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(|uéi ir la vraie sagesse. C’est donc par un abus manifeste (jue des hommes si^duits par les charme.s trompeurs des études préparatoires, qui ne sont que les servantes, ont dédaigné la maîtresse du logis, c’est-à-dire la sagesse, et ont vieilli les uns dans la musique, les autres dans la géométrie, d’autres dans la grammaire, la plupart dans l’art oratoire C’est un abus non moins condamnable de cultiver ces études pour les faire servir non à la conquête de la vérité et à l’acquisition de la connai.ssance de Dieu, mais aux vils intérêts de la cupidité, de la gloire humaine et des passions.
Ce que nous venons de dire des études les plus humbles, par leur objet et leur fin immédiate, doit s’appliquer aussi à la philosophie qui, laissant le domaine des sens, cheri lie à s’élever sur les ailes de la contemplation jusqu’au monde invisible oii réside l’être.
La philosophie est la reine des arts et des sciences particulières; elle les domine, elle est leur terme, comme à .«ou tour elle est dominée par la .sagesse, sa souveraine. Mais qu’e.st-ce que la philosophie? Les anciens sages l’ont définie après Pythagore : le désir de l’être, l’amour du \rai, la poursuite de la sagesse. J.a sagesse, tel e.«t donc l'objet ultérieur, la fin dernière do la jihilosophie. Or la sagesse est la .science des choses divines et humaines, la connaissance pleine et solide qui embrasse le passé, le présent, l’avenir*, la sagesse a donc deux objets divers, le divin et l’humain. Elle a deux aspects différents : ici, incréée, éternelle; là, bornée à notre utilité dans le temps; ici, une et toujours la même; là, multiple et revêtant plu-
' i-lrom, I. ô. p. S3i, si).
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sieurs formes; ici, immuable dans son impassibilité; la. susceptible d’être agitée par les passions ; ici, complète et consommée; là, incomplète et indigente. La philosophie qui se propose pour but le bien de l’àme, la droiture du tangage et la pureté des mœurs, convoite ardemment cetlf sagesse ; mais elle ne l’atteint que dans le second de ses éléments et encore d’une manière imparfaite. Elle aspire mais inutilement par la contemplation de la nature et de? idées à la science ferme, inébranlable, complète de üieii. que le Verbe seul peut donner. Elle ne donne de l’Ètre, de l’Un, du Bien que des notions qui, pour être plus parfaite? que celles du commun des hommes, ne laissent pas d’être obscures et incomplètes'. La philosophie n’est donc pas la sagesse ; mais elle en est la recherche et la préparation, une recherche et une préparation plus parfaite et plus immédiate que les autres sciences plus particulières, et c’est là ce qui en fait l’importance et la dignité.
I..a philosophie, telle que l’ont professée les plus illustres d’entre les Grecs, est loin de mériter le blâme et le mépris que lui infligent quelques chrétiens. .Sous quelque point de vue qu’on l’envisage, qu’on la considère comme éducation de l’âme, comme moyen de connaissance ou comme ensemble de dogmes théoriques et pratiques, là philosophie n’est ni un mal, ni une source d’erreurs et de damnation. Si elle no possède pas la vérité dans toute sa sublimité, du moins en connaît-elle quelque chose ; si elle est sans force pour l’accomplissement des préceptes du Seigneur, toujours est-il qu’elle prépare la voie qui mène à la doctrine vraiment royale, i)uisqu’ellc corrige et forme les mœurs a un certain point et (ju’elle rend capable de recevoir
* S /rom. VI. 7, p. 7t)8.