‹ Clément Marot, vaudeville-anecdotique en un acteChapitre 10 sur 24 · SCÈNE V L RABELAIS, BOUCHARD · texte numérisé non relu

SCÈNE V L RABELAIS, BOUCHARD

RABELAIS^ en entrant , sans voir Bouchardé

u est-il , où est-il , ce cher ami, que je l'embrasse? ( S' arrêtant a la vue dit Bouchard : ) Ah, c*esî vous , M. Bouchard l

BOUCHARD

Eh ! bon jour ^ M. Rabelais , enchanté de vous voir»

RABELAIS

Qui diable vous croyait ici?

BOUCHARD

J*ai , ce matîn, appris le retour de notre ami, et je venais le complimenter.

RABELAIS

Il vous saura grë de l'attention.

BOUCHARD

Sur-tout quand il apprendra quM doit, en grande partie, son rappel à mes vives s(»llicirations. RABELAIS.

A vos sollicitations ? Eh bien , voilà de ces choses qui me passent.

Pouvais-je faire moins pour un ami î

RABELAIS

Votre ami I je ne m'en serais pas douté, d'honneur.

BOUCHARD

C'est pourtant ainsi

RABELAIS

Air: Cet arbre apporté de Provence^

Eh ! mais je commence à le croire j

Je raisonnais imprudemment.

Un trait qui s'offre à ma mémoire,

Le prouve incontestablement: ^ .

Un ami vrai, dit-on, châtie 5

Or , vous Têtes assurément •

Car c'est à vous, je le parie,

Qu'il doit son dernier châtiment.

BOUCHARD

Quoi ! vous croyez?. ....

RABELAIS

Que vous n'avez pas nui, si n*avez contribué beau-* coup à le faire exiier à Ferrare, et qu'à présent encore^ vous cherchez à lui rendre pareil ou pire service.

Si je n'étais fort de ma conscience. ...

RABELAIS

Ne prononcez donc p3s ce mot-là.

Il est bien étonnant, M. Rabelris , que vous m'osiez tenir un puéil langage. Croyez-vous qu'on au oublié lordurier Pantagruel et Tindécenr Gargantua !

RABELAIS

Mais j'espère bien, pnrbleu , qu'on ne les oubliera jamais. Pantagruel t-t Garginiua, ce sont mes brevets d'immortalité.

B O U C H A R Do

Vous l'aurez acquise à peu de frais.

RABELAIS

Il n'y a que les sors qui n*en connaissent pas le prix ^ et je n'ai que faire de leur suffrage, docteur.

BOUCHARD

Air: Un cordelier d'une riche encolure,

Gargantua, si l'on en croît Thistoire , Sous Fair d'un grimoire^ Dit plus qu'on ne croit ■"S^ Et plus qu'on n'apperçoit.

^>xSes traits aigus ne ménagent personne^ ^ j Le roi , la Sorbonne ....

RABELAIS

Vous l'avez donc lu'

BOUCHARD

Et fort biçn entendu,

Je ne vous en aurais pas cru capable.

22 C L. M A R or,

BOUCHARD

Maître François Rabelais, aunez-vous intention de nVinsulterJ

RABELAIS

Qu'en pensez-vous j maître Bouchard?

BOUCHARD

Prenez garde qu'on n^épluche votre conduite.

RABELAIS

Oh ! moi, je ne crains rien.

BOUCHARD

Elle n'est pourtant pas des plu? régulières , et Ton sait que M. le curé de Meudon fait de son presbytère une abbaye de Thélême.

RABELAIS

Où Ton ne reçoit que bonne comp:^gnie.

BOUCHARD

D'ailleurs , il court sur votre compte certains bruits....

RABELAIS

Il faut les laisser courir.

Et Ton dit hautement que le vin . . . , ,

RABELAIS

Si j^en bois ^ c'est par principe de religion,

BOUCHARD

Quelle impiété I

RABELAIS

Du tout i c'est l'avis d'un ancien que j'ai retenu. î^e voici.

VAUDEVILLE, s3

\ïk: Delà pipe de tabac.

Aux bienfaiteurs reconnaissance, Haine et mépris au cœurs ingrats , Aux infortunés assistance , ,i;,\

èuevve aux cagots , aux scélérats ; ( his. ) Aux défunts lumière éternelle , Gaieté , santé , paix aux yivans , Au tout puissant gloire immortelle, Et paradis aux bien buvans.

Vous voyez donc bien , saint homme

( On entend dans la coulisse: ) Oui , nous porterons nos plaintes.

S C É JSf E V I L

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