‹ Clément Marot et le psautier huguenotChapitre 27 sur 135 · ANVERS · texte numérisé non relu

ANVERS

milieu de i5£i .

45 traductions de ho psaumes.

Adel. ... 115 Cl. L'Esc. 117 Anonyme 120 T

Adel.... 133 Adel.... 133

Adel. ... 150 T

(Pseudo-romain.)

STRASBOURG

PARIS

GENEVE

GENÈVE

STRASBOURG

milieu

i5 février i542.

de i5A2.

iô43.

I10 traductions

de 38 psaumes.

3o psaumes.

35 psaumes.

69 psaumes.

A8 psaumes.

tt

ou 1*1

es / < \

tt

tt

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bimeon. ... M

oimeon. M

Suneon., . M

Décalog*.. • . M

j-'ecaiog. ivi

L/ccaioff.. . lu

Credo , . . M

tt

/ Pater. M

rater. . . M

Pater

Tin t rt« Alf

rater. ... M

Credo... M

Credo

Credo .... M

Siméon .... M

Décalog M

Décalog . . M

Prière avant M

tt

et après repas M

tt

Prose. Saluta-

tion à J. CM

Remarquons d'abord que, si les vingt et un morceaux du recueil primitif se retrouvent dans les éditions de Strasbourg de i5&2 et 1 5Â5 (à l'exception du Credo, remplacé en i5/i5 par celui de Marot), déjà le recueil de Genève de i5/t2 n'en reproduit que dix-neuf, et laisse de côté les deux en prose, tandis que le recueil publié au même lieu l'année suivante ne conserve de l'édition de 1 5 3 9 que les douze psaumes de Marot, et substitue aux xxv, xxxvi, xlvi, xci, cxxxviii, de même qu'au cantique de Siméon et aux Dix commandements, une autre traduction des mêmes pièces, que Marot venait de faire à Genève. Ces sept morceaux que Calvin emporte de Strasbourg et qu'il sacrifie, dès qu'il a pu les faire traduire par un vrai poète, attirent naturellement l'attention , et rappellent ceux qu'il dit avoir versifiés lui-même sur des mélodies allemandes, qu'on préférait aux airs français (]).

Les cinq psaumes ont , en effet, des airs allemands ('2), et ceux des deux cantiques n'ont certes rien de français; comme les premiers essais de Calvin ont porté sur les xlvi et xxv. il n'est pas possible de douter que nous possédions ses deux premières traductions : la probabilité revêt ici le caractère d'une entière certitude. Il en est de même pour les psaumes xci et cxxxviii qui ne se séparent jamais du xxv et du" xlvi. ?On n'y trouve point, dit M. Bovet (p. 219), la grâce et la souplesse du style de Marot, et la versification trahit une muse beaucoup moins expérimentée; ainsi, dans chacun de ces quatre psaumes, les rimes masculines s'entre-croisent, ce qui est dur pour l'oreille et ce que Marot ne s'est permis qu une seule fois dans un de ses premiers psaumes, le exix (lisez : xix ; le exix est de

u) En tait de psaumes munis d'airs français, nous ne connaissons à cette date que les dix qui sont timbrés dans l'édition d'Anvers de i54i. B est fort possible que ce soient ceux-là que Calvin lit essayer en 1 53o , et qui ne furent pas du goût des Strasbourgeois.

(2> Selon M. Rîggenbach ( Der Kirchengesang in Basel, p. .'>8 ) ,

Le xxv se chantait sur la mélodie du cxxv, de Matthieu Greiler;

Le xxxvi, sur la mélodie du exix, du mémo auteur;

Le xlvi, sur la mélodie du xxv, de Wotfgang Dachstein :

Le xci, sur la mélodie du u, de Matthieu

Greiter;

Le cxxxviii, sur la mélodie du exiv, du même auteur.

Matthieu Greiter était, dit là France protestait le , excellent musicien et poêle, chantre de la cathédrale de Strasbourg. Ancien moine converti en l5a&, il devint diacre de l'église Saint-Martin; mais il rentra dans le giron de l'Eglise catholique, et mourut de la peste en l55a, en demandant pardon à Dieu d'avoir renié' ses convictions.

Bèze), et pas une seule dans ceux qu'il a traduits plus tard. » A ces preuves, déjà concluantes, ajoutons que ces compositions massives, sans mouvement et sans éclat, sont embarrassées dans d'énormes inversions comme celles-ci :

Ainsi sera en seureté De toy iamais riauoir refus. . .

Où est celuy qui son désir Appliqué a Dieu craindre aura ?

(Ps. XXV.)

Quand la mer, bruyant et tonnant, Comme par courroux s'enflera , Et les grandz rochers estonnant, De vagues les eshranlera.

(Ps. XLVI.)

Pourtant ma confiance asseoir Foseray en toy seurement.

(Ps. XCI.)

D'affliction estans greuez, En vie et vigueur releuez Serons, far ton soulagement.

( Ps. CXXXVII1.)

Il faut signaler encore l'usage du mot pourtant, si peu poétique, qui se trouve une fois dans le psaume xxv, deux fois dans le xci, et cinq fois dans le xlvi, de même que l'emploi de vers tous égaux de huit syllabes.

Bien que Calvin se crût des dispositions pour la poésie on ne connaît de lui d'autres vers français que ceux qu'il a consacrés au Psautier, et ses vers latins «se réduisent à son Epinicion, qui, chose digne de remarque, est précisément du même temps que ses psaumes (2\ »

Voici les deux premiers versets de chacun des quatre psaumes dont nous venons de parler :

(l) Adpoeticem natura satis eram propensus , Conrad Hubert, et citée par M. Baum, apud dit-il lui-même dans une lettre adressée à Th. Bèze,l, i83. - - (2) F. Bovet, p. 21 f).

(Édil. de Strasbourg, i53y, i54a, i545, et Genève, 1 5^ a . )

A toy, Seigneur, ie leueray Mon ame, pour aide auoir; Ne permetz que , comme esgaré , le sois confuz de mon espoir.

Ne souffre que mes ennemis Prennent esbatement en moy, Me voyant en extrême esmoy Par la trop longue oppresse mis.

Ainsi sera en seureté De toy iamais n auoir refus Quiconque attent ta vérité; Mais V inique sera confus.

Fay moy, Seigneur, considérer Le chemin que ie dois tenir; La voye , pour bien paruenir A te droictement honorer.

( Édit. de Strasbourg, i53i), i5&2, i5&5, et Genève, 1 5 /• a . )

Nostre Dieu nous est ferme appuy, Auquel aurons en nostre ennuy Vertu, fortresse et seur confort, Présent refuge et tresbon port.

Donc certaine asseurance aurons, Mesmes quand la terre verrons Par tremblement se desrocher, Et mons en la mer se cacher.

Quand la mer, bruyant et tonnant, Comme par courroux s'enflera, Et les grands rochers estonnant, De vagues les esbranlera.

Car la cité qua Dieu esleu, Qui pour sa maison luy a pieu, Son ruisseau doulx et clair aura, Qui lousiours la resiouira.

(Edit. de Strasbourg, i ~> 3 9 , i54a, 1 546, et Genève, î.Vi:?.)

Qui en la garde du hault Dieu Sa demeure et retraicte aura, Comme en seur et paisible lieu , Dessoubz son vmbre habitera, le diray à Dieu hardiment :

Tu es ma fortresse et espoir; ' Pourtant ma confiance asseoir Voseray en toy seurement.

Puis, en moymesmes r menant,

le dis : Dieu te deliurera

De tout encombrier suruenant,

Et des laqz te depestrera.

Soubz ses plumes , estant en pair

Et soubz son aelle à seur été ,

Aura tousiours sa vérité,

Pour large et bouclier bien esyes.

PSALME CXXXVIll.

( Édit. de Strasbourg , 1 53g , 1 5/i a , 1 5/i 5 , et Genève , 1 5/i 2 . )

Louenge et grave te rendrons, De bon cueur te magnifirons , Deuant toute principauté.

En ton saine t Temple adorerons, Ton excellence chanterons, Pour ta clémence et vérité, Comme sus tout ta maiesté, Par ta parolle , as exalté.

Quand ïay à toy ma voix haulcé, Incontinent m'as exaulcé, De ta vertu me soubstenant , Mon ame en estât maintenant.

Tous Roy s du monde te loueront, Et à toy se soubzmetteront

Estons en ta parolle apris , Chantans ta grande dignité; Car à ta gloire as limité Ciel et terre, pour son pour pris.

En haultesse, pour commander, Le Seigneur est assis es cieulx.

Neantmoins encline les yeulx, Pour F humble et petit regarder; Le superbe en son ingénient, De loing voit, par conlemnemenl.

M. Bovet n'attribue formellement à Calvin que ces quatre psaumes tout en ajoutant que le xxxvi est probablement clu même auteur, et peutêtre aussi le Décalogue. Les savants éditeurs de Calvin s'expriment ainsi à propos du xxxvi : s Comme traduction de l'original, il diffère absolument de celui de Marot qui le remplace dans les éditions suivantes; mais il ressemble tellement à celui-ci, par sa forme et même par quelques rimes, que nous n'oserions affirmer la diversité des auteurs, ni surtout hasarder une conjecture relativement à la pari que Calvin pourrait avoir vue dans la rédaction.?? Voici les deux traductions :

(Edit.deStrasb. 1 5 3 9 , i5/i2, i545,etGen. i5&2.) (Marot, édit de Genève, i543.)

En moy le secret pensement Du malin les fait: vicieux

Du maling parle clairement. Me disent que douant .ses yeux

C'est, qu'à Dieu il ne pense. N7a point de Dieu la crainte ;1 ;

Car il se complaist en ses faietz. Car tant se plaist en son erreur.

Tant que haine sur ses mesfaietz Que l'auqir en haine et horreur.

Et iugement aduance ®. C'est bien force et contrainte.

(,) M. Ébrard, Ausgewâhlte Psalmen Da- et sans doute par Th. de lièze, dans les édi-

vids,elc. Erlangen, i 8T>2 , in-8°, ne lui attribue tions de i56a :

«nie les vxv et nu. D'après cet écrivain, la ni-; , , ■

1 1 Du maling le incsclianl vouloir

traduction de nos cent cinquante psaumes U /We m m()n cœur et mi, JaU (,o)/.

répartirait ainsi : deux traduits par Calvin, Qu'il n'a de Dieu la crainte. c inquante par Marot et quatre-vingt-dix-huit

par Bèze. Inutile d'ajouter (pie cette supputa- La correction n'est pas encore dans le Psau-

tion est de la liaute fantaisie. lier de Matthieu de la lïoche de 1 558 , in-3^ ,

(2) La mélodie; exigeait un douzain. ni dans celui de Jacques Crozet, in-i 8 , même

(3J (les vers ont élé modifiés ainsi qu'il suit , «;nV.

Son parler tend à deceuoir,

Il ne cherche entendre et scauoir,

N' aussi vn seul bien faire.

Il pense mal estant couché, Du droict chemin est débauché.

Sans au mal se desplaire.

Sire, es cieulx attaint ta bonté, Et es nues ta vérité,

Tant hault qu'on les regarde.

Ta iustice semble es haultz montz, Tes iugemens es lieux profondz ,

L'homme et beste tu garde.

Notoire est ta bénignité, Les humains auront seureté

Soubz l'umbre de tes aelles.

De tes biens se ressasieront , Et du Jleuve abreuuez seront

De tes délices belles.

Car source de vie en toy as, Et ta clarté luire feras,

Qui nos yeulx illumine.

Poursuis ta bonté vers les tiens, Et le droict de celuy maintiens

Qui deuant toy chemine.

Afin que sur moy l'inhumain Son pied naduance, et que la main

Du meschant ne me greue.

L'homme inique est la tresbuché , Et estant par terre couché

Iamais ne se releue.

Son parler est nuisant et fin , Doctrine va fuyant, afin

De iamais bien ne faire.

Songe en son lict meschanceté , Au chemin tors est arresté,

A nid mal n'est contraire.

0 Seigneur, ta bénignité Touche aux deux, et ta vérité

Dresse aux nues la teste.

Tes iugementz semblent hautz montz, Vn abysme tes actes bons,

Tu gardes homme et beste.

0 que tes grâces nobles sont Aux hommes qui confiance ont

En l'ombre de tes esles !

De tes biens soûles leurs désirs, Et au fleuue de tes plaisirs ,

Pour boire les appelles.

Car source de vie en toy gist, Et ta clarté nous eslargisl

Ce qu'auons de lumière.

Continue, o Dieu toutpuissant , A tout cueur droit te congnoissant ,

Ta bonté coustumiere.

Que le pied de l'homme inhumain De moy n'approche, et que sa main

Ne m'esbranle ne greue.

C'est fait, les iniques cherront, Et, repoulsés, tresbucheront ,

Sans qu'on d'eux se releue.

Les ressemblances et les dissemblances mêmes de ces deux traductions sont si caractéristiques, qu'on reconnaît à première vue que la seconde a profité de la première (1) , et qu'on pourrait être tenté de ne voir dans celle-ci qu'une ébauche de Marot, qu'il aurait reprise et achevée plus tard.

(1) Marot a aussi imité le xci de Calvin , au- vers tout entier: Qui en la garde du hault quel il a emprunté des rimes et le premier Dieu.

On pourrait même avancer, en faveur de cette hypothèse, que le rhythme des vers entre-croisés de huit et de six syllabes, familier à Marot, ne convenait point à l'austérité et à l'inexpérience de Calvin. Mais cet argument tombe, si l'on se rappelle qu'en fait de version rimée Calvin était utilitaire, et devait se soumettre aux exigences de la musique , qu'on ne pouvait modifier ici sans gâter la plus héroïque de toutes les mélodies du Psautier (1\ En outre, la strophe du xxxvi est beaucoup moins compliquée que celle du cxin en prose ('2\ Et quant à l'ébauche de Marot, comment serait-elle parvenue à Calvin, puisqu'il n'y avait aucun rapport entre eux? Enfin l'argument externe (ce psaume ne se sépare jamais du groupe des sept morceaux strasbourgeois) , aussi bien que ces inversions, si proches parentes de celles que nous avons déjà citées :

Et du Jleuue abreuuez seront

De tes délices belles. . . .

Et ta clarté luire feras,

Qui nos yeux illumine. . . .

nous obligent à reconnaître la main de Calvin dans ce psaume. Nous en disons autant du cantique de Siméon et des Dix commandements.

W Calvin s'était , il est vrai , conformé moins scrupuleusement aux mélodies qu'il avait choisies pour les psaumes xlvi et xci; sa strophe de huit vers l'a obligé de répéter une phrase musicale dans le premier et d'en supprimer cinq dans le second. (Voir RiggenJbach, Der Kirchengesang in Basel, p. 54.) Mais le musicien d'un goût exquis, Greiter, qui lui procura la mélodie du xxxvi, a pu le persuader qu'un Vandale seul oserait gravement modifier celte splendide composition.

M II débute ainsi :

Su», louez Dieu, ses seruiteurs, Louez V, il en est digne ; De la louange de son nom Voslrc bouche soit pleine.

Sa saint' et haute maiesté Soit exalté' en sa grandeur, Des maintenant et sans resse.

Tant qu'eêtend le soleil son t ours, etc.

( Mit. de Strasbourg , i.'i.'îr), i5Â9 el l545.)

La sobriété de celte paraphrase, sa forme insolite de prose rhvlhmée, qui trahit, soit l'impuissance du traducteur à s'exprimer en vers, soit son mépris pour une forme plus artistique, font songer à Calvin, qui ne visait, on le sait, qu'à l'utilité pratique et non à l'élégance; d'un autre côté, la variété du rhythme exij'é par la mélodie (strophes de sept lignes, dont la première, la troisième, la cinquième et la sixième de huit syllabes, la deuxième et la quatrième de six, el la septième de sept) semble s'opposer à ce qu'il soit l'auteur d'une composition si compliquée. Cependant, comme elle figure dans le Psautier primitif, et qu'elle n'a disparu du recueil de Genève i54î2 que pour y être remplacée par la traduction de Marot, il est fort possible que , avant de faire des vers proprement dits, le réformateur ait commencé par un essai de prose rhvlhmée.

LES DIX COJMM ANDEMKNS.

(Édit. do Strasbourg, i53(), 1 5 A a , 1 5'i5 , el Genève , u>Zi2.)

Oyons la loi que de sa voix Mous a donné le Créateur, De tous hommes législateur, Nostre Dieu soutier ain Roy. Kyrie eleison W.

le suis le Seigneur que tu doy Seul pour Dieu seruir et aimer; Aultre dieu faire ou renommer N'entreprendras deiiant mot/.

Kyrie eleison.

Image point ne forgeras , Pour mon essence figurer, Pour inuoquer et honorer, Ma gloire leur assignant.

Kyrie eleison.

Le Nom de Dieu ne polluras ,

Mais sainct et sacré te sera; Car Dieu pour innocent n'aura Tout homme en vain le prenant.

Kyrie eleison.

Homicide point ne seras, Ni de Jaict comme de voulloir; A haine et courroux nul fournir Ne donneras en ton cœur.

Kyrie eleison.

En chasteté tu viueras , Ton cœur purement contenant , De ton corps ne contaminant Par paillardise l'honneur.

Kyrie eleison, etc.

L'édition genevoise supprime le Kyrie eleison.

Bien que ce soit là une amplification et non une traduction proprement dite, serrant de près le texte comme celle des psaumes xxv et xlvi, les inversions y sont les mêmes. Celle-ci, entre autres :

le Créateur, De tous hommes législateur, Nostre Dieu souuerain Roi/,

rappelle la même forme employée à deux reprises dans le psaume xlvi :

Dieu des armées conducteur.

Le Dieu de lacob . . . .

Dieu des armées le recteur.

Les inversions de la dernière pièce sont plus surprenantes et, si Ton peut ainsi dire, plus calviniennes encore.

CANTIQUE DE SIMEON

(Edit. de Strasbourg. 153g, t56a, i.Vi5, et Genève, i5/ia.)

Maintenant, Seigneur Dieu, As donné en moy lieu A ta saine te promesse, Puis que ton seruiteur Sortir de tout malheur En bon repos tu laisse.

Car mes yeux clairement Ont vu le sainement Auquel gist pleine ioye .

Que par ta bonté voir Et de toy receuoir Attendu tant ïauoye, etc. M.

EDITION D'A WERS 1 5 !\ I .

La plus ancienne édition connue du Psautier, après celle de Strasbourg i parut à Anvers en l54 i ; elle a pour titre : Psalmes de David, translate: de plusieurs autheurs, et principallement de de. Mai nt. Veu, recongneu et

(,) Le cantique a encore deux autres strophes. On trouve tous ces morceaux en entier dans le tome VI des Opéra (jilrnu . et les

quatre premiers seulement dans VHiêtmre du Ihantivr de M. Bovet.

corrigé par les théologiens, nommeement par M. F. Pierre Alexandre, concionateur ordinaire de la Royne de Hongrie A la dernière page, on lit : Imprimé en Anuers par Antoine des Gois, l'an i5âi; vol. in-16. (Collect. de M. Lutteroth. ) Voici l'approbation qui se trouve au verso du titre : Hic liber visus est et recognitus per me fratrem Petrum Alexandrum, Carmelitam, et concionatorem reginœ Hungariœ, quem ad versionem Hieromjmi et Hehraicam veritatem contuli, nec in ipso reperi quod possit pias aures offendere. Ita est. F. Pet. Alexander.

Ce précieux volume, non moins rare que les deux précédemment décrits, renferme quarante-cinq pièces de vers, les trente psaumes de Marot (2), que celui-ci ne fit imprimer qu'en 1 5 6 2 , et quinze de divers auteurs :

Le cxx anonyme (P. Alexandre?). Le cxxx de N.

Le xxix de Cl. Grolier. Le cxxx d'A. (P. Alexandre?).

Le xliii de C. D. Le cxxxm d'Adel.

Le c d'Adel (3|. Le cxxxm, autre traduction d'Adel.

Le cxiu de Del. Le cxlii de D.

Le cxv d'Adel. Le cviu de I. Faure.

Le cxvn de Cl. L'Esc. Le cl d'Adel.

Le cxxvni de N.

L'addition de ces quinze morceaux, parmi lesquels se trouvent deux tra-

(1) Marie d'Autriche , sœur de Charles-Quint , belle-sœur de François Ier, et gouvernante des Pays-Bas.

(2) Nous nous empressons de faire amende honorable à M. Bovet, pour l'avoir accusé, dans l'article que nous avons consacré à son beau livre {la Renaissance , du 2 5 mai 1872), de n'avoir pas vu que l'édition d'Anvers ne contenait que vingt-neuf psaumes de Marot; elle les contient tous les trente. C'est nous qui étions dans l'erreur.

(3) Adel serait-il un pseudonyme, de l'hébreu 12 (usque ad Deam)^

(4) Une pièce intitulée : Du baptesme de l'Antéchrist est signée des initiales Del., dans le Recueil de plusieurs chansons spirituelles tant vieilles que nouuelles, auec le chant sur chascune; afin que le Chrestien se puisse esiouir en son Dieu et l'honorer, au lieu que les infidelles le déshonorent par leurs chansons mondaines et impudiques, 1 555 , petit in-32. (Collect. <lr

M. Henri Bordier. ) Celte pièce commence ainsi :

Nouuellement , ainsi qu'on a escrit,

A Rome est nay pour tout vray V Antéchrist ,

Et fut porté baptiser dignement,

En grand triomphe impérialement.

Premièrement , pour sage femme et bonne ,

Alloit deuant une vieille matrone,

Qui faire tout à sa mode présume ,

Et se nommoit, dit-on, dame Coustume.

Le parrain était Abus, suivi de Hérésie et Tyrannie, de dame Avarice et dame Simonie, des bourgeoises romaines

Que Von nommoit Traditions humaines.

La mère demandait qu'on appelât le nouveauné : Sainct Pere ; Hypocrisie, qu'on le nommât Pontife; et les parrains : Serf des seruiteurs ; Idolâtrie

Vouloit qu'il fust appelle Dieu en terre. Le prêtre, de nation gothique, lui donna le nom de Pape.

ductions du psaume cxxxin par le même auteur, et quatre qui font double emploi avec celle de Marot (cxiii de Del., cxv d'Adel et les deux cxxx de N. et A.), semble révéler chez l'éditeur l'intention de publier un recueil aussi complet que possible, qui toutefois ne contient point encore de liturgie et dont le caractère protestant ressort :

i° Du fait même de la publication de l'ouvrage, alors que le catholicisme avait, aux Pays-Bas, aussi bien qu'en France, sévèrement proscrit toute traduction quelconque de la Bible (1) ;

2° De la numérotation des pièces, conforme à l'ordre du Psautier hébraïque ;

3° De l'addition d'un timbre à dix psaumes (2), circonstance qui suppose un long et minutieux travail, visiblement entrepris en vue des besoins du culte réformé, et dénote une complète ignorance de la publication faite à Strasbourg deux années auparavant^.

A ne les considérer qu'au point de vue de la forme, la plupart de ces

M Voir les placards impériaux des 1 7 juillet 1627, 2 5 octobre 1629 et 22 septembre 1 5/io , apud Frossard , Chronique de V Eglise réformée de Lille, Paris, 1857, in-8°, p. i5->, 107 et 166. Voici un extrait du dernier :

« Que nul , de quelque sexe , nation , estât ou condition, ne s'auancbe doresnauant imprimer ou escripre, faire imprimer ou escripre, vendre, acbeter, distribuer, lire, garder, tenir soubs soy, ou receuoir, preschier, instruire, soutenir ou deffendre, communiquer ou disputer (publiquement ou secrètement) , ou tenir conuenticules ou assemblées, des liures, escriptures ou doctrines, ou aucunes d'icelles que ont fait ou faire pouroient ledit Marlin Lullier, Iobannes WieclefT, Iohannes Huss, Marsilius de Padua, Ecolampadius, Vlricus Zwyngli, Philippus Melanthon, Franciscus Lamberlus, Iohannes Pomeranus, Otto Brunfelsius, Iustus lonas, Iohannes Puperis et Gortianus, ou aultres acteurs de leur secte ou d'aultres sectes hérétiques erronées ou abusiues, reprouuées de l'Eglise, ny aussi les doctrines de leurs adherens, fauteurs et complices, ny les ï\ on veaux Testaments impr imés par Adrianus de Berghcs , Christophorus de Remanda et Iohannes Zel,. ..

ny semblablement le Nouueau Testament, ny les Evangiles, Epish-es, Prophecies ou autres liures en franchois ou tliiois ( flamand). . . .

«Oultre plus ordonnons et statuons pour edit et loy perpétuelle,. . . que nul ne s'auancbe de tenir ou permettre en sa maison ou autrement conuenticules ou assemblées, ne de communiquer ou disputer de la saincte Escripture, mesmement en matière doubliue et difficile, ou de lire à aultres ladite saincte Escripture, ou preschier; s'ils ne fussent théologiens approuvés, n etc.

(2) Le x de Marot se chantait sur Dont vient cela ? — le xlui de C. D., sur Iouyssance vous donneray; — le c d'Adel, sur Auanturiers de France; — le cvm de I. Faure, sur Emilie d'argent; — le cxill de Del., sur trois airs différents: Le cueur est mien, D'est re amoureux, Ce n'est pas trop ; — le cxx anonyme, sur Adieu tout solas plaisir et lyesse , Adam a regress.; — le cxxx de N., sur C'est vue dure departye; — le cxxx d'A., sur 1/ amour de tnoy, amy, souffrez; — le cxlii de D., sur Dueil , double dueil; — lecr, d'Adel, sur Voulez onyr chanson.

(t) Tandis que la révision d'Anvers se pro-

pièces méritent l'oubli dans lequel elles sont tombées; mais, au point de vue de l'histoire du Psautier, elles offrent quelque intérêt, et l'on nous saura gré de les faire brièvement connaître.

psalme cxx.

(Anonyme. P. Alexandre?)

Au Seigneur Dieu, pour recouurer lyesse Et deliurer mon eœur de sa tristesse, Fay hault cryé mon dueïl et ennuy :

Et mon Dieu m'a ouy.

Mon Seigneur Dieu, deliure donc mon ame D'inique bec et de la langue infâme , Qui par leur dol, mensonge et faulseté, Causent malheur été, etc.

(Cl. Grolier.)

Princes et Roys (sans excepter nul ange), A F Eternel rendez gloire et louange, Becognoissans sa puissance en tous lieux, etc.

PSALME XLIH.

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