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beau re-dres-sé Aux Gentils, ïs-ra-el haussé Gloire et tri-om-phe re-çoit.
La seconde édition des psaumes du jésuite Le Breton, parue en 1 6 6 3 , contient la musique d'ccune personne de qualité», laquelle, malgré son litre, n'a point surpassé ses prédécesseurs; nous n'avons trouvé de remarquable dans le premier tiers de ce livre que la première partie de la mélodie du psaume ix, celle du xxi et celle du xxvin. En voici un des meilleurs :
D'une personne de qualité
1 ' ^ m n ^3 r-e-: — t. r se 1
a tV + fJ O
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■W pn G
O Dieu si pi - to - ya - ble,
o l'ob-jet
de ma foy,
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Ne veux - tu point, mon Dieu, tour - ner 1rs yeux w Le signe de la mesure manque.
sur moy?
-e — & — lki— -
Et lors -que de
la mort
la lour-nien - te me près - se,
D'où vient que con - tre moy
ton
se - cours me dé - 1
us
se?
On sait, depuis la publication du beau travail de M. Bovet, que, grâce à l'exactitude de la traduction de Ma rot et au charme puissamment religieux des mélodies de Bourgeois et de son harmonie, bientôt suivie des harmonies de Goudimel et de Le Jeune, notre Psautier fut usité non-seulement dans toute l'Europe, mais jusqu'aux Indes, et qu'il eut l'insigne honneur d'être traduit en vingt-deux langues ou dialectes : anglais, hollandais, flamand, allemand, danois, polonais, hongrois, bohème, haut-romanche, fadin, italien, espagnol, portugais, gascon, béarnais, malais, tamoul, sessouto, latin, hébreu, esclavon et zend(l). Et ce succès fut si durable
(1) Nous avons reçu, avec une sincère gratitude, de M. Henry M. Baird, de New-York, qui travaille depuis plus de douze ans à une History ofthe Huguenot* of France to tlte death of Charles IX, un précieux document concernant l'histoire du Psautier. «Bien que je craigne, nous écrivait-il le 3o novembre 1870, que ma lettre n'arrive un peu trop tard, je prends la liberté de vous envoyer un petit extrait des registres de l'Eglise protestante française de New-York, que j'ai eu dernièrement le privilège d'examiner, privilège qui, jusqu'à présent, n'a été accordé qu'à bien peu de personnes. Cette Eglise était autrefois tout à l'ail conforme aux Églises réformées de France, quant à son service et à sa discipline; mais il y a une quarantaine d'années, elle a adopté le service anglican, dans l'espérance d'améliorer son état financier. Elle s'appelle actuellement Eglise du Saint-Esprit. M. Bumier, ancien prêtre catholique, en est pasteur ou recteur, et c'est à sa bonté que mon frère ei moi nous devons l'accès à ces documents. ••
Voici l'extrait «mi question :
fi man 17 63.
Il a été ensuite proposé aux chefs de famille et
membres communiants do l'Églizc, signés cycontre et cy-dessous, de donner leurs opignions, voix et consentement, pour changer la vieille version des pseaumes de David, qui est en vzage parmi nous, et de prandre et introduire dans notre Eglize les pseaumes de la plus nouvelle version qui est en uzage dans les Eglizes de Genève, Suisse et Hollande; à quoy ils ont vnanimemeul consenty, comme étant la dilte nouvelle version plus édîffiante et plus intelligible (pie la vieille : en conséquence, il a été décidé que le consistoire fairoit venir au i'raix de l'Eglize vu nombre suffisant de pseaumes tous notés et d'un beau caractère , lesquels seront distribués parmy les membres du troupeau, qu'ils payeront le prix coûtant, et s'il s'en rencontrait quelques vns qui ue fussent pas en état de les payer, ils leur seront donnés gratis par l'Eglize.
Nous remercions aussi M. Puaux fils de renvoi du passage suivant, extrait des I oyages de François Léguas, t. Il, p. îûg :
On me dit, si je m'en souviens bien, pendant que j'étais avec ces braves gens (les réfugiés français du Cap de Bonne-Espérance), que le pasteur de leur Eglise, Ires-bon personnage et fort sensé, comme on le verra tout à l'heure, B'occupail depuis quelque temps à faire une nouvelle traduction des psaumes eo vers , ou du moins a corriger
qu'en moins de deux siècles on en fit en Hollande (renie traductions et un nombre un peu moindre en Allemagne. Pour que cette patrie du choral, cpii possède une si riche collection de beaux cantiques, nous empruntât notre Psautier, dont elle réimprime encore aujourd'hui des morceaux choisis il fallail que le talent des Bourgeois, des Goudimel, des Le Jeune, fût reconnu au moins égal, si ce n'est supérieur, à celui des musiciens allemands leurs contemporains. — Il est regrettable que ces faits, glorieux pour la France et pour notre Eglise, n'aient pas été connus plus tôt; car leur divulgation eût sans doute modéré l'ardeur de dénigrement que certains musiciens déployèrent, à la fin du xvme siècle, pour décrier le Psautier parmi les protestants, et la manie des corrections qui s'est emparée de quelques autres au xixe.
Aux précieuses communications extraites des registres genevois dont nous lui étions déjà redevable, notre savant collègue et ami M. Henri Bordier en a ajouté une nouvelle, très-importante, pendant l'impression de ce chapitre. Il a découvert à Genève, dans les Comptes des recettes et dépenses pour lespauures, le nom du continuateur de Bourgeois, de l'auteur peu distingué des mélodies des soixante-deux derniers psaumes de Bèze. Nous sommes heureux de pouvoir reproduire ici les notes suivantes, qui comblent une lacune de notre travail :
1 56 1, juin. — A M. de la Court, pour auoir transcript les psalmes de M. de Baise, pour enuoyer en court, î 2 11. 6 s.
A luy mesme pour auoir transcript le priuilege desdils psalmes, 8 s.
À maistre Pierre, povr avoir mis les psalmes en mvsique, io fl.
i 56 i , juillet. — Rendv à m. de Beze, qvil avoit baillé encore à maistre Pierre le
CHANTRE, POVR LES PSALMES EN MVSIQUE, OVTRE LES PROFFITS CYDESSVS, 20 FL. 5 S.
<lc son mieux la version de Marot et de Bèze , pour rendre ces sacrés cantiques intelligibles. C'est une chose étonnante et déplorable , pour ne pas dire absurde et criminelle, qu'on ait tardé si longtemps à mettre en exécution le dessein, formé «■n France dans les derniers temps, de substituer enfin une traduction propre à édifier ?iu jargon ancien, devenu ridicule, barbare et scandaleux. La nécessité de cette réformation est si grande et
si palpable, qu'il faut, pour ne pas la voir et pour n'y pas céder, ou le travers d'esprit le plus effroyable, ou quelque secrète raison d'orgueil, ou quelque vilain motif d'intérêt, ou je ne sçay quoi d'incompréhensible.
(1) Voir les deux recueils publiés par le professeur Ébrard, d'Erlangen, i85a, et le professeur Riggenbach, de Bâlc, 1868.
Triple origine : les chants protestants d'outre-Rhin, l'imagination des artistes et les chansons populaires.
Les contrapontistes du xvie siècle abandonnent aux poètes et aux chantres vulgaires l'invention de la mélodie. — Triple origine du choral allemand. — Tous les airs du Psautier flamand soin ceux de chansons populaires non modifiés. Les dix chansons françaises qu'il contient : L'amour de moy ; Sur le pont d'Auignon; Que maudit soit; Madame la Régente; Le bergier et la bergiere ; De ma tristesse; Vay mis mon citeur; Il me souffit; Dont vient cela ; Languir me fais.
Airs mondains des cantiques catholiques: Pkilomèle seraphique; Parnasse des odes; Jean Hou; Jurieu; îS'oè'ls de Colletet; Pseaumes, !\ oè'ls et Cantiques de Pellegrin; sa mélodie du psaume l.
— Scrupules. — Continuation du pieux stratagème. — Deux mélodies adaptées au psaume : Ises cieux instruisent la terre. — ■ Cantiques de l'abbé de V Atteignant. — Pseaumes de Gaune de Cangy ; sa mélodie du psaume cxxxui. — Protestation du P. Bridaine. — Concerts spirituels.
— Cantiques de Saint-Sulpice.
Cantique protestant sur l'air de la Marseillaise. — Les airs de nos anciennes chansons spirituelles sont des airs de psaumes ou de chansons mondaines. — Air de Secourez-moy, Madame. — Chant natal de Barptolerny Aneau. — Un procédé d'Eustorg de Reaulieu.
Les psaumes chantés à la cçur sur des airs profanes. — Les airs populaires introduits dans le Psautier d'Anvers i54l : loyssance vous donneray;Le cueur est mien ; C'est vue dure départie; Faulle d'argent; Dueil, double dueil.
Florimond de Rémond et Cayer accusent les psaumes calvinistes d'être chantés sur des airs mondains. — Aveu de Jérémie de Pours. — Voltaire, les Dix commandements et l'air : Réveillez-vous , belle endormie. — Recueils de chansons consultés: Altaignant, Susalo, Le Roy et Ballard. — Air de Marot : Une pastourelle gentille et le psaume cxxxviii. — Air : Petite camusette et le psaume lxv. — Air flamand et le psaume xxv. — La Bataille de Jannequin et le psaume xlviii. — Autre procédé d'adaptation : exemples. — Autres exemples tirés du Psautier sttashourgeois. — Les psaumes italiens et les nôtres. — Le canlional dalmate et VEin /este linrg de Luther. — Résumé.
Le chapitre précèdent a du nécessairement empiéter sur celui-ci : nous ne pouvions parler des auteurs de nos mélodies sans examiner leur œuvre, et nous avons noté en passant l'origine de quelques-uns des airs qui sont encore actuellement en usage.
Nous avons vu que trois psaumes (xxxvi, cm et cxxxvn) sont chantés aujourd'hui sur l'air qu'ils avaienl reçu à Strasbourg en i53g; que liuit
autres mélodies (i , n, xv, xci, civ, cxiv, cxxx et cxliii), remaniées par Bourgeois, ont été prises soit dans le même recueil primitif, soit dans le pseudo-romain; que le xc provient de la même source, et probablement aussi le Lxxxix(1h total : treize mélodies empruntées au Psautier français do Strasbourg. Or Calvin nous dit lui-même qu'il a versifié quelques psaumes sur des airs allemands, et nous avons vu que Fair de notre psaume cxxv a été emprunté à un cantique allemand, de même que le li du Psautier pseudo-romain. Il est donc évident qu'à Strasbourg et à Genève les auteurs de nos mélodies ont puisé dans les recueds d'outre- Rhin , où le chant religieux en langue vulgaire s'était propagé avant de pénétrer en France, et que ces recueils, livrés à une imitation libre, intelligente et non servile, sont une des sources du nôtre.
Les nombreuses réminiscences des psaumes que nous avons trouvées dans les airs de Gaignct, d'Aucousteaux, de Lardenois, de Bèze, de Franc et du continuateur de Bourgeois (lviii et cv), nous ont montré que nos musiciens ne se bornaient pas toujours à imiter de plein gré un air plus ancien pour l'adapter aux psaumes, mais qu'ils composaient parlois, qu'ils se livraient ou croyaient se livrer à leur inspiration, que le lexte même des psaumes était le thème duquel ils essayaient de faire jaillir la mélodie.
Voilà donc deux origines des airs de nos psaumes, et toutes deux essentiellement religieuses : les chants antérieurs de l'Eglise réformée et l'imagination des artistes. Il en est une troisième, toute profane, plus contestée, mais non moins authentique, que l'air du cantique vm de Bèze, imitation de la chanson : De retourner, mon amy, te vous prie, nous a déjà révélée, et don! nous avons maintenant à nous occuper.
C'est un fait mis hors de doute par les travaux de MM. Fétis, De Cous-
(|) La première phrase de ce psaume se trouve en partie dans la première et en partie dans la dernière du cxm de l'édition pseudo-romaine (voir ci-dessus p. ()23); mais le successeur de Bourgeois a pu en prendre aussi le début dans la chanson suivante, qui pourrait bien èlre également l'origine du cxm de Strasbour}; :
Recueil de susato. psaume lxxxix.
Faillie d'argent rVsl la pnee en l'oreille.
semaker Félix Clément (2), etc. , que les grands contrapontistes du xv° et du xvic siècle laissaient aux poètes et aux musiciens ou chantres vulgaires le soin de composer des mélodies (3), et se bornaient à harmoniser d'anciens chants d'église et des airs populaires.
Le goût des chansons (J) était si généralement répandu, depuis le règne de Louis XI , que les compositeurs de musique d'église lurent contraints de prendre, pour thème principal de leurs messes et de leurs motets, les motifs des chansons les plus populaires, et que cet usage se conserva même en Italie jusqu'après la mort de Palestrina. Les motets français de Baïf et de Jodelle et de quelques autres rimeurs étaient appelés chansons spirituelles, parce qu'on les chantait sur des airs profanes. Il en était de même des psaumes de Marot.
La fin du xvi" siècle (5) fut marquée par deux innovations qui exercèrent et qui exercent encore une influence puissante sur la musique : ces deux innovations contemporaines sont la création de l'harmonie dissonante par Claude Monleverde et l'application de la musique au drame Alors cessa presque entièrement l'usage de choisir les
thèmes des compositions dans le chant des hymnes , des antiennes et des chansons populaires, et l'invention de la mélodie fut considérée comme une partie indispensable de l'œuvre du
musicien; ce qui n'avait point eu lieu jusqu'à celte époque Dans l'espace de quinze
années la révolution radicale de la musique fut consommée, et un art en quelque sorte tout différent et tout nouveau fut substitué à l'ancien.
Tel étant l'usage pratiqué depuis des siècles, il est tout naturel qu'un grand nombre de chorals allemands aient emprunté leur mélodie à des airs populaires. Passons rapidement sur ce point, généralement admis (0).
Au mot Gesang, nous lisons dans la Real Encyclopadie de Herzog : a Le choral luthérien tire son origine de mélodies populaires dont le texte
u) Notice sur les collections musicales de la bibliothèque de Cambrai, etc. Paris, Techener, t 8A&, in-8u, j). 2 o .
(2) Histoire générale de la musique religieuse , par Félix Clément, maître de chapelle et ornahistc de la Sarbonne , Paris, Adrien l.eclère. 1860, in-8°, p. 45,
Le Dauphin, depuis Henri II, composa la musique du psaume caxviu (Bovel, p. 5l); Louis XIII (il de même pour quatre des psaumes de Godeau | ïbid. , p. 1 37) ; eu 1 ô ^ j , les Sancerrois chantaient le cxlh sur une mélodie composée par un de leurs ministres, François
de la Mat e de Claireau ( La France protestante , VI, p. 71).
(4) Fétis, Curiosités historiques de la musique, p. 370.
Fétis, Revue musicale, Paris, 8 juin
«dominer) t se fait-il, disait Luther, que nous ayons tant tic belles choses dans le genre mondain et (pie, dans le spirituel, nous n'ayons non que de froid cl de mauvais?" ( Michelel , Mrm.de Luther, Paris, l835, in-8°, III, i i<>.) il songeait donc a s'approprier ees belles choses, au moment <»ù il parlait ainsi.
était profane.» La Biographie des musiciens, à l'article Luther, est absolument du même avis. Le réformateur n'a, selon M. Fétis, composé qu'une vingtaine de mélodies; les autres sont des airs de chansons qu'il a modifiés et arrangés pour leur donner iin cachet plus religieux. Aux compositions nouvelles et aux airs populaires, Winterfeld, qui a traité à fond la question (Der evangelische Kirchengesang, etc.), ajoute, comme une autre source des cantiques allemands, d'anciennes hymnes catholiques. Voilà pour Luther et l'Allemagne.
Quant au Psautier flamand primitif (i5/to), tous les psaumes y sont notés à une seule partie, et les mélodies (sauf celles des psaumes cxvi et cxvm(1)) sont celles d'airs populaires flamands et français. Les trente premiers psaumes se chantaient sur les airs suivants :