‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 124 sur 145 · I.IVKK V. 4li · texte numérisé non relu

I.IVKK V. 4li

lavéritf^ chrétiennp les témoignages les plus divers : poètes, historiens, moralistes, philosophes, législateurs, tous comparaissent à leur tour et à leur rang pour rendre témoignage à quelque vérité de l’Évangile. Pline l’Ancien affirmail n’avoir jamais lu de livre si médiocre qu’il n’y eût trouvé quelque chose A apprendre et à retenir. Clément, dont l’érudition surpassait peut-être celle du naturaliste romain, pouvait se rendre le même témoignage. Il n’est pas d’école philosophique, pas de livre oii il ne cherche quelque étincelle, quelque flamme égarée de la lumière divine, et dès qu’il la trouve, il s’empresse de la dégager des nuages qui la couvrent et de lui rendre avec son éclat primitif la place qui lui appartient.

Il interroge donc tous les sages, tant grecs que barbares; il veut que tous airportont leur pierre à l’édifice de la gnose, de la science chrétienne qu’il entreprend d’élever à la gloire du Verbe. Alais il faut que cette pierre, se prête d s’adapte au plan divin du Christ révélateur, Tout ce qui ne cadre pas avec l’Évangile est impitoyablement rejeté de ce monument dont les apôtres sont le fondement et Jtsns-Christ la pierre angulaire. Clément prend la vérité de toute main, cette main fût-elle celle d’Kpicure*. Mais il ne veut pas qu’on jure sur la parole d’uii maître humain, ce mailre fût-il Pythagorc ou Platon. La seule parole qui lui paraisse se suflîre et porter sa preuve avec elle-même est la parole de Dieu. « N’e.st-il pas absurde, dit-il, que les dis-

• ciples de Pythagore le Samien exigent l’adhésion à ■ leur enseignement sans autre démonstration que cette

• seule parole : Le maître l’a dit; et que l’on refu.se ' de croire sans démonstration à la parole du Fils de

> Sa.,». ;r.8, p. .VM,

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4Ui CLÉMENT D'ALEXANDRIE.

. Dieu, le seul maître véritablement digne de foi'?»

Sans se faire le disciple d’aucune école de philosophie à l’exclusion des autres, Clément professe cependant cwtaines préférences. C’est ainsi qu’il met la philosophie barbare, c’est-à-dire les traditions et les doctrines de rOrier au-dessus de la sagesse des Grecs, partagée en tant de sectes, parce qu’il y trouve conservés en plus grand noinbre et avec plus de pureté les principes de la loi natureUt touchant la connaissance de Dieu, la règ^e des mœurs, h pratique des arts utiles, et en général l’art de bien pen«r plutôt que l’art de bien dire *. Ces premiers princip*^. témoignages de la grandeur originelle de l’homme, restes précieux d'un héritage divin qu’il n’avait pu dissipertwi entier, on les trouve partout, même chez les peuples le? moins civilisés. La seule différence, importante il est vrà qui distingue sous ce rapport un peuple d’un peuple, ob homme d’un homme, c’est la culture intellectuelle et U pratique morale de ces premières vérités *.

Parmi les Grecs, Clément s’attache surtout aux sep) sages, à l'ythagore, à Platon et aux stoïciens dont son maître, saint Pantène, avait d’abord suivi l’école. Il isvoque fréquemment leur témoignage, aimant à montrer, exagérant peut être quelquefois la conformité de quelquesunes de leurs maximes et de certaines parties de leur enscignement avec le dogme chrétien. Il se plaît à les honorer de scs éloges : il admire particulièrement en Platon udow' (le la vérité, un homme en quelque sorte inspiré * ; il w même jusqu’à l’appeler un philosophe d’entre lesHébreux^,

' .Sfrom. //» 5, p. 441. —Cf. Ihid. f, p. 4*29.

* Ibid. I, 15, p. 354 sq.

^ Ibid, rr, 17. p.8l9sq.

* Ibid. I, 8, p. 341 : *0

* Ibid. : *0 *l.Çctt(Uv n>sirrj.jy.

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