‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 63 sur 145 · VKK III · texte numérisé non relu

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matériel et de l’absolu. Quant au noils, il saisit l’idée plutôt que l’être, et pour passer de l’une à l’autre la foi lui est nécessaire. C’est ainsi que la foi, partant de principes indémontrables, s’élève jusqu’à l’absolu, à l’unité parfaite, qui n’est ni matière, ni mêlé à la matière, ni sous la matière

C'est ainsi que loin d’être contraire à la foi, la science, en lui empruntant ses principes, en reçoit toute .sa valeur. Pour être démonstrativement vraies, les conclu-sions de la science doivent être conformes aux principes d’où elles sont déduites. C’est pourquoi, continue Clément, Aristote déclare la foi supérieure la science et en fait même le criterivm suprême de toute démonstration *.

Si la foi, comme anticipation de la pensée, est nécessaire pour adhérer à la manifestation intérieure de la vérité, elle l’est à plus forte raison pour recevoir l’enseignement extérieur d’un maître. L’enseignement extérieur suppose dans l’esprit du disciple l’idée ou la notion anticipée des choses que le maître lui enseigne, sans quoi l’enseignement ne serait ni compris ni accepté. De plus, un maître ne peut instruire^ s’il n’inspire confiance à ceux qui l’écoutent : tes progrès du disciple sont en raison de la soumission qu’il apporte à l’enseignement qui lui est donné. « Comme dans « le jeu de paume, il ne suffit pas qu’un joueur lance la « paume avec dextérité, mais qu’il est nécessaire qu’un « autre joueur la reçoive avec art et adres.se, de même il « n’y a d’enseignement profitable qu’à la condition de • trouver dans la foi des auditeurs comme vn art naturel ' qui aide à le recevoir et à l’entendre ‘. »

‘Sirom. Il, 4. p. 435.

’ lUd. II, 4, p. 4.36.

* IM.. p. 437.

* Ihd., p. 442.

Quant à ceux qui rejettent la foi parce que son objet « immatériel, ils ne méritent paus, au jugement de Platon, k nom de philosophes. Abaissant le ciel et le monde invlVib!aux proportions de cette terre, ils ne savent saisir que fe pierres et des arbres ; et confondant la matière avec la substance, ils prétendent qu’il n'y a de réel que ce qu’il; peuvent voir de leurs yeux ou toucher de leurs main:. Toutefois, ils ne peuvent tenir dans ces étroites limites : 1» puissance de la vérité les met en contradiction avec euimémes et les force quelquefois à reconnaître qu’en dehor; et au-dessus du monde matériel existent des idées formelles qui ne se peuvent saisir que par l’intelligence, etqu constituent la véritable essence des choses *. L’objet de b foi n’est donc pas une chimère, parce que celui qui croit, comme celui qui espère, voit des yeux de l’âme le iwodintelligible et l’avenir. Ce n’est pas sur le rapport des sens | mais exclusivement sur le témoignage des yeux de l’ânx que nous affirmons la bonté. Injustice et la vérités

Clément conclut ce raisonnement, dont il empnintele; prémisses à ses adversaires, en appliquant, même au.\ ve^ rités de l’ordre naturel, ces paroles du Prophète : Si rot« ne croyez pas, vous ne comprendrez pas •’. Mais il feoi remarquer, comme nous l’avons dit, que la foi dont il parlf est V anticipation d’Épicure, le jugement d’Aristote, une foi purement naturelle qui, tout en ayant quelque analogie avec la foi chrétienne, en est cependant cssentiellenicii' distincte. On ne peut donc induire du rôle qu’il attribuf à la foi, ainsi comprise, que Clément n’admet d’autre source de connaissance certaine que l’enseignement evté

I Strom 11,4, p, s(j.

* ihid., V, 3, p. IÎ53.

’ Ita., VII, y. — (,’f. 1. p. 3.M) . — I!,i, p. 437.

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