SAULMES DE CLEMENT MAROT
sa déposition du ier mai 1 53g , que, parmi les livres sortis de ses presses, depuis trois ans qu'il était à Genève, se trouvaient les Saulmes de Clément Marot. rr L'indication des Psaumes de Clément Marot offre un réel intérêt, dit M. Dufour; car jusqu'ici on n'en connaissait aucune édition antérieure à i5/ii (voy. Fél. Bovet , Hist. du Psautier, p. 7, 2 h 7 ; — Herminjard , t. IV, p. 1 6 3 , note 1 5 , etc. ) , bien que Lenglet-Dufresnoy (OEuvres de Marot, 1781, t. I, p. 95; t. III, p. 45o) eût placé en 1 539 la publication de cette version, m — Certains psaumes de Marot ont donc eu trois éditions (Genève, Strasbourg et Anvers) avant l'apparition de l'édition originale et authentique (Paris, i5/i2). Cette sorte de phénomène d'impression spontanée atteste la singulière idée que l'on se faisait de la propriété littéraire au xvie siècle, et explique l'humeur que manifesta parfois Marot contre les imprimeurs trop peu scrupuleux.
Les éditions de Strasbourg et d'Anvers sont connues; mais où trouver la plaquette génevoise dont M. Dufour a parlé le premier? Un moment, et malgré la divergence des titres, nous nous sommes demandé s'il n'y aurait pas identité entre cette publication et une autre, indiquée tout récemment aussi par M. Bordier, dans le second volume de la France protestante revisée, article Beaulieu : «Les Psahnes de Dauid translatez d'ebrieu en langue francoy se , 1 5 39 , in-8°, sans date de lieu et sans nom d'auteur, mais terminé par une tr Exhortation au lecteur fidèle n signée H. D. B. Petit volume unique, lequel n'a encore été examiné que par son propriétaire, M. Henry Huth, à Londres. n Questionné par nous relativement à cette note beaucoup trop succincte, M. Bordier nous renvoya au complaisant érudit duquel il la tenait, M. Picot, connu par ses remarquables travaux sur les origines de notre théâtre, et celui-ci nous apprit que la mort de M. Huth lui donnait l'espoir d'obtenir des renseignements plus explicites, grâce à l'obligeance de M. Ellis, libraire chargé de dresser le catalogue de la très riche collection du bibliophile anglais. En effet, M. Ellis fît bientôt après à nos questions la réponse suivante : Ces psaumes sont en prose et ne portent pas la feuille d'olivier terminée en G orné, qui est la marque de Jean Gérard. Au verso du folio 5, on lit une courte préface latine de Pierre-Robert Olivetan, dans laquelle il n'est parlé que du prétérit et du futur des verbes hébreux et des inscriptions placées en tête des psaumes. U Exhortation au lecteur fidèle est ainsi conçue :
En lieu de la lettre lubrique (Dontiadis souillas la musique, En tant que tu n'en vsas bien), Boute maintenant ta practique Es chansons que Dauid t'applique :
Aultrement ton chant ne vault rien.