JEAN SERVIN
Inconnu à la France ■protestante, ce musicien , qui mit le premier nos psaumes à trois parties, appartenait certainement à la Réforme; peut-être était-il de la mémo famille que le contrôleur Servin de Tours, que nous voyons compromis, sous François II, dans l'affaire de Le Camus, qui, après la conspiration d'Amboise, avait présenté au roi une remontrance des protestants contre le despotisme des Guise"'.
Il naquit à Orléans vers i53o, dit M. Fétis, s'établit à Lyon en 1072 et y passa le reste de sa vie.
On ne connaît de lui que les ouvrages suivants : Les cl Pseaumes de Dauid, composez à trois parties, dont l'vne est le chant commun, séparez par cinquantaines, à la fin desquels y a prières deuant et après le repas, imprimez en trois volumes et nus en musique par I. Seruyn , pour serutr â la gloire de Dieu. Orléans, Loys Rabier, 1 565, in-/i° obi. (Collection de M. Lutteroth; — trois cahiers reliés ensemble : le premier contient le chant commun; le second, le dessus de cinquante psaumes, qui ne se suivent pas selon l'ordre du Psautier; le troisième, le dessus de cinquante autres psaumes; avec privilège du a 5 février i565.)
Chansons à iv , v, ri et viii parties. Hures I et II. Lyon, Charles Posnot, 1578, in-li" obi.
Psalmi Dauidis a G. Buchanano versihus expressi, nuiic primum modulis IV, V, VI, VII et VIII vocum a I. Seruino decantati, Lugduni, apud Carolum Posnot, 1679, in-Zi" obi. (Biblioth. de Munich, comm. de M. Meier). — • Les psaumes y sont en musique d'un bout à l'autre et en forme de motets.
Pseaumes à iv , v , vi et viii parties, Lyon, 1 5So, in-Zi" (C. F. Becker, Die Tonwerke).
'' Régnier Je la Planche, Hist. de l'Eslat de France... sous François II, p. 355.
Nous n'avons vu que le premier de ces ouvrages, auquel nous empruntons ces deux pièces liminaires :
A TRES IIAVT ET PVISSANT SEIGNEVB , MESSIRE ODET , CARDINAL DE CIIATILLON, COMTE DE BEAVVAIS ET PAIR DE FRANCE.
Monseigneur, Ce n'est .sans cause que i'ay prins la hardiesse de faire sorlir on lumière ce mien petit labeur sous la protection de vostre tant illustre maison, laquelle estant vn vray domicile des louanges de Dieu, et vn des plus grands instnmiens desquels il s'est serui pour faire resonner ses bontez en ce Royaume, il m'a semblé que vous prendriez en gré ce petit ouurage, auquel combien que plusieurs ayent trauailié, toutesfois le champ estant commun et les auis diuers, ie n'ay pas craint de m'cITorcer à le mettre en vne musique claire et familière h trois [larties seulement, qui sont vn concordant et deux dessus , i'vn desquels lient le chant vulgaire de nostre Eglise, sans y auoir adiousté ni osté chose que ce soit, le prie le Soigneur, vray auteur de tons bons accords, que (ont ce Royaume, h vostre exemple, s'accorde à chanter les louanges de celuy qui nous a tous créez à son honneur et gloire, et qu'il vous maintienne. Monseigneur, en bonne et longue prospérité.
D'Orléans, ce 8° jour d'aoust i565.
lEAN SERVI.N , compositeur de musique.
ADVERTISSEMENT AVX LECTEVBS AMATEVRS DES LOVANGES DE DIEV.
La sentence de l'Ecclesiaste est bien vraye, qu'à faire plusieurs liures il n'y a fin aucune. Mais d'autant qu'en ce nostre labeur nous ne mettons en auant aucun liure nouueau, ains seulement rendons la musique des pseaunies vn peu plus claire en trois voix, assauoir vn concordant et deux dessus, I'vn desquels est le chant vulgaire de nostre Eglise, i'espere que le tout sera bien pris des débonnaires lecteurs, n'estant point pour desrober la gloire à tant de bons personnages, qui s'y sont employez auec iionneur, comme entre autres M. Claude Goudimel, qui en plusieurs manières de composition a fait la musique des pseaunies. Au reste, nous partissons les nostres en trois parties, qui contiennent chacune cinquante pseaunies; lesquels on sera aduerti de chanter posément, pour leur donner plus de grauité. Et afin qu'il ne fust ennuyeux de changer souuent de voix, l'en ay mis quatre, cinq ou six ensemble du mesnie ton, donnant h chascun liure son aduertissenient, d'autant qu'en chascun desdifs volumes les cinquante se trouuent.
Les premier et second cahiers sont dédies au cardinal de Châtillon; le troisième, à ^François de Coulligny, seigneur d'Andelol. »
On trouvera plus loin un psaume de ce composileur, sans la basse malheureusement.