‹ Clément d'AlexandrieChapitre 96 sur 226 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Nature de la Foi divine.

La foi n'est pas un fait étranger à l'âme humaine. L'homme croit aussi naturellement qu'il raisonne, et la faculté de croire n'est ni moins légitime, ni moins nécessaire dans la poursuite et la conquête du vrai et du bien que la faculté déraisonner. Repousser la foi comme source authentique, comme moyen légitime de connaissance. c'< mutiler l'âme humaine, en méconnaître un des plus impérieux besoins; c'est ébranler jusqu'en ses fondements l'édifice de la science naturelle elle-même.

Une saine psychologie nous force donc d'admettre que l'homme s'élève à Dieu non-seulement par l'intelligence et la raison, mais aussi par le cœur, et que cette dernière voie n'esl pas moins sure que les deux autres. La foi naturelle et universelle dans la Providence es1 un sentiment premier que le raisonnement ne produit pas el qu'il doit respecter. L'on ne doit pas plus demander à l'homme, dit Clément, s'il y a une Providence, que lui demander -"il faut honorer ses parents1. Cette Providence se manifeste d'elle-même dans l'ordre et la sagesse qui régnent partout autour de nous, dans les bienfaits qu'elle nous prodigue2.

> Strom. P, p. 646.

- Ibid. Cf. Cohort. "</ Gent., p. 83

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