‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 65 sur 145 · I.IVKK III. lui · texte numérisé non relu

I.IVKK III. lui

« Iliade de laboureurti, pas une trilui nomade, jias une • nalion eivilist'e qui puisse vivre et se soutenir sans la ■ foi à une .Nature supérieure. Aussi de l’Orient t'i l’Occi- I dent, du Nord au Midi, partout l’on trouve une seule € et même anticipation (rpc»)vî'|is) au sujet d’un monarque t suprême, parce que les effets de cette puissance créa- € trice se font sentir en toutes choses et en tous lieux » Ce sens commun, inné dans tous les hommes, qui nous persuade naturellement de l’existence d’un maître et d’uii Père dont la Providence veille sur notre faibles.se, c’est là ce que Clément appelle connaître Dieu par périphase Li périphase n’est ilonc pas proprement une vue de l’intelligence, ce n’est pas la conclusion d’un raisonnement, le résultat d’une recherche, c’est un élan spontané du cœur (\m confesse Dieu sans le chercher; c’est, selon le mot si coimu de Tertullien, le besoin d’une âme naturellement (lirétiennc, qui, dans ses dangers, .sent (|u’elle a un Père au ciel et laisse instinctivement échapper vers Lui un cri d’invocation et de détresse. Ainsi Dieu ne se manifeste pas aulement <à nous naturellement par l’intelligence et la raison, il nous élève aussi à Lui par le cœur, par la confiance que nous inspire la sollicitude toute paternelle dont nous entoure sa Providence.

La foi est donc distincte et par son objet spécial et par son mode de perception du noûs et du logos. Mais elle s’y rattache et les suppose. L’idée jiremière de Dieu est donnée

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X. t. >. {Strom. V, 14, p. 729, sq.) — Cf. Cicer., iib. 1, X>e Xâiura deortim : < em'm gen$t aut quod genui Àomtnum quod Mun fiabedl itfi< doclrma ûn<trtpa<ionem quamdam âeornm? >

*Cf. Strom. V, 14, p. 730, sq., et Strom. /, 18, p. 372.

t'I.KMENT U’Al.EXANniUE.

|)ar l’intuition, V emphase. C’est de cette idée (lue, part instinctivement la foi pour aflirmer que Dieu est Père, qu’il est Providence et souverain Bien. Voilà pourquoi Clément dit qu’il n’y a pas de foi sans connaissance. La foi suppose aussi le logos ou la raison déductive, parce que c’est à l’occasion de l’ordre et de l’harmonie qui éclatent dans le monde matériel qu’elle s’élève à l’afllrmation de l’ordre et de la providence dans le monde moral. Mais outre cette base rationnelle, la foi a un autre fondement qui lui est propre : c’est le sevs moral de l’àme, le sentiment de sa misère, le désir naturel du bien, l’amour inné de la perfection etdu bonheur. De là vient que la foi ne procède pas avec la meme rigueur que la raison, qu’elle persuade plutôt qu’elle ne démontre, mais, par contre, elle saisit rhomine tout entier. «11 n’y a donc pas lieu de s’étonner, dit le P. « .Speelman, que Clément attribue à la foi, même naturelle. « une si large action dans la condition actuelle du genre « humain ; ([u’il en fasse, comme la synthèse du Moi, l’e\- « pression des besoins du emur tout autant que de ceux « do l’intelligence. Nous-mêmes ne donnons-nous pas au « sens moral une fort grande extension ' ? »

C’est par cette analyse si remarquable de la foi naturelle que Clément prélude à la défense de la foi chrétienne qu’il avait pour objet principal de faire connaître et de venger. Suivant sa méthode constante, méthode nécessaire contre les adversaires de la révélation, il part de l’ordre naturel pour s’élever à l’ordre surnaturel, et il s’applique à en découvrir et à en montrer les rapports et les harmonies. Ici, il établit non-seulement qu’il y a une foi naturelle, mais encore que cette foi est pour la science profane ce que la

* K. Sprelman, 1. !.

i.lVRK III.

loi surnaUireUe it9\. pour la sripiirp christ ionne; que d'im rôté comme de l’aulre il faut, dans un certain sens, croire avant de comprendre. Mais il révèle entre l'une et l’autre un rapport plus intime encore. I.a foi naturelle en la Providence est, selon Clément, la préparation à la foi surnaturelle. Elle a un caractère moral qui dispo.se j’itme à la grâce et à la gnose, et sert comme de transition, pour l’ilme humaine, de l’ordre naturel i'i l’ordre surnaturel.

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