LIVRE III. IM
C|u'elle procMo dn la foi., nVn est pas moins la science vraie et complète, allègue le passage du livre de la Sar/esse ' où il est dit : J’ai appris tout ce qui est caché et t'isible, parce que la sagesse même qui a tout créé me Fa enseigné. « Ces paroles, continue Clément, sont l’expres- « sion abrégée de notre philosophie. De la connaissance des « choses visibles, unie :'i la pratique d’une vie vertueuse, « la Sagesse qui a fait toutes choses nous élève à celui qui
■ est le principe de toutes choses et qu’il est si dilTicile « d’atteindre parce qu’il, s’éloigne sans ce.sse et .se dé- « robe il qui le poursuit, hui, qu’un immense intervalle « sépare de nous, s’en tient cependant tout près par une « merveille ineffable. Je suis un Dieu qui approche de « vous, dit le Seigneur *. Dieu est loin quant ii l’essence : « comment ce qui e.st inengendré pourrait-il être près de « ce qui est créé? Mais il est près par la puissance par la- « quelle il renferme tout dans son sein. Qui pourra, dit-il, « faire quelque chose dans t’ombre et se dérober à mon « regard? Dieu nous est donc toujours pré.sent par .son « opération qui nous voit, qui nous fait du bien, qui nous « instruit : sa puissance a la main sur nous. Voilà, pourt quoi Moïse, persuadé que Dieu est à jamais inaccc.ssible € à la .science humaine : Montrez-vous à moi, dit-il *, et en
■ même temps il s’efforce de pénétrer dans le nuage d’où
• partait la voix de Dieu, c’est-à-dire de recourir aux « notions obscures et indéterminées par lesquelles nous « nous représentons l’Être absolu. Car Dieu n’est ni dans € les ténèbres, ni dans un lieu quelconque; il est au des-
• sus du lieu, au-dessus du temps, au-de.ssus de tout nom.
I Say., VII, 17-21.
«Jérémie, XXIII, 2.7-24.
1 Exod., XXXIll, 1.7.
€ au-dessus de toutes les propriétés des choses faites. C’es « pour cela qu’il n’est jamais nulle part ni comme conte-
• nant, ni comme contenu, ni par circonscription, ni par
t division Il est donc évident que la vérité sur l’es-
« sence divine est chose cachée pour nous *. •
Clément répète le même raisonnement et presque dans les mêmes termes au cinquième livre des Stromales :
• Figure, mouvement, repos, trône, lieu, droite.
• gauche, sont des expressions qu'on ne peut attribuer. « môme par la pensée, au Père' de toutes choses, bien que « l’Écriture les lui applique quelquefois, nous dirons plu5 t tard en quel sens. La Cause première n’est doncpa- « dans un lieu, mais au-dessus du lieu et du temps, au-des- « sus de tout nom et de toute pensée. Voilà pourquoi « Moïse a dit : Montrez-vous à moi, voulant évidemment « faire entendre que Dieu ne peut être ni enseigné pv
• l’homme, ni exprimé par le langage humain, et que It « puissance qui procède de lui peut seule nous le faire « connaître. La recherche qu’on en fait est obscure et « aveugle : le connaître est une grâce qui vient de lui par
• son Fils. *
Enfin, quelques pages plus loin, le docteur alexandrin, développant le texte tant commenté du Timée de Platon. « qu’il est difficile de connaître le Père de l’univers, > allègue plusieurs témoignages qu’il empnmte, selon sa coutume, aux auteurs anciens et à l’Écriture. Après avoir cité en dernier lieu ce verset de saint Jean : Personne na jamais vu Dieu; le Dieu Fils unique qui est dans son sein la enseigné, il ajoute :
c De même que saint Jean appelle sein de Dieu ce qui
« Sirom. Il, 2, p. 431.
« IHd., V, 11, p. 689.