‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 56 sur 145 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

que le Père, en tant que Père, ne peut être l’objet d’une démonstration scientifique. » 11 donne pour raison de cette différence que le Fils n’est pas en tout sens comme le Père, qu’il est sagesse, science, vérité, etc., toutes choses qu’on ne peut proprement attribuer au Père en tant (|ue premier principe. 11 est évident que la distinction établie ici entre le Père et le Fils se rapporte, non à la substance divine commune au Père et au Fils, ainsi que l’enseigne partout Clément, mais aux caractères propres à ta personne du Père et à la personne du Fils. Clément, comme tous les docteurs de l’Église, tout en enseignant que les personnes divines n’ont qu’une même substance, un seul principe intérieur, une seule opération extérieure, attribue à chaque personne quelques-unes des perfections ou des opérations divines.

Le Père est, dans la Trinité, comme le dit Clément, le premier principe, le principe qui ne connaît pas de principe. 11 est inengendré, innascible ; il ne tient que de luiméme son être et sa divinité.

Considéré dans ses relations immanentes ou intérieures avec le Fils, le Père est le principe du Fils, la source en qui réside originairement la nature divine du Fils. Le Père n’est pas seulement le principe du Fils en tant que Fils, il est la source originaire du Fils en tant que Dieu ; il lui communique la nature divine.

De même qu’il est la source originaire de la nature dhine, le Père est aussi le premier principe des opérations «itéricures ejui sont communes à la Trinité, c’est-à-dire la Création, la Providence; car il en est évidemment des idées, des volontés, des opérations divines qui ont pour objet et pour terme les créatures, comme il en est de la nature divine elle-même. Ces idées, ces volontés, ces opé-

rations communes aux Personnes divines appartiennent i chacune d’elles d’une manière qui lui est propre. Elle sont dans le Père comme dans leur principe originair'. dans le Fils comme lui étant communiquées.

Ainsi, relativement à la Trinité, le Père est l’inenger»dré, le principe, le premier qui est Dieu, la source originaire de la Trinité commune aux trois personnes. En l’eavisageant par rapport aux créatures, il est également li cause première de leur existence et de leur conservatiou. le Dieu de toutes choses, comme l’appelle Clément*.

La première personne de l’auguste Trinité est donc prtprement le Père et le Créateur. Mais comment est-ci Père et Créateur?

* Il faut concevoir, dit monseigneur Cinoulhiac, autin! « que nous le permettent nos faibles lumières, que le Fit « de Dieu naît éternellement de l’intelligence du Père. « Le Père éternellement se connaît, se conçoit, connail. « conçoit tous les êtres possibles, et parmi ces êtres po?- € sibles ceux qu’il veut réaliser hors de lui. Cette intelli- « gence ou cette conscience qu’il a de lui-même n’est pt' « une faculté, une habitude : c’est un acte pur par lequel « il se dit à lui-même tout ce qu’il est. En se disant ainsi- « en se prononçant, en s’affirmant lui-même, il se rétléchit.

« et il produit nécessairement son Verbe. Autant il est né « cessaire que Dieu se connaisse, s’affirme, autant il l’esl « que, se connaissant, s’affirmant, il produise en lui-niènie « le terme subsistant de son intelligence infinie. Il y a dom « une liaison nécessaire, immédiate entre l’intelligence, h • raison du Père et son Fils. Fils naturel de l’intelligemi’

rfi>v o>a»v. {Strom, II, 9.)

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