LIVRE II
renseigiieiiient de la vérité celui qui croit à la Providence
En elïet, l’iiistoire prouve que la philosopliie n’a point . été l’apanage dos inécliants, car ce sont les plus illustres et les plus vertueux d’entre les Grecs qui l’ont possédée Or, le mal ne peut jamais par lui-inènie enfanter le bien ; il produit nécc.ssairement le mal, comme les ténèbres confondent les couleurs. La philosophie qui conduit l’homme à la vertu et lui apprend à vivre d’une manière conforme ii la raison n’est donc pas un mal ni l’œuvre du vice. Elle ii’est pas non plus un mensonge. Elle contient plusieurs vérités utiles sur Dieu, l’hoinme et le monde. Il est certain ([u’avec leur soif d’investigation excitée par l’étude, soutenus d’ailleurs par leurs communications av ec la philosophie barbare, les i)hilo.sophes grecs sont allés plus loin (pie le commun des hommes dans la connaissance de Dieu *. Puis(]u’ils ont proclamé l’existence de la Providence et assigné dans un autre monde das récompenses pour la vertu et des châtiments pour le vice, on ne peut dire qu’ils aient été complètement étrangers à la science divine *. Aussi le grand Apôtre accorde-t-il aux écrivains grecs quelque connaissance de la vérité, et ne craint-il pas d’invoquei' leur autorité pour édifier les uns et couvrir les autres de honte. Il cite, en l’approuvant, Épiménide de Crète. Parlant de la résurrection des morts, il emploie un ïambe tragique et s’écrie : « A quoi cela me .sert-il si les morts ne ressuscitent pas? Ne pcii.sons (]u’à boire et à manger, puisque nous mourrons demain^. > Il montre aussi dans son
' Sfrom. I, 16. 17, p. 366.