LA TIERCE PARTIE
Le maistre. As tu congnoissance des dix préceptes de la Loy?
Lenfant. Ouy.
Le maistre. Recite les.
Lenfant. le suis le seigneur ton Dieu, etc.
Le maistre. Que signifient ces parolles : le suis le seigneur ton Dieu, etc.?
Lenfant. Elles nous dénotent que nous ayons vn vray Dieu en toutes choses pour nostre Dieu et autheur de nostre salut, et nous attendions tout ayde de luy.
Le maistre. Pourquoy deffend il d'auoir aultres dieux, et pourquoy osle il les images lesquelles on a de coustume d'adorer?
Lenfant. Pour ce que nostre nature est deprauée, et quelle n'attend point tousiours ayde et consolation de Dieu, mais d'aultre part, et tasche de playre à Dieu par choses externes et signes, en délaissant la vraye loy, laquelle débitons auoir en Dieu.
Le maistre. Tu dys bien, et pour ceste cause on deffend principalement ces deux choses, car auecques labolition des dieux Ion oste aussi ladoration l'aulse et seruice diceux. Pour ce mets toy tousiours deuant les yeux ce vray Dieu, et adore iceluy en tous lieux dun vray et franc esprit. Mais que sensuit il après?
Lenfant. Tu ne iureras point faulsernent par le nom du Seigneur ton Dieu.
Le maistre. Qu'est il icy requis?
Lenfant. Que ie m'accoustume d'auoir en horreur pariurement et toute chose par laquelle le nom de Dieu est deshonoré. Mais, au contraire, que ie m'efforce de seruir en son sainct nom par tous les moyens que faire pourray.
Le maistre. Cest bien dict; pourtant gardes toy deuant toutes choses que tu ne iures en vain ni faulsement, que tu ne parles mal, que tu ne mettes en auant propos legiers de Dieu et des choses sainctes; mais loue le en toutes choses comme ton Dieu et autheur de ton salut. Poursuys le reste.
Lenfant. Ayes en mémoire le iour du repos affin qui! te soit sacré.
Le maistre. Qu'est il commandé en cecy?
Lenfant. Il nous est commandé que nous conuenions voluntiers en la congrégation chrestienne, et que nous nous adioingnions auecques toute diligence à sa parolle et sacrementz.
Le maistre. Adonne toy tous les iours à cecy et mesmement sil est iour de repos. Passez oultre.
Lenfant. Ayes ton pere et ta mere en honneur et reuerence.
Le maistre. Combien s'ettend ce commandement icy?
Lenfant. Que ie face honneur et seruice et obéissance à mes parens, au magistrat, à mes précepteurs, et à tous ceux à qui ie suis commis.
Le maistre. Exerce toy en cecy, car en ce faisant tu apprendras à bien viure, et Dieu te donnera vie plus longue et tranquille. Que sensuyt il après?
Lenfant. Les commandemens de charité enuers ceux qui nous sont conioinctz.
Le maistre. Quelz sont ilz?
Lenfant. Ne sois point hommicide. Ne sois point paillard. Ne sois point larron. Ne porte point faulx tesmoignage contre ton prochain.
Le maistre. Que deffendent ces commandemens du Seigneur?
Lenfant. Hz nous commandent de ne porter aulcun dommage à personne, soit en pensée, en parolle, en faict, ou omission de plaisir, et que ie ne face iniure à son corps, à sa femme, à ses enfans, à ses biens ne à sa bonne renommée.
Le maistre. Par quelles parolles deffend il de ne faire iniure au corps? Lenfant. Par celles icy : Tu ne seras point hommicide. Le maistre. Par quelles liniure de la femme et des enfans? Lenfant. Ne fais point paillardise.
Le maistre. Où deffend il la mauuaise renommée et existimation d'aultrûv? Lenfant. En disant : Ne porte point faulx tesmoignage contre ton proche. Le maistre. Or si lu n'offences point ton prochain en aulcune chose que