E II
Disans : Rompons les liens de tous deux, lettons leur ioug, iettons toute leur charge Au loing de nous, qu auons-nous faire d'eux, Ny de la loy que l'vn et l'autre encharge?
Ce neantmoins quand bon luy semblera Les tensera de parolle en son ire , Leur entreprise et eulx il troubhra En sa fureur, et si leur viendra dire :
Prononcer ay sa sentence donnée,
C'est qu'il m'a dict : Tu es mon jilz esleu ,
Engendré l'ay ^ ceste heureuse iournée.
Or donques roy s, auant que telz déluges Tumbent sus vous, entendans deuenez.
Et vous aussi qui de terre estes iuges
de bonne heure
Du seul Seigneur soyez vrais inuocqueurs, Et le seruez le craignans sans contraincte, D'estre des siens portez ioye en vos cœurs , Ayans tousiours de lui desplaire craincte.
S'embrasera et ne sauez le terme; Lors sentirez de combien sont heureux Ceux qui en luy ont confiance ferme.
Qui de bujfes renuerses Mes ennemis mordentz, Et qui leur romps les dentz En leur bouches peruerses ,3' .
mordans ,
dens.
Et leurs gœulles ouuerles ^.
W Edition de îhU'ô :
Racompteray sa sentence donnée,
C'est qu'il m'a dict : Tu es mon jilz esleu
Engendré t'ay reste heureuse iournée.
^ Édit. pseudo-iîom. et Genève îaia : t'ay.
W Edition de i 5A3 :
En leurs gueules peruerses.
W Edition de Genève i 5 6 2 : peruerses.
Iusque à quand, ducs et capitaines [[\ Ma gloire abattre tascherez?
Iusques à quand emprises vaines.
Sans fruict et d' abusions plaines , Aymerez-vous et cercherez?
Scachez, puisqu'il le conuient dire, Que Dieu pour son roy gracieux Entre tous m'a voulu eslire, Et, si à luy crie et souspire, Il m'entendra de ses haulx cieulx.
Craignez-le donc sur toute chose ^\ Sans plus contre son vueil pécher ; Pensez en vous ce que propose , Dessus vos lictz en chambre close, Et cessez de plus me fascher.
Puis offrez iuste sacrifice De cueur contrit bien humblement , Pour repentance d'vng tel vice, Mettant au Seigneur Dieu propice Voz fiances entièrement.
Plusieurs gens disent : Qui sera-ce Qui force biens nous fera veoir?
Et crient: Seigneur, par ta grâce, Espands la clarté de ta face Dessus nous, fais-nous en auoir^.
Mais plus de ioye m'est donnée, Me fiant en toy, Dieu treshault, Que n'ont ceulx qui ont grande année De froment et bonne vinée , D'huyles et tout ce qu'il leur fault.