‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 66 sur 145 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

■•tore de la Fol dleine.

La foi n’est pas un fait étranger à l’àme humaim. T.’homnie croit aussi naturellement qu’il raisonne, et la faculté de croire n’est ni moins légitime, ni moins néces sairc dans la poursuite et la conquête du \ rai et du bien que la faculté de raisonner. Repousser la foi comme source aulhenticiue, comme moyen légitime de connaissance, c’e<t mutiler l’aine humaine, en méconnaître un des plus impérieux besoins; c’est ébranler juscpi’en .ses fondements l’édifice de la science n.aturelle elle-même.

l ne saine psychologie nous force donc d’admettre que l’homme s’élève à Dieu non-seulement par l’intelligence et la raison, mais aussi par le cœur, et que celte deniièa’ voie n’est pas moins sûre que les deux autres. La foi natu- . relie et universelle dans la Providence e.st un .sentiment premier ([ue le raisonnement ne produit pas et qu’il doit respecter. L’on ne doit pas plus demander à l’homme, dit Clément, s’il y a une Providence, que lui demander s'il faut honorer ses parents *. Cette Providence se manifesli’ d’ellc-mômc dans l’ordre et la sagesse qui régnent partout autour de nous, dans les bienfaits qu’elle nous prodigue^

1 Strom. V, p. 646.

* Ibid. Cf. Cohort. ad p. ti t«>u5î iv rsl,*

MVUE III.

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l.a foi on la l’rovidoncc c.«t le point do départ de la religion naturelle, et toute philosophie, pour mériter ce nom, doit à son tour [lartir de là comme d’une ba.se première et d'un principe incontestable. • La vraie, la saine philoso-

• phie, dit Clément, maintient dans toute sa fermeté le

• dogme d’une Providence qui s’occupe des moindres

• détails. Sans ce fondement, l’économie du Sauveur ne « pourrait paraître qu’une fable et un mytlie Mais aussi, « une fois ce principe admis que la Providence existe, que

• rien ne se fait sans sa disposition, l'on ne peut, sans

• une aberration impie, jiréteiKlre que la Prophétie, que « l'économie de la Pédemption, lui est une onivre étran-

• gère. Car oii éclate-t-elle davantage que dans l'incnr- « nation du Verbe, Verbe de salut et de vérité*. »

La foi naturelle en la Providence est donc la préjin ration à la foi suniaturelle au Verbe. Mais quels que soient les rapports ejui les unissent et les analogies qu’on y découvre, des caractères essentiels les distinguent. J.eur domaine est diiïérent aussi bien ([ue leur puissance. Ou’est-ce donc que la foi surnaturelle?!''

• La foi, dit Clément, la foi que les Crées insultent « comme une chose vaine et barbare, est une anticipation « volontaire, un assentiment \ne\i\, h fnmlemeiit des choses « qu'il faut espérer et la conviclion de celles qu’on ue vnil • iwinl, comme parle le divin Apôtre*. » Il exprime nil-

* .Sirom. I, 11, p. :U6, 3-17. I.a négation d'uno Providence qui descend, comme le dit ici C\enicnx, juiqu' au parlicuher, c.st aujourd'hui encore le caractère propre de toute philosophie qui nie l'ordre surnaturel. Ainsi, pour n'en citer qu'un exemple, M. Jules Simon, dans son livre de la Heliyion Iialurrl/s, conclut du dogme de l'inimulahilité divine et du principe du gouvernement du monde par des loi* générales, l'absurdité d une intervention positive de Dieu, d'une révélation spéciale, après la création.

t .Sirom. C, 1, p, tUlî.

t I&irf. I/, 2, p. 33? ; Upify.i;: irri, îriîîÇu'a;

CLKMENT D AI.EXAMUUK.

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Ifiurs, ou d’autres termes, la même dêfmilion. « Li fm.

1 dit-il eu opposition avec les Basilidiens, est un îisseiili- « ment raisonnable de l’àmedans l’exercice de sa liberté';

« l’anticipation sage et piudente de ce qui a été révélé c’est-à-dirc le choix libre et positif de ce qui nous est présenté comme vrai. La foi ne doit pas être confondue av« la conjecture. La foi exclut le doute et l’incertitude : la conjecture, qui lui ressemble comme le loup ressemble ïo levrier, et le flatteur à l’ami, est une opinion débile .sais fondement *. « La foi ne doit donc pas être avcugléinen • méprisée comme cho.se vulgaire, facile, à la portée du U premier venu. Si elle était une invention humaine, comnh- « se l’imaginent les Grecs, elle aurait cessé d’exister. Mai- « puis((u’au contraire elle s’accroît et se propage de jour « en jour, la foi e.st évidemment quelque chose de divin « La doctrine de la piété est un don, et la foi est une « grâce »

Nous trouvons dans ces diverses détinitious tous Ir.caractères propres à la foi surnaturelle, .son principe, son fondement divin et rationnel, son objet propre, .sa nécessité, son caractère moral et ses clfets.

Le principe de la foi, c’est Dieu lui-même. Dieu se communiquant immédiatement à l’homme par un effet tout gratuit de sa bonté. C’est lâ un premier caractère qui distingue la foi divine do la foi naturelle. Celle-ci n’e.sl point i

une grâce : elle se fonde sur les be.soins de la nature lui- |

maine. L’homme croit en la Providence parce que, en ■ principe, il répugne à sa nature intellectuelle et morale j

‘ Ihid. II, 6. p. 414. — Cf. MorHIcp, Patr., t. II, n. ^6.

^ /i/id. n. 436.

* Ibid. II, 6, p. 44.'ï : rrrj ttcitïv... Oetiv rt vîv«t. [

• Ihid» I, 7. p. 338 : yic •/, çVse««>f5< r?,,- Os-iistîlui' fl» y ^

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