et cherchent à nous anéantir. « Eh bien! cette doctrine n'en est que plus florissante, « car elle ne peut succomber à la manière des inventions r humaines, ni languir comme un don sans vigueur. Ton-

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