CD
luge moy, mon Dieu, mon Sauueur.
Discerne ma cause et mon pleur De la gent hypocrite et feincte.
Oste moy de l'homme pécheur.
Plein d'iniquité et d'erreur, Qui contredict à ta Loy saine te.
Tu es ma force et ma vertu, Helas , pourquoy me laisse tu , Et pourquoy triste ie chemine , Quand tes ennemys as vaincu. Par ton bras qui est mon escu?
Sans toy Tennemy me termine.
page au loin el, gagne Strasbourg, même avanl d'avoir été imprimée, puis Metz, Genève, etc. , le recueil primitif de Strasbourg, au contraire, n'a point encore pénétré à Anvers en i5/it.
Ainsi, les paroles et la musique du Psautier furent d'abord le résultat d'efforts isolés et tout personnels, tentés en divers lieux presque en même temps.
Enuoye ta lumière et clarté.
Qui sont ta saincte vérité,
lcelle me conduise et meine
Où tu habite en saincleté,
Tabernacle de deité,
La haut en ta saincte montagne W, etc.
(Adel.)
Tous habitans du monde,
Faictes triomphe à Dieu ;
Joyeux sans cœur immonde,
Seruez luy en tout lieu,
Vous presentans dehaitz ^
Vers luy pour vos souhaitz (3), etc.
(Del.)
Louez, enfans, le Seigneur sans gaudir Louez son nom, lequel il vous reuelle ; A luy chantez soutient chanson nouuelle , Faisant par tout son honneur redonder, oie.
PSALME cxv.
(Adel (*>,.)
Non pas à nous, non pas, Seigneur, Mais à ton nom donne l' honneur!
m Cette traduction figure aussi page 07 du Recueil de plusieurs rJiansons spirituelles . . . publié en i555, sine loeo, petit in-3>2 (collecl. de M. Henri Bordier), et dans les Chansons spirituelles de 1.5G9, p. 65. (Bibl. de l'Arsenal.)
(2) Avec plaisir.
(3) Ce psaume se trouve aussi page 160 du Recueil qui vient d'être cité.
(4) Sans moquerie.
(5) 'Après avoir comparé cette traduction avec celle de Marot que nous allons transcrire, tous les lecteurs, pensons-nous, seront unanimes à reconnaître l'éclatante supériorité de Marot, supériorité telle qu'elle exclut l'idée (pie Adol ail pu écrire ce morceau après avoii
vu celui de Marot; ils reconnaîtront , en outre, que les deux traductions sont dans un étroit rapport de parenté et que l'uni1 a servi de modèle à l'autre, qui lui a emprunté bien des tournures, des expressions et des rimes. Nous n'hésitons pas à croire que Marot avait, en écrivant, le morceau d'Adel sous les yeux.
pseai me cxv.
(Marot, i5/i3.)
\on point à nous, non point ànous , Seigneur, Mais à ton nom donne gloire et honneur, Pour ta grand bonté seure.
Pourquoy, diroi/ent les /;entz en se moquant : Où est ce Dieu qn'ilz vont tant inuoquant? Oii rxl-il à cette heure ?
A cause de tant de bonté Qui est en toy et vérité.
Pourquoy, dit le peuple gentil M :
Leur Dieu maintenant où est-il?
N'est-ce point se moquer de Dieu, Régnant tousiours et en tout lieu?
Certes nostre Dieu aux deux est.
Toutes choses quil veult il fait !
Leurs ydoles, or et argent Sont, et œuures des mains de gent.
Hz ont bouches, sans point parler, Et ont des yeux, sans regarder.
Ils ont aureilles sans riens ouyr.
Hz ont des nez sans riens sentir.
Hz ont mains et ne touchent pas ; Et de leurs piedz ne font nul pas ; N'en leur gosier peuuent sonner; Brief, ne faire, dire, penser.
Semblables à eux seront faictz Qui les auront forgez et faictz.
Et qui en eux fiance auront Finalement perdus seront. Aye ton espoir, Israël, Au seul Seigneur Dieu éternel,
Certainement nostre Dieu tout perfait Réside aux deux , et de là haut il fait Tout ce qu'il veut en somme.
Mais ce qu'adore vne si maie gent, Idoles sont, faites d'or et d'argent, Ouurage de main d'homme.
Bouche elles ont, sans parler ne mouuoir; Elles ont yeux , et ne sauroient rien voir, C'est vne chose morte.
Oreilles ont , et ne sauroient ouir, Elles ont nez , et ne sauroient iouir D'odeur douce ne forte.
Elles ont mains , ne pouuans rien toucher ; Elles ont piez, et ne sayuent marcher ; Gosier, et point ne crient.
W Païen.
Tels et pareils sont tous ceux qui les font, Et ceux lesquels à leur recours s'en vont, Et tous ceux qui s'y fient.
Toy, Israël, arreste ton espoir Sur le Seigneur, c'est ta force et pouuoir, Bouclier et saune garde.
Maison d'Aron arreste ton espoir Sur le Seignenr, c'est ta force et pouuoir, Lequel te sauue et garde.
Vous, craignans Dieu, arrestez vostre espo Sur tel Seigneur ; car c'est vostre pouuoir Sous qui l'ennemi tremble.
Le Seigneur Dieu de nous souuenir a ; Plus que iamais Israël bénira , Les fils d'Aron ensemble, etc.
A de! n'a pas traduit le reste.
Et toy, la lignée d'Aron; Car cest là Tayde et Vescusson.
Vous qui le hault Seigneur craigne:
Au Seigneur espérance ai/c:.
Car cest luy seul au est le confort De tous les siens et: le support.
(CL L'Esc.)
Vous, peuples et lignées, Gens de toutes contrées.
En grand deuotion Merciez le Seigneur, Sur tous autres greignem Par toute nation, etc.
Heureuse est la personne qui bien craint le Seigneur, Cheminant en ses voies, luy semant de bon cœur. Garde bien pour ta vie desrober la sueur ITautruy, par tromperie, par force ou par rigueur, etc.
A. (Pierre Alexandre ?)
De ceste abysme tant profonde , A toy ie crie, mon Seigneur, Affin que mon humble clameur Iusque la sus vers toi redonde , etc.
PSALME CXXX
A toy, Seigneur, sans cesser crie, Et du plus profond de mon cœur.
Escoute ma voix, ie te prie, Et veuille entendre à ma clameur, etc.
(,) Morceau reproduit pages 29 et i5l du Recueil de i555, et page 69 des Chansons spirituelles de 1 569
PSALflTE nxwin.
( Adel.)
C'est grand vision Et belle action, Voir, à mon semblant.
Paix et union Pfvne opinion Frères assemblant,
Cest comme oisnement Précieusement Coulant au menton Et au vestement D'Aron, tellement Qu'aux Pmjs lui fait-on.
Et comme arrousant Rousée au plaisant Champ dessus Hermon, Et Zion luysant , Ainsi Dieu faisant Plus qu'en autre mont.
PSALME GXXXIII.
( Antre traduction d'Adel. )
Que cest chose bonne, ïo yeuse et mignonne A voir, si me semble.
En vue couronne Paisible et consonne, Les frères ensemble.
C'est comme le baume Dont à pleine paulme , Du chief au visage Et robbe, on en baume Aron, chantant pseaulme.
Et Roy par vsage,
Et comme rousée Sur l'herbe tosée 1 En Hermon a mise, Et Zion prisée, Où Dieu sa visée Tousiours a promise.
Vers V Eternel, des oppressez le pere,
le m en iray, lui monstrant Vimpropere ^
Que Von me faict, luyferay ma prière
A haulte voix, quil ne iette en arrière
Mes piteux cris, car en luy seul ï espère, etc.
PSALME cvm.
( I. Faure.)
0 Dieu, mon cœur pour toy, comme doibz croire, Est préparé; pour ce ne me taira y.
Mais ie diray psalmes , et chanteray, Car aussi bien tu es ma seule gloyre.
Psaltcrion et toy, harpe, resueille,
Resueille-toy , car sans faire seiour
Mesueilleray à Paubete du iour,
Pour louer Dieu; plus ne fault quon sommeille, etc.
(Adel.)
Louez Dieu en tout territoyre,
Cest lEteimel.
Pour son sainct lieu et vieux soit gloyre.
Vray paternel Amour nous porte El bien apporte
W Tondue.
W Déshonneur, affliction.
M II n'y a pas l'ombre île ce refrain dans 'original.
Sus louez-le pour sa puissance,
C'est r Eternel, El pour sa grand magnificence.
I ray paternel, elc.
Tous ces psaumes, sauf deux (cxv et cxlii), paraissent calqués sur la Vulgate, dont ils portent l'indubitable empreinte qui les fit repousser par l'Eglise réformée :
Dans le cxx, Inique bec et dol = habits iniquis et lingua dolosa.
Dans le cxtit, Louez, enfans, le Seigneur .== Laudate, pueri, Dominum; l'hébreu
porte : Esclaves de Dieu, louez.
Dans le cxxxiu, Cest comme oignement = Sicut unguentum. Dans le xliji, Discerne ma cause— Discerne causant meam.
Et pourquoy triste ie chemine — Et quare tristis incedo.
En revanche, le cxv suit l'hébreu, sans souci de la Vulgate:
Aye ton espoir, Israël— Domus Israël speravit.
Vous qui le hault Seigneur craignez = Qui tinrent Dominum.
Il en est de même du cxlii, qui débute par deux verbes au futur, lesquels sont au prétérit dans la Vulgate.
Si l'on en excepte quatre (cxlii, cxxviii, xxix et cxx), dont la versification est facile et coulante, ces pièces ne sont que d'informes ébauches. Les archaïsmes qu'on y rencontre : malheur été , dehaitz, greigneur, iusque là sus vers toy, tosée, impropere, aubete du tour, ne dénotent pas une époque antérieure à Marot, et ne. nous apprennent rien sur la date de leur composition.
Elles ont dû être écrites plusieurs années avant l'impression du recueil d'Anvers, alors que les premiers essais de Marot, passant de main en main, charmaient tous les esprits, éveillaient toutes les ambitions poétiques.
Dès qu'il eut donné l'élan, tous les rimeurs se précipitèrent sur les psaumes; mais sa supériorité fut aussitôt reconnue et si bien établie, qu'il ne craignit pas de faire des emprunts au psaume cxv d'Adel. Ses
rivaux, au contraire, semblent s'être inclinés devant lui, et avant i58o (1) on n'osa retraduire, au moins pour le public, les morceaux qui portaient la signature du maître.
L'admiration qu'ils inspiraient n'était cependant pas sans réserve, même parmi quelques-uns de ceux qui en désiraient le plus vivement la publication; car il se trouva un éditeur qui oui l'originalité, passable ment présompteuse, de vouloir améliorer l'œuvre du prince des poètes. Les corrections qu'il lui tit subir sont considérables; on en jugera par les principales des huit premiers psaumes f2).
PS A LSI E I.
( Edition originale. Paris, i5Aa.) (Edition d'Anvers, ibki.)
Sy quvng tel homme, et tout ce qu'il fera . Touiours heureux et prospère sera.
Pourquoy sera leur cause rentier sée En hivernent, et tous ces reprouuez Au reng des bons ne seront point trouuez.
Car F Eternel les iustes congnoist bien, Et est soigneux et iFeulx et de leur bien. Pourtant auront félicité tresprompte; Et pour autant au il ne tient aucun compte ;v Des mal viuans, le chemin au Hz tiendront, Eux et leurs faietz en ruine viendront.
Mais tout cela au il iette et qud produit ! Prospère et rend, encores aultre fruit.
Par quoi) sera la cause reboutée
Des gens sans loi] au ingénient de Dieu .
\ yau ranc des bons les mauuais n'auront lieu.
Car le chemin des bons est approuvé Du Seigneur Dieu, qui tousiours Fa trouué Droict et vni, car on ne s y fouruoye; Mais des malings la trop oblicque voye Et tous ceux la qui par icelle iront Pour tout iamais durement périront.
(1) Il y eut peut-être de rares exceptions: nous n'en connaissons que trois, savoir: les sept psaumes pénitenliels de Pierre Gringoire, quelques autres psaumes dont Calvin parle à Viret dans une lettre de îo'io, sans dire s'ils étaient imprimés, et. celle traduction anonyme du psaume i , que nous trouvons dans les Chansons spirituelles do 1 069 :
Combien sera ïliomme fidèle heureux Qui n'est allé au conseil ni aux rang», Si assisté auee les malheureux .
Ainsi qu'ont fait plusieurs docteurs errant , Qui se sont mis au rang des ignorant,
lit assis sur leur chaire pestileute , Pour impugner la vérité patente , etc.
Nous devons des remercîments à M. Henrj Lutterotli , qui a collationné sur son exemplaire d'Anvers la copie partielle que nous lui avons envoyée de l'édition de Paris avec les variantes de L'édition pseudo-romaine de l5&3, presque absolument identique à celle d'Anvers, sauf l'orthographe.
M Édition dk 1 5 '1 3 :
qui dure ;
FA puni autant qu'il n'ha ne BOtifg ne cure.
Dis ans (entre eulx) : Desrompons et brisons Tous les lyens dont lyer nous prétendent; Au loing de nous gectons et mesprisons Le ioug lequel mettre sus nous s'attendent. . . .
Lors s'il luy plaist, parler à eulx viendra En son courroux plus qu'autre espouentable , Et tous ensemble estonnez les rendra, En sa fureur terrible et redoutable . . . .
Et ie, qui suis le roy qui luy ay pieu, Racompteray que mon seigneur et pere^r> M'a dict : Tu es mon trescher fdz esleu , Engendré t'ay auiourd'huy et sans mere. . . .
Maintenant donc , o vous et roy s et princes , Plus entenduz et saiges deuenez ; luges aussi de terres et prouinces , Instruction à ceste heure prenez.
Du Seigneur Dieu seruiteurs rendez-vous, Craignez son ire, et lui veuillez complaire, Et d'estre à luy vous resiouissez tous, Ai/ans tousiours crainte de lui desplaire. . . .
Car tout à coup son courroux rigoureux S'embrasera, qu'on ne s'en donra garde.
O combien lors ceulx la seront heureux Qui se seront mis en sa sauuegarde.