‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 100 sur 145 · I.IVKK IV · texte numérisé non relu

I.IVKK IV

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• de plus grands ; ils ne persévèrent pas non plus dans « leur vocation par crainte d’être blâmés de ceux qui « partagent leur condition et leurs croyances ; mais ils

• obéissent volontiers à leur vocation par amour envers « Dieu ne se proposant d'autre fin que de lui plaire, sans

• regard à la récompense de leurs (ravaux... Im charité est < à elle-même sa fin et ne se doit pas rapporter à autre

• chose ' . »

« La charité, dit encore Clément, n’est pas, dans celui

• qui aime, un désir, mais une union de bienveillance » Cette définition de la charité est parfaitement conforme

à celle que les premiers éléments du christianisme apprennent à tous les fidèles, à savoir que la charité est une vertu lliéologalo par laquelle nous aimons Dieu par-dessus toutes choses, et le prochain comme nous-même pour l’amour de Dieu. « Pour expli(|ucr cette définition, dit le savant auteur

• de V Histoire littéraire de Fénelon, les théologiens ensei- « gnent communément que la charité, considérée dans sa

• nature et dans l’acte qui lui e.st propre, a tout à la fois

• pour objet et pour motif la bonté ou la perfection infinie

• de Dieu considérée en elle-même, et .sans aucun rapport

• à notre béatitude; d’où ils concluent que le motif propre

• ou spécifique de la charité est la bonté absolue de Dieu,

• comme celui de l’espérance est la bonté de Dieu relative

• à nous. Cette doctrine leur paraît solidement établie,

• non-seulement par la tradition constante et par l’ensei- « guement public de l’Église, mais par l’autorité même « des livres saints, qui nous obligent aimer Dieu de tout

• notre cœur, de toute noire âme, de toutes nos forces, c’esl-

• à-dire à tout rapporter à Dieu comme à notre fin der-

’ Strom, V//, 1 1 . p. 872 ; H oi xjrr, Si' SI/7 r:.

' /M. VI, 9, p. 776.

13i 1 1. EM KM Ü'ALEXANDKIK.

« iiièrc, cüiiime ;ï l’être infiniment parfait qui, à raison dt « son excellence, mérite d’être aimé par-dessus toutes

• choses, et à la gloire duquel tout doit être rapport;. « même notre béatitude » C’est en effet ce qu’ens<'igi# Clément : « L’amour de Dieu, dit-il, ne se propose d autrr « fin que de plaire, à Dieu, sans regard îi la rêeompei»'.

« La charité est à elle-même sa fin et ne doit passera^ « porter !\ autre chose. » En d’autres termes. Dieu est tooi ensemble l’objet et le motif propre et spécifique del» charité.

Cet amour dé.sintéressé qui s’attache à Dieu pour luimême est le caractère propre de la perfection gnostiqœ. Clément distingue, en effet, trois état.s habituels des ja^esur la terre : It's esclaves qui servent Dieu par la craiifc du châtiment ou par la foi unie à la crainte ; les inero;iiaires (jui le servent par le motif de respéraiicc ou del» récompense, et les enfants qui le servent pour l’amour d lui-même.

« 11 ne faut pas, dit-il, demeurer dans rimréduül' « mais passer des ténèbres à la vie, et, prêtant l'oreillpi « la sagc,sse, accomplir la loi de Dieu, d’abord comn> « esclave, ensuite comme serviteur fidèle qui craint le Sci-

• gneur. Celui (jui s’élève plus haut est admis au raiiî « des enfants. Car lorsque la charité a couvert la multilwl'

• des péchés par la perfection de la sainte espérance- Ip « fidèle, élevé à la sublimité de cet état, peut être admi- « au nombre des enfants adoptifs, adoption qui est appela « l’amitié de Dieu*. Le premier degré du salut, dit-il c"" « core, est la doctrine unie à la crainte j)ar laquelle nou-

' Uist. lui. lie Frnelon. — Aiialijee île h Caiilruv. ilt< *0. 1"

» SIrom. /, 17, p. l'W.

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