‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 123 sur 145 · I.IVRE V · texte numérisé non relu

I.IVRE V

ment En ce sens, elle se suffit à elle- même. Elle n'est point un système formé d’éléments divers, recueillis dans tous les systèmes, et coordonnés dans une sorte de syncrétisme universel. Mais il n’est pas moins certain que toute vérité, par cela même qu’elle est vérité, ne peut être ni étrangère, ni indifférente, ni contraire au christianisme. Car la vérité est une, et quelle que soit la manière dont elle arrive à l’homme, elle lui arrive d’un seul et même foyer divin. La vérité connue, c’est donc toujours le Verbe manifesté et connu, ou en lui-même, ou dans ses œuvres, ou directement par un enseignement positif et immédiat de Dieu, ou indirectement par le moyen des facultés propres à la nature humaine. Ces deux ordres de connaissance profondément distincts peuvent et doivent avoir des caractères, des effets et des fins différents, mais non contraires. Les vérités qui leur appartiennent, bien que distinctes, ont cependant dans leur diversité une origine commune d’où elles dérivent, et un caractère commun qui les unit. Car elles ne sont vérités (pi’autant qu’elles procèdent de la raison absolue et qu’elles expriment l’Etre absolu. Il y a donc entre elles non opposition, mais harmonie, • et « celui, dit Clément, qui, recueillant ces vérité? dispersées « Ç(i et là, dans la philosophie grecque et barbare, saura « les ramener à l’unité du système divin, celui-là pourra « sans danger contempler le Verbe parfait, qui est la « vérité subsistante *. »

Le christianisme, en prenant pos.session du monde païen, ne voue donc pas au mépris et à la destruction tout ce qu’il y trouve. Le chrétien n’est pas semblable au fils aîné du père de l’enfant prodigue. 11 reconnaît dans ce Centil

I Sirom. Vit, 16, p. S9<t.

» ibiri. /. 1.1, p. am.

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C L É .\I K N r r ) ' A I . K X A N D K 1 E . qui b’csI éloigné de la maison paternelle, et qui a dimft sa sufislatice dans la délmiche, quelques traits d'une rommime et divine origine. Sous les haillons de la misère qa cachent à peine sa nudité, il découvre quelques lambejoi de ce manteau royal qui lui fut donné à sa naissance. Il baise ces traits, il recueille ces lambeaux, preuves authentiques de sa fraternité, et il s’en sert pour se faire recoonaître lui-mèine à son frère et pour l'inviter à ressaisir se droits à l’héritage paternel.

Du reste, si les chrétiens, en vertu des principes q® nous venons de rappeler, ne pouvaient répudier l'hérilJK de la civilisation païenne, ils ne pouvaient non plus l’accepter que sous bénéfice d’inventaire. Voilà pourquoi Qcment déclare répudier tout ce qui n’est pas conforme ii* foi. Ce n’est pas qu’il prétende que la révélation sumaiorelie soit le principe néces-snire de toute connaissance, comme nous l’avons démontré; il soutient seulement q® la révélation surnaturelle venant directement de Dieii.bï ce qui en est la contradiction dans les sx'stèmes phiter phiques et les théories humaines ne saurait procédcrik la même source, et, par conséquent, n’est pas la vérité. « Quant à ce que les sophistes, dit-il, ont emprunte à h t philosophie en l’altérant, il n’en fera jamais rnmvredr « Dieu. » En ce sens, la foi e.st supérieure à la raison, cl la doctrine révélée est le principe qui doit servir à dist^ guer le vrai du faux dans les théories humaines, et pré munir l’intelligence contre ses défaillances et ses écans

Ces principes. Clément ne s’est pas contenté de le.'flposer ; il en a fait l’application dans ses nombreux écrit' é principalement dans ses Stromales.

11 se montre éclectique dans toute l’étendue de cenC- C’e.sl ainsi qu’on le voit faire servir à la démonstration éc

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