‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 96 sur 145 · I.IVHK IV · texte numérisé non relu

I.IVHK IV

trois degrés du perfection dont l’un regarde Notre Seigneur, l’autre les apélres, et le troisiéiPe les autres parfaits. l’ourle Sauveur, son corps, conservé par une vertu supérieure, n’avait be^iin ni de manger, ni de boire, que pour montrer seulement qu’il n’était pas un fantôme ; et « en un mot , ajoute-t-il , il était absolument impassible, € n’ayant aucun mouvement de passion, ni de plaisir, ni » de douleur ' » — (Juant aux apôtres. Clément met hors de doute « qu’après la résurrection du Sauveur ils étaient « maîtres de la colère, de la crainte et de la convoitise; » il ne leur laisse même pas • ce qui paraît bon à quelques « philosophes dans les mouvements passionnés, comme « sont l’audace, l’émulatioii, la joie, la cupidité, à cause « d’une certaine fermeté d’àmo qui fait qu’ils ne changent « en aucune sorte *. » Et il conclut que ces pas-sions, quoique bonnes dans l’opinion de ((uelques-uns, ■ ne doivent « pas être admi.'^es dans l’homme parfait » duquel il exclut encore, pour les raisons qu’il en apporte, la colère, l’émulation, la jalousie, l’amitié vulgaire, n)ème la vertu qui tranquillise l’esprit IsjSuuitai, « car rien ne peine le gnostique. » — Enfin « il ne tombe en aucune sorte dans la « concupiscence ni dans l’appétit : il n’a besoin, ((uant k

• son àme, d’aucune autre chose, étant toujours avec son « bien-aimé, et pour toutes ces raisons, il fait l’effort qu’il « peut pour être semblable au Maître jusqu'à l’impassibi-

• lité 3 Le gnostique, l’homme parfait, doit donc être

« exempt de toute espèce de passion de l'àme En effet,

« qu'a-t-il besoin de courage n’étant plus dans les maux,

I S^rom. VI, 9, p. 775: c^:r*|5irr><â,‘ y.r.’xHi v. ôv sJeVv 7ix,î«f5o'>«-

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316 CLÉMENl D ALEXA.NDUIE.

« parmi les choses fâcheuses; n’y étant plus mêmepré-

• sent, mais tout entier avec celui qu’il aime ‘ ? Qu’a-t-il

• besoin de la tempérance, puisqu’il n’est plus sujet aux « concupiscences pour lesquelles elle est nécessaire? Car « avoir encore des concupiscences à la répression desquelles « la tempérance est nécessaire est le propre non d’un ceeur « pur. mais troublé par les passions*. » On ne pourrait prendre ces paroles de Clément au pied de la lettre sans le faire tonrber dans des erreurs troj) grossières pour un si grand homme, et sans aller contre les réserves et les restrictions qu’il y apporte lui-même dans d’autres endroits de ses ouv rages. Comme le remarque Bossuet, si l’on ne prend les expressions des plus grands auteurs avec un esprit d’équité, on leur fait tout renverser.

Pour interpréter ici avec cet esprit d’équité, qui n’est à bien prendre que l’esprit de saine critique, les aflirinationdu docteur alexandrin, nous devons chercher à découvrir sa vi aie doctrine, sa pensée tout entière d’abord sur l’apathie de .lésus-Christ, puis sur celle des apôtres, et enfin sur l’impassibilité des autres parfaits.

Dieu est par nature absolument libre de toute passion. Il est essentiellement et souverainement apathique. « L’homme est essentiellement (xarà rry ojuitv] sujet aux « passions... Dieu, au contraire, est exempt de passion, de « colère et de cupidité Ce serait une erreur impie d'at-

• tribuer à Dieu les émotions de joie, de tristesse , de « crainte, de colère, de vengeance qui troublent et agi- « tent notre âme. Car la nature divine est impassible :

1 8<rom. VI, 9, p. 776 : n6ÿ owv «rt obJcftst* r»

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* : riç ôî xat «v&yxïj, tir, x. T. i.

^ Ihid. p. 6:J2.

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