I.IVKK I
dit (jue Dieu est un être corporel; que le Scauveur n’est pas le même que le Verbe incarné, qu'avant la venue de Jésus- Christ tout était soumis au destin, etc. Il faudrait supposer que Clément n’a voulu dans cet ouvrage que reproduire les idées de ^ alentin, de Basilides et de leurs disciples. D’ailleurs, ni Eusèbe, ni Pholius, ni aucun des anciens qui ont dressé le catalogue des ouvrages de Clément n’a connu ni nommé ces Extraits. Aussi Doeline, Moehler, et quelques autres criticiues regardent-ils cet écrit comme apocryphe. Læmmcr incline à penser que peut-être Clément a recueilli lui-même ces extraits pour les mettre en regard de sa propre doctrine, et pour montrer par cotte comparaison en quoi la gnose hérétique dilTère de la gnose catholique. 11 fonde cette conjecture .sur ce qu’on trouve dans ce recueil des pensées et des opinions assez semblables à celles que Clément professe dans ses ouvrages authentiques. Quoi qu’il en soit de celte hypothèse, il est certain qu’on ne peut chercher dans ces extraits l’expression de la doctrine propre au docteur alexandrin.
11 en est de même d’un autre écrit intitulé : Choix tirés des livres prophétiques'. Le sujet s’accorde peu avec ce litre, car non-seulement on y trouve des passages qui ne sont point tirés des livres prophétiques, mais (pii leur sont absolument contraires. Ainsi les apocryphes, tels que le livre d’ilénoch, la révélation et la prédication de saint Pierre, y sont cités au milieu d’autres livres canoniques. L’on y remarque aussi plusieurs opinions propres aux Gnostiques. 11 n’est donc guère possible d’attribuer cet écrit à Clément. Best probablement, suivant l’opinion de laeinmcr, l’œuvre d’un abrévialeur plus moderne que Clément qui aura tiré
' h* TdiV
• LKMKNT D AI.KXAMJICK.
ces extraits soit des commentaires gnosli(]ues sur l’Kcriluro sainte, soit des ouvrages de Clément lui-même
Enfin un troisième écrit, dont l’authenticité est frès-dotiteuse, est celui que nous possédons sous le titre de : I'!claircissements succincts sur les Epîlres catholiques^. C’est la traduction latine d’un commentaire grec sur la première Épître de saint Pierie, sur la première et la seconde de saint Jean et sur celle de saint Jacques. On attribue cette traduction à l’abbé Cassiodore, qui l’aurait faite sur un ouvrage de Clément. Il est certain que Cassiodore a fait une traduction d’un commentaire sur les Épîtres catholiques qu’il croyait appartenir à Clément d’Alexandrie. Mais, comme nous le dirons h propos des erreurs imputées à cet illustre docteur, il n’est pas certain (jue les Éclaircissements (jiie nous possédons aujourd’hui soient la traduction de Cassiodore; et de plus il est douteux que le commentaia’ attribué par cet abbé à Clément soit véritablement l’cpuvrc du maître d’Origène. D’ailleurs, comme Ca.ssiodore avoue (pi’il n’a pas respecté le texte grec, mais qu’il en a change ou supprimé plusieurs passages répréhensibles, cet écrit ne saurait avoir, en toute hypothèse, qu’une autorité trèsrestreinte et peut être considéré comme apocryphe.
Parmi les ouvrages de Clément dont il ne nous reste que des fragments plus ou moins courts, le plus important est, sans contredit, celui des Ilypohjposes , composé, comme les Stroinates, de huit livres. Ces Ifijpotyposes, ou / nslitutions, renfermaient une exposition , abrégée du véritable contenu des livres de l’Ancien et du Nouveau Testament, sans même excepter nos livres deutero-canoniques.
' Lœmmcr, 1. 1., p. 10. — Cf. Ooehiie, p. 74, CoinbeUsii /Imiclal.
apud Potl., p. 989, et Moehler.
• Adumlraliones in Epi$tolas cathoUcas.
UVUE I.
On y trouvait plusieurs notices précieuses sur l'histoire du canon du Nouveau Testament, citées en partie par Eusèbe. Ouant à l’ouvrage lui-même, Pliotius, comme nous le dirons en son lieu, en porte un jugement défavorable, et y relève des erreurs sur lesquelles Eusèbe, saint Jérôme et les autres Pères gardent le plus profond silence. Il est donc plus que probable que cet ouvrage, comme l’insinue Pliotius lui-même, a été falsifié par des hérétiques avant (le disparaître tout ?i fait
l u auti e des écrits de Clément avait pour titre De la Pdtftte, et il fut occasionné, d’après ce que l’auteur nous apprend lui-même, par la publication de Méliton de Sardes sur le même sujet *. Clément a composé aussi des traités sur la Providence sur l'Ame sur la Calomnie ® et sur k Mariage Il nous reste de tous ces écrits quelques fragments qui ont été reproduits par Potter, dans son édition des œuvres do Clément d’Alexandrie.
Nous ne possédons absolument que le titre de ceux dont il nous reste à parler.
C’est d’abord le livre intitulé Canon ecclésiastique ". Clément, au rapport d’ Eusèbe, l’avait d(;dié à .sou élève, ."iaint Alexandre, évêque de Jérusalem, et dirigé contre (^eux qui penchaient aux cérémonies judaïques. Il est jirohahlc (|u’il montrait dans cet ouvrage l’harmonie des deux Testaments et la supériorité du Nouveau .sur l’Ancien contre les chrétiens judaïsîuits Eu.sèbe parle de deux autres
* V. (;î*après liv. V, ch. G.
* Tsi cv//;î5ty//3e. — Cf. Ku^cb. , //isC eccl., IV^, OGj VI. I?.
* Cf. .S/rom. ///, Ui V, i:î.
* ritjCt
* 'iyîî ya.uwi;. Cf. Pæd. III. 8.
’ f, rjîi roù; ~(’f. Eus. Hixf. ecrh, VI 13. et
Sir. VI, 1.5.
* Cf. I.jr>mmer 1. 1. p. I 2.
78 CI.KMENT D’ALEXANDUIE.
écrits : l’un sur leJetlue, et l’autre sur la Patience, adressée aux néophytes
Enfin, dans ses ouvrages qui sont parvenus jusqu’à nous. Clément parle de divers traités qu’il avait déjà achevés ou qu’il SC proposait de terminer, sur la Continence *, sur les Principes, contre les Marcionites sur les A nges ♦, sur le Démon sur la Résurrection ®, sur la Formation du monde sur la Prophétie
La première édition des œuvres de Clément fut publiw à Florence, en 1550, par Pierre Victorius, aidé dans son travail par Marcel Corvin, cardinal de Sainte-Croix. Elle fut suivie de plusieurs autres éditions, qui parurent successivement à Bàle, à Heidelberg, à Munich, à Paris. Cette dernière, publiée en 1029, lai.^sait encore quelques lacunes, qui furent heureusement comblées par Jean Potier, évéque anglican d’Oxford. Profitant des travaux faits jiis- ([u’ù lui par les éditeurs et les commentateurs du savant prêtre d’Alexandrie, Potier publia eh 1715 une nomclle édition de ses œuvres, beaucoup plus complète que toutes les autres, cl la plus généralement suivie. On lui reproche | .seulement quelques fautes d’impre.ssion dans le texte. , Depuis, il en a paru une autre à l.eipsick, publiée en quatre volumes, de 1831 à 1834, par Reinold KIolz. lequel a eu principalement pour objet de restituer le texte de Clément, à l’aide des scholies manuscrites de Paris
* îTMt vijTita,*— -i ■nc'jTf.ir.Tuoi n/ib; s'i toù;
Eus, ÏHtt. eccl. VI, 13.
* Ilici iyjtîaritaj, — Pæd. U, JO.
* — Str. III, 3.
* 6 TTjcl àY/ù'jtv ÀiyH.— Sir. VI, 3.
* lUfil 79Û dtx$b'k‘yj. — Str. IV, 12.
^ lïtf,ïd.va77Ù9ifui.—Pædagog. II, 20.
7 U«/:i xoï.yivv.— Sir. VI, 18.
* Uipi Sir. IV, 13, p. 605.— Cf. Fabricius, BihUoth. Orac., et
LœmTner, 1. 1.
* I.n*mmcr 1. I , p. |4.