I.IVRE V
H renseignement commun des dorteurs catholiques. Il a posé d’une main sûre et ferme les régies propres à redresser ses propres erreurs, et en insistant, comme il l’a lait, sur la nécessité de se conformer à la tradition vivante de l’Église pour déterminer le vrai sens des divines Écritures, il a tracé la véritable ligne de démarcation qui a sé- ])aré, sépare et séparera, dans tous les temps, l’hérésie de la vérité catholique. Après cela, nous ne voyons pas comment l’interprétation figurée, telle que l’a entendue le docteur alexandrin, pourrait être une porte ouverte à l’examen privé et à l’indépendance de la raison philosophique. Il n’en serait ainsi que dans l’hypothèse oi’i Clément aurait placé l'interprétation figurée au-dessus de l’autorité de l'Église et en dehors du contrôle de la tradition. Mais, comme l’établissent les textes que nous avons cités, loin de favoriser cette erreur, il déclare au contraire, ;’i plusieurs reprises, que ceux r/ia' rejettent du pied la tradition de r Église, dans l’interprétation de l’Écriture sainte, rejettent Iti règle de la vérité tracée par la vérité elle-même, et tombent nécessairement dans les plus graves erreurs ' ; que ceu\-l?i seulement possèdent le vrai sens de la parole de Dieu gui s'attachent à l'explication divine des Ecritures, telle gu'ils l’ont reçue de la règle de l’Eglise^; que c’est une témérit et une présomption coupables de prétendre à une sagesse supérieure à celle des apôtres et de leurs successeurs, au lieu d'apprendre d'eux ce gu' ils nous ont transmis; enfin, que le vrai gnoslique est celui gui maintient fermement la règle de foi des apôtres et de l'Eglise *,,,
Il nous semble établi et hors do toute contestation que *
' SIrom. Vil. lu, p. Sim.
* Ibid. IV. 15. p. srii.
■' Ib,d. VI. lU, |>, KiS!.
« I.KMFNT D’ALEXANDRIE.
If.'i principps de Clément en matière d’interpi’étation, quelle que soit d’ailleurs la manière dont il les a appliqués pour son propre compte, n’ont rien qui ne soit parfaitement conforme à renseignement commun des Pères etdesdocleurs catholiques. Il est évident que, suivant ces principes, l’interprète doit soumettre son sens privé et ses idées par ticulières à renseignement traditionnel de l’Église; et c’est là, nous le répétons, la ligne de démarcation qui sépare l’hérésie de l’orthodoxie.
Mais ici on nousopposc une difficulté nouvelle. Clément, dit-on, a soumis, il est vrai, l’interprétation de l’Écriturcà la tradition de l’Église, Mais il a distingué dans l’Égli.«c une double tradition, la tradition ecclésiastique proprement dite et la tradition gnoslique : la première commune à tous les fidèles, enseignée à tous ; la seconde, réservée à un petit nombre de privilégiés, seuls capables de la recevoir. Or si cette seconde tradition, dans la pensée de Clément, est substantiellement distincte de la première, si elle contient des dogmes que la tradition ecclé.siastique ne possède pas, il s’en suit évidemment que la gnose ne dérive pas uniquement de la foi et de la tradition ecclesiastique, mais qu’elle puise ailleurs et en dehors ses principes de formation.— Telle est la difficulté. Quelle en est la valeur?