CHAPITRE I
Frlncipet généraux qui domiaaat la queaUon.
« Piecnnnais.son.s-lo, alors môme que la nuit païenne « couvrait la terre, les hommes de génie firent briller d’ad- ■ mirables clartés, la philosophie, les lettres, l’éloquence,
• la poésie, dans ce qu’elles eurent de vérité et de beauté ; « tous CCS hommes, en tant qu’ils avaient reçu du ciel les « dons de l’intelligence et que la lumière de Dieu brillait •I dans leur génie ; je dirai plus, les généreux eiïorts que
• firent plusieurs d’entre eux pour percer la nuit, pour
• découvrir par delà l’horizon de leur siècle quelque chose
• des clartés divines, tout cela est digne d’admiration et
• de respect. Je puis et Je dois dé|)lorer l’abus qu’ils firent « souvent de leurs hautes facultés ; je puis et je dois comt pâtir à l’impuissance de leurs efforts; mais je ne puis « ni iné|iri.ser, ni flt'“lrir les dons du Créateur. Je ne me « sens pas le courage de réprouver, d’a\ilir. sous le nom « de paganisme, ce qui fut dans ces grands siècles le
• suprême effort de l’humanité déchue pour ressai.sir le fil « bri.sé des traditions anciennes et retrouver la lumière
• ([lie Dieu y fai.«ait encore briller, coinine un dernier et
« secoiirablo reflet de sa vériti^, afin de. ne pas se /aisxei ^ sans témoignage ^ au milieu des nations et de montrer € que la créature tombée n’était pas éternellement déshé- « ritée de son amour.
• Oui, c’est par l’ordre exprès de cette miséricordieuse « Providence qu’il fut donné à l’esprit de l’homme de « jeter ces lueurs si belles, qui suflirent alors à revêtir d’iin € éclat immortel les nnivres du génie antique...
« Les serviteurs de Dieu sont nombreux sur la terre ; ^ et à toute heure du temps, aux époques de grande rêno- • vation sociale, il y en a plus qu’on ne le voit, plus qu’on « ne le sait qui travaillent par ses ordres, pour sa gloire « et à leur insu, seulement il faut prendre garde de jamais « les insulter »
Nous aimons à commencer par ces paroles d’un illustre évêque l’analyse que nous allons faire des idées de Clément d’Alexandrie touchant les lettres humaines et la philosophie. Ces paroles, inspirées par nos luttes contemporaines, ne sont en effet qu’un éloquent et fidèle écho des discours que l’auteur des Stromales adressait il y a seize siècles, en faveur de la même cause, aux chrétiens et aux païens d’Alexandrie.
Pour Clément, la cause des lettres humaines et de la philosophie se confondait avec celle de la Providence. Mépriser et condamner les unes, c’était méconnaître et attaquer l’autre. « Je n’ignore pas, dit-il, ce que répètent « partout certains esprits timides et ignorants. Ils disent 1 qu’il ne faut se livrer qu'îi l’étude absolument néces- € saire des principes de la foi, et qu’un chrétien doit ref ’eter toutes les autres sciences étrangères, .sous prétexte
Son xine testimonio xemetipium reliquH. (Arl. xiv, !().'
* Mgr. Dnpanlonp. Discount (h rêceplinn à VAradèmie françaine.