I.IVUK IV
« iioii.< ah.sicnons (lu mal; !(’ socond est IVspéranco par
• laquelle nous nous allachoiis aux biens suprèinof»; le « troisième, qui couronne tout, c'est, comme il convient, . la charité, laquelle instruit spirituellement »
-\illeurs, Clément dit dans le même sens : « 11 en est
• qui soulTrent par crainte de plus grandes souffrances, « d'autres par l’espérance de certaines jouissances et de
• certains plaisirs dont la mort les mettra en possession : « ceux-là .sont encore enfants dans la foi, enfants lieu- « veux, sans doute, mais n'étant pas encore parvenus à la
• perfection de l'homme que donne la charité^. » Et un |>eu plus loin : « Il e.st certains actes de vertu pratiqués ■ par quekiues-uns d’une manière vulgaire, tels que la
• tempérance. Ainsi, par exemple, les ])aïens .s’abstien- « (Iront d’un plaisir, ou par impuissance de .se le procurer, « ou par crainte des homine.s. Il en est de niéune parmi « les fid(‘les, dont quelques-uns pratiquent la continence
• (*ii vue des promesses ou par crainte des châtiments de « Dieu. Celte continence est bonne, car elle est le fonde-
• ment de la gnose, l'acheminement vers un état meilleur ' et l’impul-sion vers la perh'ction. Ixi crainte du Seigneur
• eut, en effet, .selon qu'il est écrit, le commencement de la
• sagesse. Alais celui qui est parfait souffre tout, supporte
• tout par charité, non pour plaire aux honunes, mais à « Dieu ■*. »
Cette distinction des trois étals, qu’on trouve pour la première fois dans Clément, a été adoptiîe • en termes
• formels, dit Bossuet, de .saint Crégoirc de Nazianzc. de
* Strom, : ‘O fi4v Ca'îuif Tiî# i-.iysiroi (r^,* ««jrr.çtaÿ), ir, utri ïîC-îj,
“iVaMaita, çt «?r*/iMC7a Trç î'oi/'taf o'î6T^c9^ o'i, f, ©Y
'-liTé-jTatv riXsisI V) «yâT/;, ùÿ y.oV;
' Strom. Vn, 11. p. H71.
' Ihiil.. p.
CLEMENT H ALEXANnHIE.
« saint Basile, de Cassieii, parmi les latins, et de beau- « coup d’autres'. » Elle a été reproduite sous une autp forme par les mystiques modernes, qui ont partage justes en trois états, dont le premier est appelé vie purgative, parce qu’on s’y applique principalement à combatlA ses vices et scs défauts ; le second, vie illuminative, paa> qu’on s’y exerce principalement k la pratique des verto qui embellissent l’iVmc ; le troisième, vie unilive ou dm passif, parce (ju’ou y vit en union avec Dieu et dans une eatière dépendance des mouvements fie la grâce Le perew! et le troisième état de justes admis par les anciens Pèr*^ correspondent aussi k ceux que saint François de Sales dans son Traité de l'amour de Dieu et dans quelques antres ouvrages , appelle \'état de la résignation et tels, de la sainte indifférence, qu’il définit en ces termes : • b
• résignation préfère la volonté de Dieu à toutes chose?; « mais elle ne laisse pas d’aimer beaucoup d’autres choses. « outre la volonté de Dieu. Or, l'indilTérence est au-dessus f de la ré.signalion, car elle n’aime rien, sinon pour l’a- « mour de la volonté de Dieu... Il (l’indifferent) aimeraii « mieux l'enfer avec la volonté de Dieu que le paradis
• sans la volonté de Dieu »
Dans leur controverse sur le Quiétisme, Bossuet et Fénelon s’accordaient à admettre le fait de cette distinction. Mais oii ils cessaient de s’entendre, c’était sur le caracItTC distinctif des trois états. « L’amour désintéressé s’y trouw
• partout, disait Bossuet, puisfpi’ils sont dans la charifr « qui est la véritable justice, et que la charité, dont sain' « Paul a dit qncllc ne cherche point ses propres inléréU,
^ Cinquième écrit, ou Mém. .V. de Meaux, ji 3.
• Ilht. Utt, de Fénelon. •^Conirov . du Quiétainf, art. I'', ^3.
* Amour de Dieu. liv. ÎX, oh. iv.
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« est essentiellement désinti^resst^e, ayant pour son objet « s[M^cifiqiie Dieu comme bon en liii-m<?me. Ainsi le dés-
■ iiiléressomcnt est commun, et ce n’est point par cet en-
• droit-là que ces trois états dilTèrcnt. En voici donc la
■ vraie diiïérence. Au premier, qui est plus bas, on a « besoin d’être soutenu par l’état servile lorsqu’on est cn-
• core troublé et inquiété par les terreurs qu’inspire la « peine éternelle. Au degré qui suit, on est élevé à quel- « que chose de plus noble lorsqu’on y est soutenu par les
• récompenses que nous avons nommées étrangères, après
• saint Clément d’Alexandrie. Le troisième et le dernier
• état est tout ensemble le plus solide et le plus parfait,
■ puisque Dieu s’y soutient tout seul en lui-même et par
• lui-même, ce qui constitue l’état parfait de la charité ’. » Bossuet expliquait en ce sens les paroles de Clément
(l'Alexandrie relatives aux trois états des justes. «On appelle récompense, disait-il, ou les biens qu’on reçoit de Dieu, ou lui-même, et cette dernière récompense est celle qu’a proposée saint Clément d’Alexandrie, en di.sant qu’il faut désirer Dieu et le désirer pour s'unir à lui -. Or, la \ ue de celte dernière récompense n’est jamais regardée par les saints docteurs comme faisant des mercenaires. Ceux qu’ils appelaient mercenaires étaient ceux qui, plus touchés des biens qu’on reçoit de Dieu que de lui-même, ne goûtaient pas assez cette vraie et substantielle récompense, qui aussi t’iaitlaplus inconnue au sens humain. L’esprit de saint Clément d’Alexandrie paraît clairement dans ces paroles où il fait consister le désintéressement des gens de bien, en ce qu’ils « aiment à faire le bien à cause que cela est bon en
• soi et non pour la gloire ou la bonne réputation, ou pour
' Cinquii?me écrit sur le« \fa.rime^ lUs noiuls, 9.
’ JW p. 691.
a:)(i f'r.KMRNT IVAI.F.X AN DKl K
« quoique autre récompense qu’ils puissent recevoir ou « (les hommes ou de Dieu’. » On voit qu'ici il rt^ant- Dieu comme celui qui donne la récompense plutôt (p comme celui qui est lui-même la récompense qu'il fei» chercher. Il est vrai qu’il répète toujours que le véritâte | vertueux désire le bien, non pour l’utile et le délecUH" mais pour le bien même, et que c’est aussi pour ce bien-' qu’il assure qu’on veut tHre chaste^; mais pour s’explique: il ajoute aussitôt après que ce beau, ce bon, cel honnttf. qu’il oppose à l’utile et au délectable, c'est le royaumtio deux, c’est la béatitude éternelle. El on ne peut asseiremaiïjuer que ce plaisir et cet intérêt dont il parle distiftement est celui du dehors ce qui n’exclut en tout casq* les récompenses extérieures et comme étrangères à b vertu. II faut donc .soigneusement observer que les verts sont perfectionnées dans leur intérieur par cette récorapense qui est Dieu même, parce que, lorsqu’on lepossèé on est à la source du bien, de .sorte que les vertus soni consommées. La vertu, en général, est consommée quai' ' elle est portée à la perfection qui empêche de .succombe jamais au vice. La charité est consommée lorsqu'elle eü immuablement unie à Dieu sans pouvoir en être sépaw'- Il en est de même des vertus particulières, qui toutes son' consommées par l’immuable union qu’on a avec Die«" cette union, qui fait la perfection de la vertu, en est et même temps la récompense. Ainsi quand saint ClénF' d’Alexandrie exclut d’entre les motifs de la vertu la récompense, avec cette note que la récompense qu’il exclut es seulement celle du dehors, il a pris garde à n’exclure p*-
' SIrom. IV. 22, p. (i2fi.
* ihiii. III. 7, p. .vsa.
’ ri.i.l. IV, 22, p. 020.