SAI.MO LIV
0 Dio, nel nome tuo da mi sa - lu le.
^ Si
La ra - f>ion mia di - ien - di
SSL
E con Y iauitta luu somma vir-tu-te
A ven - di - car mi pren-di.
ODio,ia mia oratione as-colta c'ntendi,
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Presta 1' orec - chia tua heni - gna et pia
A le pa - ro - le de hoc - ca mi - a.
SALMO XLII.
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e - ta-lo va mughiando, *~
Per l'es - Iremo di - si - o
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Di tt o-var d'acque un cliiero e fresco rio ,
Cosi l'ani-ma mia s'en va gri - dan - do
Ver te, di te brarnosa, e - ter - no Dio.
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L'air suivant, qui est le psaume xlvi du cantional dalmate de i584 (Collection de M. Fétis), est d'une facture plus étrange encore :
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Les deux premières phrases reproduisent, à une note près, les deux premières du choral de Luther : C'est un rempart; la troisième est la copie exacte de la quatrième de notre psaume lxxxiv; la quatrième et la cinquième ressemblent singulièrement à la première et à la seconde de notre psaume ni ; la sixième, qui n'a que six notes, n'éveille en nous aucun souvenir; enfin la septième et dernière est la finale du même choral de Luther. C'est ainsi que l'on composait alors des mélodies.
Récapitulons maintenant. Treize de nos mélodies actuelles ont été empruntées au Psautier français de Strasbourg (t, h, xv, xxxvi, lxxxtx, xci, cm, civ, ex, exiv, cxxx, cxxxvn, cxliii); une (cxxv) débute comme un cantique allemand; deux sont composées de fragments d'autres psaumes (lviii et cv); trente-deux ont été calquées en partie sur des chansons populaires que nous avons indiquées (ni, vi, vin, ix, xui, xx, xxv, xxxn, xxxiv, xlii,
XLVIII, LVI, LXIV, LXV, LXVIl , LXXIH , LXXVII, LXXVIII, LXXIX , XCVI , XCVIl , CI, CVII ,
cxiii, cxvn, exix, cxxvi, cxxxiv, cxxxvni, cxl, cl, Siméon), et quatre sur des
chansons que nous n'avons pas retrouvées (xxxvm, lxi, lxvi, gxxx). Nous connaissons donc l'origine de cinquante et une des cent vingt-trois mélodies du Psautier (ou cinquante-deux sur cent vingt-quatre, en y comprenant le cantique de Siméon), c'est-à-dire plus des trois septièmes, bien près de la moitié^. L'étude des chansons et des airs de danse qui ont échappé à nos recherches élèverait certainement ce chiffre , mais sans changer le résultat général auquel nous sommes arrivé. Des trois sources musicales du Psautier : les chants religieux antérieurs, l'invention et les airs populaires et profanes , la troisième est celle où Bourgeois et son continuateur ont le plus abondamment puisé. Quant aux quelques mélodies qu'ils ont dû inventer de toutes pièces , on ne les connaîtra sans doute jamais, parce qu'il faudrait posséder toute la musique du temps, pour s'assurer qu'elles sont véritablement originales et non tirées d'airs antérieurs à l'aide d'un procédé quelconque.
Malgré la défectuosité du procédé suivi pour en composer les mélodies, et malgré la faiblesse de la plupart de celles qui n'appartiennent pas à Bourgeois, le Psautier calviniste est une œuvre magistrale, dont toutes les nations protestantes qui le substituèrent au leur attestent l'évidente supériorité. Un souffle nouveau a passé dans cette musique, et purifié tout à la fois l'art et la piété, qui s'y prêtent un mutuel concours, parce qu'ils visent tous deux à l'idéal, et ne craignent pas d'innover pour s'affranchir des liens étroits de la tradition et du passé.
(1) D'après Le chrétien évangélique, 1861, p. 2/i3, «les mélodies des psaumes vi, c, cxxvni, cxxx, cxxxi, cxxxiv, cxlii sont prises des recueils allemands, qui, à leur tour, nous ont emprunté les airs des psaumes xxv, xxxvi, lxviii, xlii, cxl,^ etc. — Nous ne pouvons contrôler ces assertions; mais nous doutons que
l'auteur ait consulté les plus anciens Choralbûcher, car il y aurait vu que, dès 1 52 5 , notre mélodie des psaumes xxxvi et lxviii était chantée en Allemagne avec ces paroles de la Passio Jem Christi : 0 Mensch , beweiit dehx Sunde, etc. — (Voir Winterfeld, Der cvangelische Kirchevgosang, t. I, append. p 72.)