CLEM. MAROT, AV ROY TRESCHRESTIEN FRANCOYS, PREMIER DV NOM, S
la n'est besoing, Roy qui ri as ton pareil,
Me soucier, ne demander conseil
A qui ie doy dédier cest ouuraige;
Car, oultre encor qu'en toy gist mon couraige,
Tant est cest amure et royal et chrestien,
Que de soymesme il se dit estre tien,
Qui as par droict de treschrestien le nom ,
Et qui es roy non de moindre renom
Que cestuy la qui, meu du Sainct Esprit,
A le dicter et le chanter se prit. . .
les Carlovingiens et à Pâques sous les Capétiens. Enfin , par l'édit de Roussillon , Charles IX ordonna, en 1 566 , que tous les actes publics et particuliers fussent datés en commençant' Tannée au ier janvier; mais cette loi ne fut généralement observée qu'après avoir été enregistrée au Parlement, c'est-à-dire à parlir de i 567.
A Genève, au contraire, de même qu'en Allemagne, en Italie et en Angleterre, l'année commençait le 2 5 décembre, jour de Noël. (Le Boyer, Traité complet du calendrier, Paris, 1822, in-8°, p. 356.)
Aux Pays-Bas, elle commençait à Pâques, ainsi qu'ont bien voulu nous l'écrire M. De-
haisnes, archiviste du département du Nord, et M. Fétis fils, conservateur de la bibliothèque royale de Bruxelles.
W D'après le Dictionnaire de la Bible (ire et 2e édit.) de M. Bost, Marot aurait traduit les cinquante premiers psaumes, et Bèze les cent derniers. Celte erreur avait pourtant déjà été rectifiée par M. Henry, dans sa Vie de Calvin.
W Cette indication manque au xxn et aux neuf derniers.
(3) En tè(e des poésies destinées à èlre chantées, on trouve des indications comme celle-ci : «Sur l'air de : Femme sensible.-* C'est ce qu'on appelle un timbre.
0 doncques Roy, prens Vœuure de Dauid,
OEuure plus tost de Dieu , qui le rauit .
D'autant que Dieu son Apollo estoit,
Qui luy en train et sa harpe mettait
Le Sainct Esprit estoit sa CalUope;
Son Parnassus, montaigne à double croppe,
Fut le sommet du hault ciel crystallin;
Finablement son ruisseau Cahalin
De grâce fut la fontaine profonde ,
Où à gratis traictz il beat de la claire imde.
Dont il deuint poète en vng moment ,
Le plus profond dessoubz le firmament;
Car le subiect qui la plume en la main
Prendre luy feit est bien aultre qu'humain.
Icy n est pas Vauenture d'Enée,
Ne d'Achilles la vie démenée.
Fables à y sont plaisantes mensongères ,
Me des mondains les amours trop légères. . .
Jcy sont donc les louanges escriptes
Du Roy des roys , du Dieu des exer cites W.
Icy Dauid, Je grand prophète hebrieu,
Nous chante et dict quel est ce puissant Dieu ,
Oui de berger en grand roy l' érigea,
Et sa houlette en sceptre luy changea. . .
Jeu sa voix sur les reprouuez tonne.
Et aux esleuz toute asseurance donne, Estant aux vus aussi doul.r et traictable Qu'aux autres est terrible et redoutable: Icy oyt-on l'esprit de Dieu qui crye Dedans Dauid, alors que Dauid prie , Et faict de luy ne plus ne moins que J'aicl De sa musette vng bon loueur parfaict ':1 .
W E.rercitus, armée, l'armée céleste, c'està-dire les étoiles.
W' On ne peut mieux enseigner la thérfjiteustie, c'est-à-dire l'inspiration littérale (Je
chaque mot de la Bible, doctrine Aujourd'hui délaissée, qui eût valu des amis à Marol au sein du Réveil du commencement de ce siècle.
Christ y verrez par Dauid figuré,
Et ce qiiil a pour noz maulx enduré,
Voyre mieulx painct mille ans ains sa venue
Qu'après la chose escripte et aduenue
Ne le paindroient , qui est cas bien estrange ,
Le tien Ianet &\ ne le grand Miquel Fange ^. . .
0 gentilz cueurs et ames amoureuses, S'il en fut onc, quand serez langoureuses D'infirmité , prison , péché , soucy, Perte ou opprobre, arrestez-vous icy; Espèce n'est de tribulation Qui n'ait icy sa consolation; C'est vng iardin plein d'herbes et racines Où de tous maulx se trouuent médecines.
Quant est de l'art aux muses reserué,
Homère grec ne l'a mieulx obserué;
Descriptions y sont propres et belles;
D'affection, il n'en est point de telles;
Et trouueras, Sire, que sa couronne,
Ne celle la qui ton chef enuironne ,
N'est mieulx ne plus de gemmes entournée. . .
Pas ne fault donc qu'auprès de luy Horace Se mette en ieu, s'il ne veult perdre grâce; Car par sus luy vole nostre poète , Comme feroit l'aigle sur ï alouette. . .
Le but que se propose le traducteur n'est exprimé qu'à demi dans les vers suivants :
Dieu a voulu iusqu'icy qu'en son temple Par ces beaulx vers on le serue et contemple; Bien est-il vray, comme encores se voit, Que la rigueur du long temps les auoit
(1) Avant. du Christ, trouvée dans presque chaque pa£e
(2) Sur François Clouet, dit Janet, voir de l'Ancien Testament par une scolastique inplus haut, p. 16/4. sensée, dont a aussi triomphé plus tard l'es-
(3) Ici c'est la typologie, ou préfiguration prit spiritualistc et scientifique de la Réforme.
Rendu: obscuns et durs d'intelligence.
Mais tout ainsy quauecques diligence Sont esclaircijz, par bons esprit: fusez , Les escripteaux des vieulx fragments vsez . Ainsi, o Roy, par les diuins esprit:
Qui ont sous toi/ hebrieu langaige appris , Nous sont iettez les Psalmes en lumière. Clairs, et au sens de la forme première , Dont après eulx, si peu que faire scay, Ten ttij traduict, par manière d'essay, Trente, sans plus, en ton noble langaige, Te suppliant les receuoir pour gaige Du résidu qui ia t'est consacré, Si les voir tous il te venoit à gré.