‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 143 sur 145 · SOS · texte numérisé non relu

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dent ni sur le plan de campagne, ni même sur le choix et l’emploi des armes, et ils consument à s’affaiblir et à se détruire mutuellement un temps et des forces à peine suffisantes pour faire face à l’ennemi. Nous le savons, l’unité de la foi, sinon l’union de la charité, se maintient parmi ces divisions intestines. Mais, pour ne pas conduire jusqu’à l’extrémité d’une séparation schismatique , l’existence et l’ardeur de partis contraires ont toujours eu des résultats f&cheux dans l’Église.

Ce qui aggrave la situation c’est qu’ici les inconvénients de la lutte ne sauraient avoir de compensation vraiment utile. De quoi s’agit-il en effet? 11 s’agit simplement de conserver à la raison humaine son rang et sa dignité ; comme aussi de reconnaître les limites qu’elle ne peut légitimement franchir. Iæ principe fondamental de nos divisions est là. Or cette question e.st grave sans doute et sa solution dans la vérité est la condition de tout progrès réel. Mais, à raison même de son importance, elle a été cent fois débattue et résolue dans la tradition chrétienne. Il n’y a donc à espérer des discussions irritantes dont elle est aujourd’hui l’objet ni vérité nouvelle, ni secours nouveau pour le triomphe de la foi.

Aussi, la reprise si ardente de ce problème touchant la valeur de la raison est-elle à nos yeux la preuve, non d’un progrès, mais d’une décadence manifeste de la science et de l’esprit humain. Si la raison et la foi n’étaient affaiblies, elles ne se disputeraient pas mutuellement leurs titres, mais sûres d’elles-mêmes, elles marcheraient de concert, comme à tous les grands siècles, à de nouvelles conquêtes dans ce domaine sans limites du vrai, du beau et du bien, ouvert par le Verbe à l’activité de l’homme et du chrétien. Le progrès de ce temps, nous le craignons, consistera moins

S0« OI.KMEN'T D AI.EXANDRIE.

à avancer qu'à se maintenir sur le terrain cx)nquis par nos pères ; et peut-être serait-ce agir sagement de consulter le passé, plutôt que d’interroger l’avenir. Pour les catholiques c’est un devoir de le faire en tout temps, mais aujourd’hui, ce semble, plus que jamais. En voici la raison.

Parmi les choses qui nous séparent, le traditionalisme professe un principe dont l’application sérieuse peut nous réunir. Comme lui nous honorons la tradition ; comme lui nous sommes convaincus que la tradition suffit pour résoudre bien des questions et en particulier celles qui nous divisent. Nous n’y mettons qu’une condition, c’est que la tradition soit sérieusement interrogée et loyalement écoutée. Il y aurait, en effet, quelque chose de mieux à faire que d’exalter la tradition, ce serait de l’étudier; il y aurait quelque chose de plus utile que d’avoir sans cesse le notr des Pères à la bouche, ce serait d’avoir continuellement leurs œuvres sous les yeux *. Du jour où l’on entrera franchement dans cette voie, il n’y aura plus de traditionalisme; il y aura, ce qui n’est pas la même chose, la science de la tradition. Alors, les partis céderont la place aux écoles, la querelle à la controverse, l’injure à la réfutation.

D’un autre côté l’apologie chrétienne, au lieu de se perdre dans des hypothèses aussi faciles à nier qu’à inventer, suivra contre les adversaires du dehors, la méthode scientifique inaugurée dès le berceau de l’Église et tournée avec tant de succès contre les erreurs renaissantes de

< Il semble que le système traditionaliste dorait avoir pour consé' quence de provoquer l'étude approfondie des Pères. Malheureusement, il n’en est rien, l'out s’est borne jusqu’ici à faire çà et là quelques es* traits que l’on a décorés du titre de ràr«'(tens. Quant à la science

patrologique proprement dite, elle n’existe plus en France depuis le xviis siècle. Cette étude sur Clément m'en a fourni une preuve; pour trouver un travail sérieux sur ce Père, j’ai dû remonter jusqu'à Féneloo et Bossuet.

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«haque siècle. Les catliolifiues n’ont pas d'armes nouvelles à forger pour défendre leur foi. Ces armes sont prêtes et sous leurs mains; ils n’ont qu’à les bien connaître et à s’en servir avec sagesse.

Puisse cette Étude sur Clément d’Alexandrie contribuer à répandre la conviction qui l’a inspirée, et provoquer dans le domaine de la tradition des recherches, sinon plus consciencieuses, au moins plus savantes et plus profondes. C’est le but principal de nos efforts, et s’il est atteint, nous ne demandons pas d’autre récompense.

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