‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 21 sur 145 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

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SH propre remarque % un tout complet, une introduction philosophique à la science du christianisme. V Exhorlation aujL- Gentils npoToeTTu/.d;) a pour but de démontrer que le paganisme est contraire à la raison. .Son authenticité e.st incontestable et suffisamment attestée par l’histoire et par Clément lui-même Son^ but fait voir clairement qu’il a précédé les cleuv autres, et Photius en fait aussi la remarque, de sorte, dit Mœhler, qu’il a dû être écrit et publié avant la fin du u* siècle, probablement entre les années 190 et 19/i. Clément y prouve d’abord avec un grand luxe d’érudition que la religion païenne, ses oracles, sa théogonie sont autant d’inventions et de supercheries. Il soulève le voile (pii couvre les mystères grecs, auxquels il avait été lui-même initié, et montre que cette initiation n’apprenait rien de nouveau ou plutôt rien qui ne fû^ scandaleux et immoral. Quant fi la philosoj)hie et aux lettres. Clément reconnaît c[u’on y trouve de bonnes et d’excellentes cho.ses qu'il attribue au Verbe. Mais les philosophes et les |)oétes ont mêlé beaucoup d’alliage à l’or pur de la vérité. Ils se montrent souvent en contradiction entre eux et avec eux-mêmes. Or comme tout ce qu’ils ont dit de bien se rencontre aus.si dans les écrits des prophètes, lesquels, inspirés qu’ils étaient de Dieu, sont tous parfaitement d’accord entre eux, Clément s'autorise de ce fait pour engager vivement les philosophes k adopter la foi chrétienne. 11 dépeint avec une grande force la vraie différence entre le christianisme et le paganisme; les bénédictions qui accompagnent l’un et les suites malheureuses de l’autre; la déraison du culte des idoles, qui ravale

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sjTitry T.y.iViir/'ttyayy i-i -r-37(v —Cf. Cohort. ad Geate.i^

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foi chrétienoe. qo; ei;ie ks bi-emies juequ'à Dieu. < Vou?

• qui croyez aa\ iaa&r>eft«^ s' «rie-tHi avec un saint eu- . tboisiaaDe. qui porez des amulettes et qui vous roettei

• sous la pro«e«>:Q de fonudes magiques, vous ne voulez . pas vf<us re\«ir du Vetbe di\in, du Sauveur... Et toi . aussi, lénérab:-: \mph>Mi. quitte ta Thèbes, et viens

• auprès de m-os: abanck-une la divination et la folie des € bacchanales et Lisse-toi conduire à la \êrilê. \‘ois, je te . donne le bâton puor qu'il te serve d'appui. Hâte-toi d’ac- . courir, Tirésias. croL^, H tu recouvreras la v ue. Jésus- . Christ brille d'un éc at plus vif que le soleil, et cel éclat

• rouvre hs yeux des aveulies. »

\j; commencement et la dernière moitié de cet oux rage.

dit Mœhler, sont écrits avec une sensibilité bien faite pour attirer les cœurs par l'enthousiasme, tandis que le poids de la science avec laquelle le paganisme est combattu ne pouvait guère manquer de faire sur les esprits une impression profonde et victorieuse '.

Le second ouvrage de Clément, intitulé le Précepteur ' (llatioa-/ «-/{/';) OU le Conducteur dans le chemin du salut, est i destiné à ceux qui, ayant déjà acquis la foi, doivent être formés à la pratique de la vie chrétienne. Clément en parle en ces termes, au sixième livre des Stromales : * Le Pé- « dayoguc, que nous avons divise- en trois livres , traite ^ . de l’éducation et de l’institution des mœurs depuis l’en-

• fance, c’est-à-tlire qu’il trace les règles de la vie qui de

« la catéchèse se développe par la foi, et que, par la pra- i « tique de la vertu, il prépare à recevoir la science gno- ‘ « stiqiie l’âme de ceux qui sont inscrits an nombre <h\<

I Cf. Mo'hler, Palml.. t. tl, p. 2r>-îti.

r.IVKE I.

« hommes parfaits'. » Après avoir excité, dans son Exhortation, au désir et à la recherche effective d’une vie vertueuse en ce inonde et heureuse dans l’autre, Clément expose dans son Pédagogue les motifs qu’ont les hommes de travailler à l’amélioration de leur àmc. Il place devant leurs yeux l'idéal moral (ju'ils doivent s’efforcer d’imiter, idéal contre lequel vient se briser la force des inclinations corrompues, et duquel l’esprit malade doit recevoir la santé et les forces. Cet idéal n’est point une conception abstraite : c’est une réalité vivante. Dieu et homme tout ensemble, ;'i la fois modèle, médecin cl précepteur de l’;\me, en un mot Jésus-Christ. Jésus-Christ, le divin pé- (laf^ogue, SC présente donc à nous pour faire notre éducation : modèle, il est sans tache, il est absolument impeccable et affranchi des alternatives des passions; médecin, il remet nos péchés comme Dieu, et comme homme il nous apprend il n’en plus commettre; précepteur, son éducation est \)(iur tous, quels que 'soient le sexe, l’àgc ou le degré de développement spirituel. Elle s’étend aussi à tous les temps, à tous les siècles. Jésus-Christ est ainsi le précepteur universel et le maitro unique du genre humain : dans l’ Ancien Testament il a parlé par Moïse et les prophètes; dans le Nouveau Testament, par lui-même, quand il a apparu aux hommes pour leur tracer le véritable chemin de la vertu, ün peut même dire que c’est lui ipii a instruit les gentils par la philosophie, car tout ce qu’il y a de bon et de vrai dans la philosophie vient de ce divin précepteur et ne peut venir que de lui.

Ainsi le devoir, la règle des mteurs s’identifient avec l’enseignement et la vie de Jésu.s-Chrisl. La vie du chrétien

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i:u;ment n Alexandrie.

doit tjtre uno .suite non interrompue d’actions dignes d’une âme qui porte en elle-même l’image spirituelle du Verbe.

Après avoir ainsi établi, dans le premier livre, l’origine, la nature et la règle générale du devoir. Clément, dans les deux livres suivants, passe aux règles particulières d’après lesquelles les actions d’un chrétien doivent être dirigées tant dans la vie publique ([ue dan? la vie privée. Les devoirs qu’il prescrit dans le choix et l’usage des aliments des boissons, des vêtements, du mariage, dans la célébration des fêtes, dans les fonctions sociales, lui fournissent l’occasion de présenter, comme opposition, le tableau des mœurs païennes. On trouve là des détails aussi triste.^ qu’instructifs sur la corruption elTrayanlc à laquelîo le christianisme vint arracher le monde païen.

Iji Pédagogue se termine par deux hymnes en l’honneur de Jésus-Christ. Le premier, suivant l’illustre auteur de la Défense de la foi de iMicée, itérait l’un de ces cantiques sacrés que chantaient dans leurs réuiiions les chrétiens de la primitive Église. Lnemmer et quelques autres critiques regardent comme plus probable l’opinion qui l’attribue en propre à Clément ' .

‘ Mœhler remarque que le Pédagogue est moins parfait, sous le rapport de la composition littéraire, que VExhorlation. Il reproche à l’auteur de frivoles jeux d’esprit, des développements lourds, des transitions brusques, une méthode peu régulière. Mais ces défauts, s’ils existent, sont bien compensés par les qualités que Clément déploie dans cette composition comme dans tous ses ouvrages, et que Mæhler s’empresse lui-même de reconnailre. Ce savant critique rend hommage au riche talent et à l’esprit profon-

* Cf. PüUer., Clem . Aif.r, Op., p. .312. — I.*i*mmer, CUm. at#.r., fJe Ai'/M doctrina, p. 7.

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