ÉDITION DE GENEVE
. . . Santé donques me donne; Car mon grand mal estonne Tous mes oz et mes sens.
Et mon esjirit se trouble Grandement , et au double, En exlresme soucy ....
Toute nuict tant trauaille Que lit, chalit et paille En pleurs ie faiz noyer ; Et en eau goutte à goutte S'en va ma couche toute, Par si fort larmoyer.
Mon œil pleurant sans cesse
De despit et destresse
En vn grand trouble est mis;
Il est cnuieilly d'ire,
De veoir entour moy rire
Mes plus grans ennemis.
Je ne sais si je m'abuse, mais il me semble qu'en sortant de chez Calvin maître Clément devait respirer plus à l'aise, et que, s'il rencontrait *alors quelqu'un de ses anciens amis avec lesquels il retrouvait son franc parler, il devait laisser échapper quelques mots énergiques contre la contrainte perpétuelle qu'il lui fallait subir, et ne ménageait guère le redoutable tribunal dont on n'osait parler qu'à demi-voix, de peur d'être dénoncé. Il sévissait alors contre les croyances catholiques, qui n'étaient point encore entièrement déracinées, contre les ex-voto, les observateurs du carême et de certains jours fériés en l'honneur des saints, contre les semi-pélagicns qui fondaient leur espérance du salut sur les bonnes œuvres autant que sur la miséricorde divine, contre les pratiques superstitieuses à l'aide desquelles on prétendait opérer des guérisôns, contre les violateurs du sabbat, entre autres le pâtissier Roland, qui, le dimanche, laissait jouer chez lui aux cartes et aux quilles, et contre les indifférents qui n'assistaient pas à tous les cultes du dimanche et de la semaine, et ne communiaient pas régulièrement.
Entre Marot, qui ne voulait point être dominé, et Calvin, qui ne souffrait point de résistance, il ne pouvait s'établir ni véritable intimité, ni affection, mais seulement ces relations froides et polies, un peu contraintes, où il entre plus de respect que de sympathie; aussi, chose digne de remarque, n'ont-ils parlé l'un de l'autre ni en bien ni en mal dans leurs écrits Bien que Marot ne fût point hérétique, comme Servet ou Castalion, Calvin dut bientôt deviner et sentir en lui un adversaire, c'est-à-dire une conscience inflexible qu'on ne pouvait maîtriser (2). Une double opposition s'était formée contre sa législation à la fois civile et religieuse : celle des Libertins et celle des esprits qui tendaient secrètement à l'hétérodoxie. Les Libertins étaient d'ardents patriotes qui, après avoir chassé l'évêque de
(l> Le nom de Calvin ne se trouve pas dans les œuvres de Marot, et celui de Marot n'est cité que deux fois par Calvin, dans ses lettres à Viret de la fin de 1 54 a et du 1 5 mars 1 545.
('2) C'est peut-être ce qui explique l'injustice dont il se rendit coupahle a son égard. Nonseulement il n'a point accordé au traducteur des psaumes les éloges qu'il méritait, et ne Un a point témoigné la gratitude de l'Eglise; mais il semble avoir voulu laisser ignorer qim
le poêle avait fait à l'Evangile le sacrifice de sa vie : il ne l'a pas même nommé dans la préface du Psautier. Il en usera tout autrement envers les pauvres rimes de Théodore de Bèze, qui ne courait pas l'ombre d'un danger en achevant l'œuvre de Marot. Marot, qui avait senti le coup, Le rendit, en n'insérant pas la prélace de Calvin dans ses Cinquante psaumes sans musique, qui parurent à la fin d'août OU m septembre i .Vi3.
Genève, leur tyran, trouvaient fort mauvais que certains Français fussent venus les régenter et leur imposer la plus dure des disciplines; ils voulaient être libres et ne reconnaissaient à personne le droit de s'enquérir de leur conduite peu évaugélique (1). A côté d'eux, des hommes religieux et de mœurs véritablement chrétiennes se permettaient d'apprécier et de juger les doctrines calvinistes, de les trouver étroites, exagérées; ils demandaient la liberté de comprendre l'Evangile autrement que Calvin, et ne faisaient point comme les autres une guerre ouverte et implacable au réformateur; ils ne se prononcèrent énergiquement contre lui que lors du supplice de Servet.
La manière de vivre des Libertins, riches et enclins à la débauche, ne pouvait convenir au pauvre père de famille qui avait, l'un des premiers en France, arboré l'étendard de la Réforme, et qui avait déjà tant souffert pour sa foi; cependant il était l'allié naturel de quiconque réclamait la liberté dans tous les domaines. Aussi fréquentait-il le grand citoyen Bonivard (2), qui, sans tomber dans l'immoralité, se montrait plus que personne rebelle aux lois ecclésiastiques. Il était également en relation d'amitié avec le pasteur Eustorg de Beaulieu (3), dont l'orthodoxie n'était sans doute pas intraitable, puisqu'il paraît avoir été l'ami de Bonivard et de Malingre (4) ; avec les pasteurs de Genève, Megret et Champereaux, qui furent destitués
(l) C'est tout à fait gratuitement qu'on a rangé Marot parmi eux.
«Les Libertins représentaient alors ce qu'on appellerait aujourd'hui le parti philosophique, si ce nom n'était trop sérieux pour des attaques qui se dérobaient la plupart du temps sous le voile de la raillerie. De ce parti furent Cl. Marot, Rabelais, Bonaventure Des Perriers, etc. ; une communauté d'attaques confondit dans les premiers temps les Libertins et les protestants; mais bientôt ils se séparèrent, et la haine devint violente de part et d'Autre, surtout du côté des réformés.» (Revue chrétienne , V 111 , 256.)
^ Voir la Galerie suisse, Biographies nationales, Lausanne, G. Bridel, 1873, tome I.
(3) Poëte, musicien, organiste, comédien, prêtre, et enfin pasteur à Genève, De Beaulieu est peut-être le seul poëte du temps qu'on puisse comparer à Marot. Il a fait des épîlres de VAsne au Coq et réprouve, dans la Clwestiennc
resiouissance (s. 1. [Basle], 18 août 1 56 6 , petit in-8°, exemplaire unique, au duc d'Aumale, apud Techener, Bulletin du bibliophile, 1867, page 656), les pièces qu'il avait faites à l'imitation du beau tetin de Marot.
Deux d'entre elles sont si ordurières qu'on n'en peut même citer les titres :
Quand me souuient de sept blasons lubriques
Qu'au liure dict Blasons anathomiques ,
le mis iadis, etc.
On trouve, dans la seconde partie de la Chrestienne resiouissance , des anagrammes sur les noms de François de Bonivard, de C. Malingre et de Marguerite de Bourbon, tante de Henri IV.
(*) Il suffit de lire l'épître de Malingre à Marot, pour s'assurer que l'auteur était homme du monde au moins autant que calviniste; il plaisante longuement, ce que n'eût pas fait Calvin.
pour crime de tolérance , aussi bien qu'avec Trepperaux , suspendu du ministère en i 544 pour une partie de cartes (,), et avec les autres esprits plus ou moins émancipés qui gémissaient sous le joug.
Les questions dogmatiques furent souvent agitées en présence de Marot; on ne parlait d'autre chose à Genève au mois de juin, quand Calvin se rendit à Strasbourg, dans le dessein d'aller tenir tête à Caroli, qui, rentré dans le catholicisme, tonnait contre lui à Metz ; il en avait été de même le mois précédent, lorsque, tous les collègues de Calvin refusant de marcher à une mort presque certaine, Castalion, régent du collège, s'était offert pour être pasteur des pestiférés, et avait été repoussé pour le seul motif d'hérésie. On ne peut guère douter que l'apôtre de la tolérance et Marot, tous deux si Français et si bien faits pour s'entendre, se soient rencontrés chez quelque ami commun, qui invitait le poète à lire devant une société choisie un psaume ou d'autres rimes nouvellement écloses. 11 y avait entre ces hommes d'élite, ces cœurs ardents et pieux, entièrement dévoués à la cause évangélique, bien des affinités qui se traduisent par la ressemblance de leurs destinées. Admis à Strasbourg dans la plus étroite intimité de Calvin , qui appréciait son grand savoir, Castalion suivit son ami rappelé à Genève. Là, mécontent de la Bible de Lefèvre et de celle d'Olivetan revue par le réformateur, Castalion se mit à traduire en français ic Nouveau Testament, et sa traduction fut jugée par Calvin avec une extrême sévérité (2). Puis Castalion, prenant au sérieux le devoir de se faire des convictions personnelles, rejetant le Cantique des cantiques, la descente aux enfers, la prédestination, dut quitter Genève peu après Marot, pour aller mourir de faim à Baie (3), où le poursuivirent les calomnies de Calvin et de ses acolytes.
A Castalion et à Marot il fallait la liberté; à l'un, celle de la vie privée
O Epistre de Malingre, et Galifle, Nouvelle» pages d'histoire exacte, soit le procès de Pierre Ameaux, etc. Genève, Vancy, i863, in -6°.
(2) «A l'endroit on il est dit : L'esprit de Dieu qui habile en nous , Castalion a mis : qui liante en nous, quoique ce dernier mot ait une bien autre signification en français. Celte seule bévue suffirait à déshonorer un livre. Je dévore en silence de pareilles inepties. n (Lettre de Calvin à Viret, du 3 des ides de septembre 1 54a, apud Bulletin, a° série, lï, &70.)
(3) «D'une atrophie , suite de la misère, ainsi que l'attestent Montaigne et Scaliger.» (La France protestante.)
«l'entends, auecques vne grande honte de nostre siècle, dit Montaigne (lissais, liv. 1, chap. xxxiv), qu'à nostre veue deux tresexcellents personnages en scauoir sont morts en estai de n'auoir pas leur saoul à manger, Liiius Gre gorius Giraldus, en Italie, et Sebastianus Gastalio, en Allt'inaigne.^
et de l'imagination; à l'autre, esprit plus vaste et profond, celle de la pensée, de l'hérésie; à tous deux, la tolérance. L'un quitte Genève pour protester contre la tyrannie disciplinaire, l'autre, pour protester contre le despotisme dogmatique, en attendant qu'il fasse entendre son immortelle protestation contre le supplice de Scrvet , qui déshonora Calvin et la Réforme,
Un troisième, Bourgeois, que M. Bovet a justement surnommé le Palissy de la musique, quittera aussi Genève plus tard pour protester a son tour au nom de l'art, que Calvin voulait enchaîner comme toutes les autres manifestations du libre génie de la Benaissance. Que ne donnerait-on pas pour obtenir quelque renseignement sur les rapports du poète arrivant de la cour avec l'artiste parisien? Qu'ils se fussent ou non connus à Paris, ils furent naturellement amis; n'étaient- ils pas coreligionnaires, victimes du même rigorisme calviniste, et, en outre, collaborateurs également distingués? Le librettiste, musicien amateur et compositeur à l'occasion, était-il entièrement satisfait de la mélodie des Trente psaumes, a-t-il mêlé sa belle voix aux chœurs à quatre parties des psaumes de Bourgeois ? Ne l'a— t— il point aidé, au moins de ses conseils, dans la composition des mélodies des vingt nouveaux psaumes, dont quelques-unes furent évidemment écrites durant son séjour à Genève? Il a même fait plus; car, ainsi qu'on le verra plus loin, le psaume cxxxvin est encore aujourd'hui chanté sur l'air que Marot avait mis à l'un de ses noëls.
Déjà après le mois d'août, lors de l'apparition des Cinquante pseaumes sans musique, opuscule qui contenait la Salutation angékque ou Ave Maria, une vive discussion avait dû s'élever entre Calvin et Marot.
Catholiques et protestants s'obstinaient alors à ne voir que leurs doctrines particulières dans les saintes Ecritures, qu'ils étendaient sur le lit de Procustc de leurs préjugés. Il suffisait que les uns glorifiassent Marie et tendissent à la déifier, comme elle l'est aujourd'hui, pour que les autres glissassent sur Y Ave Maria et le fissent disparaître du Psautier On lit dans les registres du consistoire, à la date du 16 juin (2) : rcLes ministres et magisters se chargent d'enseigner le chant des psaumes aux enfans. — Les pseaumes de Dauid sont imprimés avec les prières de l'Eglise, mais parce qu'il est fait mention en iceulx de la Salutation angelique , résolu
(l) Voir des fails du même genre dans nos veau Testament. — ® Henry, DasLebenJ. (mI Altération* catholiques et protestantes du Non- vins, Hamburg, t838, If, 160.
quelle soil ostée l". m Marot, esprit laïque, étranger ou supérieur aux passions théolôgiques, ayant fait réimprimer la pièce interdite à la suite de ses Cinquante pseaulmes , sans se soucier du décret consistorial, Calvin dut crier à la révolte et ne trouver aucune bonne réponse à cette réplique du poète : «Pourquoi supprimer cette partie des saintes Ecritures? N'est-elle pas divinement inspirée aussi bien que toutes les autres? L'autorité du consistoire est-elle donc supérieure à celle de la parole de Dieu??? Marot finit sans doute par plier; car quelques mois après, le 1 5 octobre, Calvin offrit au conseil de le faire travailler aux psaumes. Nous croyons que cette date indique le moment où Calvin demanda un traitement pour le traducteur, auquel il voulait faire traduire les cent psaumes qui ne l'étaient pas encore; mais, suivant M. Bovet, le conseil refusa la subvention demandée (2). Cette impardonnable lésincrie, qui privait le poëte de son gagne-pain , l'empêcha de poursuivre son œuvre et fut l'une des causes qui lui firent quitter Genève. On ne peut s'empêcher de se demander, à ce propos, si Calvin n'eût pu vaincre la résistance du conseil, comme il fit dans l'affaire de Servet.
Accoutumé à ne prendre pour juge de ses actions que sa propre conscience, Marot, qui croyait avec raison ne commettre ni un crime ni même une peccadille en jouant parfois avec ses amis se permit peu après au moins une partie de trictrac avec Bonivard. De là grand émoi et scandale^, Bonivard, dénoncé, fut cité devant le consistoire. Nous transcrivons la page des registres relative à ce méfait, pour lequel Marot ne fut pas directement mis en cause :
JEU DE DÉS ENTRE BONIVARD ET CLEMENT MAROT, SUPPOSE PAR ERREUR UN MINISTRE.
Du 18 décembre 1 563. Tyvcnl Mathé, tissotier, de Chollcx; a dix sept ans qu'il es( en ceste ville, et ne fréquente point les sermons; respond qu'il va aux sermons les
(1) On retrouve cependant la Salutation dans «{uelques Psautiers imprimés en France, notamment dans les Cinquante pseaulmes do Lyon f5&9, chez les Beringen, et dans ceux de Paris i55o, pour la veuve Maurice de la Porte.
^ Histoire du Psautier, p. 20.
W II s'exprime ainsi , dans VEpigi amme uv :
Car, n'en desplaise à la mélancolie, Soy resioidr n'est pèche mj folie.
Sinon à ffens de maie intention.
(,) L'ordonnance de février i53g portail: "Que personne n'ait à jouer à or ni argent en sorte que ce soit, sus la poinne de cinq sols pour une chacune fois.» (Améd. Roget, Histoire du peuple de Génère, [, 1 'i5.)
k\U M A ROT À GENÈVE.
dymanches et non les aultres jours, car il luy fault gagner la vie de deux bessons et de deux aultres petis enfans qu'il az; et qu'il y a cinq semaines qu'il ne joyaz point, et la dernière foys qu'il joya se fust dernier (derrière) la tour de l'escolle, et qu'il ne dit pas que jamays en joyant il n'eut dit qu'il pouvoit bien joyer quant les prédicants joyoient bien aux déz, et dit qu'il (y) avoit ung pre'dicant d'Orléans que avoyt joyé cinq sols pour ung partie avec M. Saint Victeur (Bonivard), et qu'il n'a pas ditz qu'il fust prédicant de ceste ville; az ditz que le prédicant demandoit les cartes, et qu'il n'a ditz jamais que se fust un prédicant de Genève; que la femme de Domi Hugonin disoyt que c'estoit ung prédicant vestu d'une robbe longue et portant son baston en son flanc , et se il sçavet lequel prédicant de Genève il le diroyt quant bien fust M. Calvin ou l'ung des aultres. Venu sa confession, qu'on demande Domi Hugonin et sa femme et Mos1 de Saint Victeur.
Du 20 décembre. Nob. Françoys Bonivard seigneur de Saint Victeur; à cause de certains jeulx tenus chez M. Hugoneri. Il dit vray qu'il a joyé aux dames avec les aultres fort publiquement, ni a pas entendu qu'on aye deffendu le jeu des déz; et est estrangier et a joyé avec gens de bien; et qu'il respondra se on veult escripre contre luy: et qu'il ne joya jamais avec un prescheur de la parolle de Dieu , et a respondu pour ce qu'il joya et que c'est un peu dépasser le temps de sa vieillesse; il n'a point joyé avec prédicant quelqu'il soit ny dedans ni dehors.
Messire Jehan Hugoneri ne scet pourquoi. — A cause des cartes de certains prédicants. Bespond que celluy qui dit cela ne scet pas la vérité; et ne veult point taverner, et une fois Mosr de Sainct Victeur joya, et sa femme (dudit Hugoneri) alla querre une table, et n'avoyent point de déz, et n'ont jamais joyé qu'avec gens de bien, et il y a cinq ou six ans qu'il n'a point tenu de jeulx. Dit estre fort ignorant de cela, qu il y a quelque temps Maistre Clément Marot il joya et n'ont point joyé que au trictrac, et que il n'az point vehu joyer de prédicant ni de la ville ny de dehors.
Marie femme de Messire Hugoneri respond qu'elle ne vit jamais joyer en leur mayson ny cartes ny déz ; dempuis ung mois en sa des gens de bien vinrent cheus eulx pour supper et n'estoit pas prest; alla querre une table, et que il n'a point joyé de prédicant en leur mayson, et que Chollex alla avec elle querre les déz, et n'estoit que le seigneur Curtel et Clément Marot, et fust ceste nuyct que Tyvent Chollex estoyt en leur mayson lequel alla querre les déz avec elle pour joyer, avec un quarteron de vin. (Cramer, Extraits des registres du consistoire, p. i5.)
Marot, très-probablement menacé de comparaître à son tour, et préférant la misère avec la liberté à la misère accompagnée de l'esclavage, prit aussitôt le parti de s'éloigner d'un sol détesté, et retourna en Savoie, au risque d'y retomber dans la même détresse que l'année précédente.
Blessés de ce départ, qui allait avoir du retentissement, les calvinistes rigides le furent bien plus encore d'une seule mais énergique épithète que Marot leur décocha; ce fut son crime irrémissible. Ce qui était pour Calvin la véritable cité de Dieu, l'asile des saints destinés à régénérer le monde, cette forte école des martyrs, Marot l'appelle simplement un enfer, faisanl une allusion transparente aux prisons du Châtelet où il avait été détenu, et qui lui avaient inspiré l'Enfer. En juillet, il avait demandé aux magistrats la permission de réimprimer cette pièce, qu'il intitula : L'Enfer de Paris; l'addition des mots : de Paris, indiquait déjà suffisamment qu'il n'avait pas trouvé un paradis à Genève. Voici l'épigramme vengeresse :