SCÈNE V L RABELAIS, BOUCHARD
RABELAIS^ en entrant , sans voir Bouchardé
u est-il , où est-il , ce cher ami, que je l'embrasse? ( S' arrêtant a la vue dit Bouchard : ) Ah, c*esî vous , M. Bouchard l
BOUCHARD
Eh ! bon jour ^ M. Rabelais , enchanté de vous voir»
RABELAIS
Qui diable vous croyait ici?
BOUCHARD
J*ai , ce matîn, appris le retour de notre ami, et je venais le complimenter.
RABELAIS
Il vous saura grë de l'attention.
BOUCHARD
Sur-tout quand il apprendra quM doit, en grande partie, son rappel à mes vives s(»llicirations. RABELAIS.
A vos sollicitations ? Eh bien , voilà de ces choses qui me passent.
Pouvais-je faire moins pour un ami î
RABELAIS
Votre ami I je ne m'en serais pas douté, d'honneur.
BOUCHARD
C'est pourtant ainsi
RABELAIS
Air: Cet arbre apporté de Provence^
Eh ! mais je commence à le croire j
Je raisonnais imprudemment.
Un trait qui s'offre à ma mémoire,
Le prouve incontestablement: ^ .
Un ami vrai, dit-on, châtie 5
Or , vous Têtes assurément •
Car c'est à vous, je le parie,
Qu'il doit son dernier châtiment.
BOUCHARD
Quoi ! vous croyez?. ....
RABELAIS
Que vous n'avez pas nui, si n*avez contribué beau-* coup à le faire exiier à Ferrare, et qu'à présent encore^ vous cherchez à lui rendre pareil ou pire service.
Si je n'étais fort de ma conscience. ...
RABELAIS
Ne prononcez donc p3s ce mot-là.
Il est bien étonnant, M. Rabelris , que vous m'osiez tenir un puéil langage. Croyez-vous qu'on au oublié lordurier Pantagruel et Tindécenr Gargantua !
RABELAIS
Mais j'espère bien, pnrbleu , qu'on ne les oubliera jamais. Pantagruel t-t Garginiua, ce sont mes brevets d'immortalité.
B O U C H A R Do
Vous l'aurez acquise à peu de frais.
RABELAIS
Il n'y a que les sors qui n*en connaissent pas le prix ^ et je n'ai que faire de leur suffrage, docteur.
BOUCHARD
Air: Un cordelier d'une riche encolure,
Gargantua, si l'on en croît Thistoire , Sous Fair d'un grimoire^ Dit plus qu'on ne croit ■"S^ Et plus qu'on n'apperçoit.
^>xSes traits aigus ne ménagent personne^ ^ j Le roi , la Sorbonne ....
RABELAIS
Vous l'avez donc lu'
BOUCHARD
Et fort biçn entendu,
Je ne vous en aurais pas cru capable.
22 C L. M A R or,
BOUCHARD
Maître François Rabelais, aunez-vous intention de nVinsulterJ
RABELAIS
Qu'en pensez-vous j maître Bouchard?
BOUCHARD
Prenez garde qu'on n^épluche votre conduite.
RABELAIS
Oh ! moi, je ne crains rien.
BOUCHARD
Elle n'est pourtant pas des plu? régulières , et Ton sait que M. le curé de Meudon fait de son presbytère une abbaye de Thélême.
RABELAIS
Où Ton ne reçoit que bonne comp:^gnie.
BOUCHARD
D'ailleurs , il court sur votre compte certains bruits....
RABELAIS
Il faut les laisser courir.
Et Ton dit hautement que le vin . . . , ,
RABELAIS
Si j^en bois ^ c'est par principe de religion,
BOUCHARD
Quelle impiété I
RABELAIS
Du tout i c'est l'avis d'un ancien que j'ai retenu. î^e voici.
VAUDEVILLE, s3
\ïk: Delà pipe de tabac.
Aux bienfaiteurs reconnaissance, Haine et mépris au cœurs ingrats , Aux infortunés assistance , ,i;,\
èuevve aux cagots , aux scélérats ; ( his. ) Aux défunts lumière éternelle , Gaieté , santé , paix aux yivans , Au tout puissant gloire immortelle, Et paradis aux bien buvans.
Vous voyez donc bien , saint homme
( On entend dans la coulisse: ) Oui , nous porterons nos plaintes.
S C É JSf E V I L