LIVRE
« loyaume de Dieu, » avaient quelque chose d’efl'rayaiil pour les riches païens. La pensée que, pour devenir clirétien, il était nécessaire de se dépouiller de tous ses biens, les éloignait de la foi.
Les intérêts de la doctrine et le salut des âmes, engagés clans cette question, déterminèrent Clément à lui consacrer une dissertation spéciale, et le commentaire <|u’il fait sur le jeune riche de l’Évangile est sans contredit ce qui a été écrit de meilleur sur ce sujet.
Clément entre en matière par cette remarque que tantôt le désir de flatter les riches, tantôt une interprétation forcée des paroles de Jésus-Christ deviennent nuisibles au salul de ceux qui possèdent les biens de ce monde, et il ajoute <jue, pour cette raison, il va en domier la véritable explication. Les paroles du Seigneur, dit-il ensuite, n’ôtent point au riche tout espoir de salut, pourvu que du reste il accomplisse les commandements de Dieu. Car, en considérant repassage de plus près, on voit que Jésus n’a point exigé du riche qu’il renonçât à ses richesses, mais qu’il déracinât dans son cœur toutes ses passions, et c’est là tout ce qu’il exige de Zachée. D’ailleurs Jésus n’a-t-il pas recommandé de faire l’aumône? Or l’aumône suppose nécessairement la possession des richesses. Ce n’e.-f point en effet la simple possession des biens de ce monde qui décide du sort de l’homme, mais l’attache qu’on y a et l’usage qu’on en fait. C’est en quoi le jeune riche n’avait pas compris Jésus, et c’e.st là le motif pour lequel il se retira avec tristesse.
Dans la seconde partie. Clément va plus loin, et il montre que non-seulement les richesses ne sont pas un obslacle néces.«aire au salut , mais qu’elles peuvent devenir des moyens de sanctification et de mérite pour le ciel. Les richesses en effet facilitent le parfait accomplissement du
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devoir qui nous est imposé d’aimer Dieu cl le prochain, | par le soulagement effectif des malheureux et surtout des I ■veuves et des orphelins dont les prières profitent à leur tour aux riches. Les plus grands encouragements sont donnés à cette libéralité effective, d’abord par l’exemple du Sauveur, puis par la dignité de la charité chrétienne ; qui dure éternellement et par sa puissance salutaire qui efface même les péchés.
Enfin Clément termine son écrit par l’histoire touchante et si souvent reproduite de ce jeune homme poursuivi et retrouvé par la charité de saint Jean l’Évangéliste, et il en tire la conclusion que si les riches sont damnés, ce ne sont pas leurs richesses mais leurs dispositions qui les perdent
« La contexture générale de cet ouvrage, dit Mcehler', est fort simple et il est écrit, depuis le commencement jus- (ju’îi la fin, avec esprit et sensibilité. Sa tendance est toute pratique, et quoique le sujet dont il est question soit spécial, il est traité d’une manière si intéressante et avec une telle largeur qu’il conservera son prix en tout temps et en tous lieux. »
Outre les quatre écrits dont nous venons de parler, les éditions tes plus récentes des œuvres de Clément contiennent quelques autres productions attribuées sans preuve suffisante au docteur alexandrin. De ce nombre est d’abord l’écrit intitulé : Extraits abrégés des œuvres de Théodote, de la doctrine dite Orientale, du temps où florissail Valentin Le style n’est pas, à vrai dire, sans ressemblance avec celui de l’auteur des Stromales ; mais les principes qu’on y trouve énoncés sont contraires i\ sii doctrine. Ainsi il y est
• Palrol., t. i, p. 37.
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