DE C A L V IN
ce soit, ne en sa femme, ne en ses enfans, ne en son bien particulier, ne en sa renommée, pense tu auoir gardé tous ces commandemens icy?
Lenfant. Nenny, mais ie luy doibs ayder de faict et de conseil, comme si c'estoit mon propre affaire.
Le maistre. Il est ainsi; pource que tu laymeras comme toymesme. Que commande oultreplus le Seigneur?
Lenfant. Ne conuoyte point ia rnayson de ton prochain.
Le maistre. Que signifient ces paroi les?
Lenfant. Que ne soyons touchez d'aulcun désir ou pensée de mal.
Le maistre. Certes si lu aymes Dieu sur toutes choses et ton prochain comme toymesme, nulle cupidité ou cogitation de mai ne te surprendra. Mais peuls tu paruenir en ceste vie présente en si grande perfection?
Lenfant. Nostre nature est si corrumpue quelle n'a aulcun bien; mais toute remission de péché et toute justice viennent de Christ.
Le m\istre. Mets doncques toute ta fiance en luy seul et demeure en luy, lequel oste de toy la condemnation de la Loy, à laquelle tu ne scaurois iamais satisfaire. Iceluy aussi te vueille enflamber le désir et affection enuers sa Loy. Toutes ces choses te vueille donner nostre Seigneur lesus Christ, auquel soit honneur et gloyre à iamais. Amen.