‹ Clément V, Philippe le Bel et les TempliersChapitre 4 sur 4 · XIX. Quant au mariage négocié entre les enfants du roi des · texte numérisé non relu

XIX. Quant au mariage négocié entre les enfants du roi des

dantibus in partibus Italie, qui erant, ut dicebat, bene tercia pars catholiconim mondi. Et circa commendacionem ipsius régis multa nobis recitavit, et dixit quod in facto dicti régis Romanoruin beae providerat ad honorem et tuicionetu Ecclesie et vassallorum et dcvotorutn ejusdom ; et, cum tali quali risu, dixit quod scriptum nobis ostenderet taie quid de quo darot nobis magnam leticiam. Et tune fecit aiferri per camerarium processum approbationls electionis dicti régis in quodam registre contentum, et in presencia nostra legi, et postmodum quamdam litteram sigillé ipsius régis sigillatam quam de novo habuorat ab eodem roge continentom juramentum fidelitatis in jure scriptum xxii, q. v. de forma, et. ultra hec, quod omnes donaciones factas a Gonstantino, qui primam donacionem Ecclesie in persona beati Silvestri fecit, et ab aliis imperatoribus predecessoribus suis, eciam aiiis ecclesiis quam Romane approbabat. conûrmabat et de novo dabat, specificatis in ipsa littera multis comitatibus, provinciis, civitatibus et terris aliis, et nichilominus cum ciausula generali, promittens se infra octo dies postquam coronatus fuerit, quatuor paria litterarum ejusdem forme per suum juramentum domino pape daturum et assignaturum. Item quod personas domini pape, vassalorum et devotorum Ecclesie ac donaciones premissas contra omnes defensaret suis sumptibus et expensis, et plura alia in eadem littera contenta, de quibus non mullum curamus, que omnia solenniter juravit. Et tune peciimus ut copiam litterarum illarum nobis darc vellet ut ea vobis mittoremus, si placeretei. Qui subridens nicliil dixit.

XIX. Do matrimonio vero proloquto iutor liboros dictorum legum Roma-

Romains et du roi de Sicile, le pape déclara qu'il n^avait pris h cet égard aucune initiative; le roi de Sicile lui en avait plusieurs fois parlé, ainsi que quelques ambassadeurs du roi des Romains, desquels il apprit qu un cardinal était le promoteur de cette affaire, et en avait écrit au roi des Romains. Le pape nous ayant demandé plusieurs fois s'il nous nommerait ce cardinal, nous lui dîmes oui : et il nous nomma Jacques Cajetan. Le roi de Sicile lui fit ensuite part du traité de mariage, affirmant qu'il avait demandé Tavis du roi de France, lequel avait consenti. Le pape dit alors au roi de Sicile de parler de cette affaire avec qui il voudrait: quant à lui, cela ne le regardait pas. Il lui remontra toutefois que la fille du roi des Romains était une grande princesse, qu elle serait bien casée, si ce mariage se faisait, et qu'il pourrait en résulter beaucoup d'avantages. Après, les deux ambassadeurs envoyés par les deux rois vinrent trouver le pape. Ils reprirent l'affaire du traité et spécifièrent la dot et le douaire. On demandait une grande quantité d'or et le royaume d'Arles pour le fils du roi de Sicile, tout en réservant les droits du roi de Sicile sur ce royaume ; ils remirent au pape une lettre lui conférant pouvoir de diminuer le chiffre de la dot en or. Ils ne purent convenir du chiffre de la dot, parce que le roi de Sicile avait de trop hautes prétentions, bien que le pape eût conseillé au roi de réduire ses demandes pécuniaires, le reste devant suffire avec ucie si grande princesse.

XX. L'évêque de Bayeux dit au pape : Père, le roi des Romains n'a pas plus le droit de donner le royaume d'Arles, si toutefois ce royaume existe, quemciévéque un château de mon évéché, à moins que le pape ne le permette. Le pape ajouta que les ambassadeurs se retirèrent, se fixant rendez-vous, ou à d'autres ambassadeurs^

norum et Sicilie respondit papa quod nunqpiam iaiciaverat aliquid de predîctis sed diu post loqutus fuerat cum eo super illis rex Sicilie et quidam ambassatores régis Romanorum ; a quibus audivit papa, ut dicebat, quod quidam cardinalis hoc moverat et scripserat régi Romanorum. Et dicto per eum pi unes an nominaret eum, et diceremus quod sic, nominavit eum nobis vldelicet Jacobum Gagitani. Et posl hec, dictus rex Sicilie declaravit sibi tractatum dicti matrimonii, asserens quod vobis de hoc pecierat consilium et quod volebatis; cul dixit papa quod loqueretur cum quibus videret expedire, quia ad eum non spectabat. Yerumtamen dixit ipsi régi quod majgna erat persona lilia dicti régis Romanorum et quod bene esset posita, si ibi esset, et quod Inde multa comoda poterant provenire. Et postmodum, ut dicit papa, revers! fuerunt ad ipsum ambassatores utriusque régis qui repetebant tractatum dicti matrimonii et specificabant dotem et dotalicium, scilicet petendo maximam summam auri et regnum Arelatense dandum ûlio dicti régis Sicilie, licet aliqua jura idem rex Sicilie in eo habere deberet, committendo tamen per litteras ipsi pape quod de dicto auro posset diminuere, si vellet. Et tandem non potuerunt de dote convenire quia nimiam summam auri petebat pars dicti régis Sicilie cum regno Arelatensî, quamvis papa persuaseritconsulendo parti régis Sicilie quod désistèrent a tanta auri pelicione. et quod alia debebant sufficere cum tanta persona. XX. Cui pape dixit episcopus Bajocensis : Pater, non potest plus rex Romanorum dare diclum Arelaleuso reguum, si sit regnum, quod ipse episcopus uiiuui écclesiè sue castrum, uisi per ipsum papam lierct. Item dixit papa quod

à Poctave de la Toussaint. Il ajouta, sur son âme, que depuis il n*en avait plus entendu parler, alléguant pour son excuse qu'il n*avait pu refuser à d'aussi grands personnages de traiter en sa présence, et qu'il croirait commettre un péché mortel en empêchant ce mariage qui pouvait amener la paix entre les Gibelins et les Guelfes.

XXI. Ensuite, nous exposâmes au pape les articles que nous avions à lui soumettre. Après nous avoir fait plusieurs réponses qu'il voulut qu'on ne considérât pas comme des réponses officielles, il nous dit de lui remettre ces articles par écrit et qu'il nous répondrait de même, ce que nous fîmes quoique à contre-cœur, car ce n'est pas l'usage, et il nous tint en suspens onze jours, malgré nos fréquentes instances pour obtenir réponse. Il répondit enfin, et sa i^ponse est contenue dans un rouleau qu'a messire Guillaume.

XXn. Pendant ces délais, nous fîmes des visites à ceux des cardinaux qui sont nos amis ou que nous connaissions, entre autres monseigneur Pierre de La Gapelle, cardinal de Preneste, qui s'était seul opposé, ainsi que nous Tavons compris, à la promotion du roi des Romains à la couronne impériale, mais qui avait fini par y consentir. Après avoir entendu plusieurs des articles dont nous sommes chargés, voyant qu'il n'était fait aucune mention de traité, il nous dit : « Pour le malheur, pourquoi ne vous hâtez-vous pas de faire en « sorte que monseigneur le roi de France soit déchargé et délivré de « cette affaire qui nous a déjà donné tant de mal? Je vous dis que « FËglise romaine peut beaucoup, de grandes et de terribles choses « contre les plus grands de ce monde, quand elle a sujet de le faire. « Et si le roi ne se dégage pas, le fait pour lequel on traite pourrait

tonc recessenint ab eo et terminum inter se condixerant de conveniendo per 86 vel per ambassatores insimul ia octava Ooiniuin Sanctorum. De quibus dixit quod in anima sua postea aliquid non audiverat, ad suam excusacionem preteudens quod non denegaret quin tante persone coram ipso papa tractarent et quod crederet peccare mortaliter si dictum matrimonium impediret ex quo pax inter Guibelinos et Guelfes poterat provenire.

XXI. Et post hec, articules quos habebamus promovere apud ipsum papam slbi exposuimus. Qui, post multas responsiones factas quas voluit haberi pro non responsionibus, dixit quod articules daremus in scripto et ipse traderet in scriptis : quod fecimus, quamvis non voluntarii, cum non sit moris, et tenuit in suspense per xi dies quamvis instaremus fïrequenter pro responsione habeoda. Et tandem respondit, prout in rotule quem habet dominus Guillelmus continetur.

XXII. Nos autem inter moras hujusmodi amicos sive notes nostros cardinales visitavimus, et inter ailes dominum P. de Gapella, cardinalem Penestrinum, qui solus promocioni régis Romanorum ad coronam imperïi, ut intelleximus, contradixit, sed finaliter consensit. Auditis aliquibus de articulis nobis iojunctis, vidons quod nuUa sibi fiebat mencio de tractatu, dixit : Per

I malam fortunam, quare non acceleratis vos quod dominus rex Francie sit

I totaliter expeditus et liberatus de illo facto in cujus tractatu tamdiu labora-

^ vimus. Dico vobis quod Êcclesia ista romana multa potest, magna et ardua

ï contra majores mondi, dumtamen causam habeat faciendi. Et nisi liberetur

! dominus rex, illud factum de quo est tractatum posset esse una causa de

majoribus que temporibus nostris evenennt. Et si esset liberatus rex de illo

« devenir la cause d'un des plus graves événements de notre temps. « Et si le roi se débarrassait de cette affaire, ce que je désire et sou- « haite arriver promptement, s'il voulait faire justice dans son « royaume, » posant alors sa main sur ses genoux, car il était assis, avec un mouvement de corps, en branlant le chef et en fixant ses yeux sur nous, il dit : « Qu'en agissant ainsi vous n'auriez à craindre « ni couronne noire ni couronne blanche. >• Ce dit, il conseilla avec douceur de chercher à vous rendre vos sujets pacifiques, bienveillants et tranquilles; que vous auriez leurs cœurs, notamment des Flamands; de restreindre vos dépenses, de vous garder de prodigalités, et de mettre de côté l'argent que vous pourrez justement et sans exaction. Il nous dit aussi d'autres choses que nous vous répéterons de vive voix : jugez si elles sont importantes!

XXin. Le mardi, après vêpres, jour du départ de messire G. de Nogaret, les cardinaux de Tusculum et Etienne, ainsi 'que frère Nicole nous convoquèrent à la maison de monseigneur de Tusculum, et nous demandèrent d'ouvrir des voies pour arriver à un trtiité. Nous leur répondîmes qu'eux ou quelques-uns d'entre eux sauraient bien mieux trouver ce moyen, attendu qu'ils avaient longtemps travaillé à amener un traité, et que cela appartenait au pape et à eux. Monseigneur de Tusculum dit qu'il fallait reprendre la négociation au point où on l'avait laissée ; s'il manquait quelque bon article ou s'il y en avait de mauvais, nous le dirions et ils appuieraient de tout leur pouvoir. Nous répondîmes que tout d'abord il fallait venger l'honneur de Dieu et le vôtre des reproches injustes et des autres atteintes. C'était à eux de réfléchir à la satisfaction qui devrait être donnée. Ils dirent que cela était plutôt à nous. Enfin, on convint que nous y penserions eux et nous, et que nous nous communiquerions nos réflexions entre la Circoncision et l'Epiphanie,

facto quod cito fleri consulo et opto, et vellet facere justlciam in regno suo, ponens manus supra genua cum sederet ait cum nuttu corporeo et caput movendo erga nos et oculos defigendo in nobis quod hec faciendo non haberetis timere coronam nigram neque albam, et hiis dictis leviter asserens consuluit quod vos haberetis subditos vestros erga vos pacificatos, benivolos et tranquilles et haberetis corda eorum et specialiter Flamingorum. et restringeretis expensas vestras, et precaveretis vobis de misiis, reservaretis vobis pecunias quas possetis, juste tamen et absque mala exactione ; et alia eciam nobis dixit, que vobis dicemus viva voce. Considerate quid fiec important,

XXIII. Demum, die martis post vesperas, qua die recesserat dominus G. de Nogareto, miserunt pro nobis domini cardinales Tusculanus, Stephanus et frater Nicolaus ad domum dicti Tusculani et ibi dixenint nobis quod vias aliquas operiremus eisdem super tractatu; quibus respondimus quod ipsi vel aliqui eorum, melius scirent invenire vias quain nos, et quod ipsi super ipso tractatu alios pluries laboraverant, ad quod ad papam et ad ipsos istud pertinebat. Et tune dixit Tusculanus quod resumeremus tractatum in statu in quo fuerat dimissus, et, si deficerint aliqui boni articuli vel essent aliqui mali, diceremus, eT; consilium apponerent toto posse. Nos vero respondimus quod prius erat consilium apponendum ad honorem Dei et vestrum in vituperiis et aliis attemptatis, et quod ipsi cogitarent quale esset istud consilium apponendum. Et ipsi dixerunt quod immo nos. Et tandem concordatum fuit quod

parce que dans l'intervalle ils seraient occupés par leur service et plusieurs autres choses. Nous consentîmes à ce délai, parce que nous attendions une communication écrite et secrète de messire Guillaume et l'écrit que vous savez.

XXIV. Mercredi avant la Nativité de Notre-Seigneur, le pape nous envoya un de ses serviteurs, nous mandant de venir lui parler à rinstant ; ce que nous fîmes. Nous lui dîmes que nous avions examiné avec messire Guillaume les réponses qu'il nous avait données par écrit, et que, sauf sa révérence, elles étaient vagues et obscures, qu'elles ne nous plaisaient pas, que nous n'en étions pas contents, et que vous en seriez aussi mécontent quand vous les connaîtriez ; qu'il daignât prendre une résolution, notamment au sujet de la lettre de la paix de Flandre. Il répondit, présents trois cardinaux, messire Etienne, Nicole et le vice-chancelier, que sur son âme il avait fait ces réponses d'après le conseil des cardinaux qui sont de votre royaume et avaient fait partie de votre conseil ; qu'il ne voyait pas d'autre façon d'agir convenable , sauf au sujet de la lettre de la paix de Flandre; qu'il délibérerait de nouveau sur ce point: il ajouta que vous et nous devrions être contents. Nous lui demandâmes d'assigner un terme dans lequel il accomplirait sa promesse, attendu qu'il nous retenait depuis longtemps. Il nous répondit que quant à la lettre, il le ferait avant la quinzaine de Noël, et qu'il réfléchirait si sur les autres points il pourrait faire quelque chose de bon, sauf l'honneur de Dieu et de l'Eglise ; depuis notre arrivée, il avait été fort occupé par nos affaires et par la nomination de nouveaux cardinaux. En outre, bien que nous ne lui soufflions pas mot du traité, il nous dit que ses occupations de pape et d'autres affaires l'avaient tenu et le tiendraient empoché ; aussi il désigna deux cardinaux, ceux de Tus-

ipsi et nos super hoc cogitaremus et ad ipsos reverteremus inter Circuncisionem et Epîphaniam , quia intérim occuparentur circa servicium et alia plura. Et nosmet bene voluimus expectantes aliqua que nobis dominus G. débet scribere secrète et mittere scripturam correctam quam soitis.

XXIV. Item, hac die mercurii ante Nativitatem Domini, bene mane, misit papa unùm servientem suum ad nos. mandans ut, si vellemus loqui cum ipso, statim iremus : quod et fecimus. Et tuno diximus sibi quod nos et dominus G. de Nogareto videramus responsiones quas dederat nobis in scriptis, et quod salva reverencia sua, incerte et oscure erant, neque nobis placebant neque eramus contenti de eisdem nec vos contentus essetis cum sciretis easdem, et quod dignaretur aliter super hoc agere, et specialiter super littera pacis Flandie. Qui respondit, presentibus tribus cardinalibus, videlicet dominis Stéphane, Nicolao et Vicecancellario quod in animam suam illas fecerat cum consilio cardinalium qui de regno nostro erant et de consilio vestro fuerant, et quod modum alium faciendi expedire non videbat, nisi de littera dicta pacis Flandrie, super qua adhuc deliberare volebat in aliquibus, et tune nobis respondit taliter quod vos et nos contenti esse deberemus. A quo petivimus terminum infra quem hoc faceret. cum nos diu tenuisset ; qui dixit quod, quoad litteram hoc faceret infra quindenam Nativitatis Domini, et, si in aiiis videret, salvo honore Doi et Ecclesie aliter boni facere, libenter cogitaret, quia multum impoditus fucrat post advcntum nostrum, propter négocia nostra et car-

76 GLÉMBNT y, PHILIPPE LE BEL ET LES TEMPLIERS.

culum et de Bruges, frère Nicole et le vioe-chancelier, pour discuter avec nous sur ce que nous savions, c'est-à-dire sur le traité, et aviser à ce sujet, nous donnant rendez- vous avec eux entre la Circoncision et TEpiphanie.

XXY. Le même jour, à Theure du dtner, le cardinal de Bruges me dépécha un évéque, avec prière d*aller le trouver immédiatement après le diner pour parler du traité. «Ty allai, après avoir mandé messire Geoffroi, maître Alain et Tofiicial de Paris. Le cardinal insista beaucoup pour que nous lui indiquassions quelques voies au siget du traité. Nous lui répondîmes qu'il avait plus travaillé que nous à cette affaire, qu'il devait aviser et rechercher votre honneur; que c'était à lui de réfléchir et de nous ouvrir des voies. «Je ne « le saurais, dit-il, si vous n'ouvrez vous-même les voies; car vous « avez conféré en dernier avec monseigneur le roi et avec son « conseil. » Alors nous déclarâmes que tant qu^on n'aurait pas puni les attentats et les faussetés mentionnées en tête de cette dépêche et pourvu à la gloire de Dieu, la révérence de TËglise et votre honneur, il nV avait lieu de rien faire. Le cardinal demanda ce que nous voulions qui fût fait.

XXVL Nous, non comme ambassadeurs, mais à titre privé, nous croyions que les cardinaux bonifaciens et ceux qui s'offraient à la défense de Boniface, devaient révoquer solennellement et publiquement leurs mensonges, reconnaître juste et bon le zèle de monseigneur le roi et se soumettre, eux et leurs fonctions, à la volonté du roi. Alors nous pourrions passer outre. La condition de mettre leurs positions à la discrétion du roi Tétonna. Nous lui dîmes de réfléchir à ces choses et quç nous irions le voir au temps prescrit.

dinales novos quos crearat Preterea, licet nullam mencionem sibi de Iractatu faceremus, dUit tamen quod propter servicium et alla impeditus fuerat et erit. et ideo ad iUud quod sciebamus, id est de tractatu tradebat nobis duos cardinales Tuacuianum, Brugengem, fratrem Nicolaum et Vicecancellarium, cum quibus tractaramus ; et ipsi appouerent cousilium super istis. Âd quos inter GirconcisioDem et Epiphaniam accedemus.

XXV. Item hac die circa prandium misit dominus cardinalis Brugensis adhuc episcopum ut post prandium statim ad eum irem pro negocio dicti tractatu. Ivi, maodatis domino Gosfrido, maglstris AlanoetofiicialiParisiensi, quimultum institit ut sibi aliquas vias aperiremus ad tractatum : cui diximus quod magis tractaverat negocium quam nos qui honorem vestrum debebat diligere et zelare, et ideo Ipse cogitaret et nobis vias aperiret. Qui dixit : Nescio nisl aperiatis quia ultimo cum domino meo rege et suo consilio loquti Aiistis. Gui tune diximus quod quousque esset cousilium appositum in attemptatis et falsîtatibus suprascriptis et taliter provisum quod cederet ad laudem Dei, apostolice aedis reverenciam et vestrum honorem non decebat Qui cardinalis peciit quid fieripetebamus.

XXVI. Gui nos, non ut nuncii sed ut private persone. crederemus quodoporteret, tam cardinales bonifaciani quam ofTerentes se defensioni solenniter et publice mendacia sua revocare, justumet bonum zelum dominl régis recognoscere et se et statum suum voluntatidomini régis supponere. Et tuncpossemus ad alie procedere. Qui de supposicione status miratus fuit. Diximus tamen ei quod cogitaret super hiis et ad ipsum suprascripto tempore veniremus. Et miramur

Nous nous étonnons de ce que messire Guillaume a oublié de nous laisser la lettre corrigée, ainsi que vous le savez, par monseigneur Tarcbevôque et par les autres.

Que le Dieu tout-puissant vous accorde la prospérité et le bonheur ! Ecrit à Avignon, la veille de la Nativité de Notre-Seigneur. J. Â notre très-excellent seigneur le roi de France. Vos envoyés, l^Évéque db Baveux, Gboffrot et les autres *.

Voici quelle était la situation à la fin de Tan 1309 :

l"* Le procès de Bonifieu^e YIII aura lieu à la mi-carême 1310;

2^ On prononcera sur le sort de Tordre du Temple à la fin de la même année^ au concile de Vienne : ce concile n'ouvrira ses séances qu'un an plus tard.

Le procès de Boniface fut scandaleux ; cédant à de nombreuses influences et aux prières de Clément, Philippe remit au pape le soin de décider cette afiaire (février 1311). Le concile s'ouvrit le 16 octobre' suivant. Le pape y déclara Boniface exempt de toute tache ^. Restaient les Templiers. Philippe se transporta à Vienne avec toute sa cour. Clément supprima l'ordre du Temple par provision apostolique, et le conçue confirma cette suppression '. Quant aux biens du Temple, ils furent attribués à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

On voit par ce résultat que Clément ne sacrifia ni ses devoirs

quod dominus Guillelmus dédit oblivionidimittere nobis litteram per domlnum archiepiscopum et alios correctam sicut scitis.

Tribuat vobis omnipotens Deus successus prosperoa et felices. Scriptum Avoiionis, in vigilia Nativitatis Domini. J.

Excellentissimo domino nostro régi Francie.

Nuncii vestri EIpiscopus Bajogbnsis, Gaufridus et alii. * Cette lettre est en papier de chiffon, pliée en deux, comme nos lettres modernes. Dans la pâte du papier, il y a des caractères grecs en guise de filigranes. Elle est conservée aux Archives nationales ; elle figure, à sa date, dans le Miuée paUographique. Dupuy, qui a eu ce document capital entre les mains, non-seulement ne l'a pas publié, mais Ta même exclu du Trésor des Chartes, dont il avait jusqu'alors (lût partie. Aussi ne figure-t-il pas dans Tinventaire manuscrit du Trésor, rédigé parDupuy. C'est ce qu'on peut appeler escamoter une pièce.

s Voyez Baillet, Histoire des démêlez de Boniface VIII avec Philippe U Bel, p. 300 et suiv. Dupuy, Preuves, p. 296.

s Datée de Vienne, six des nones de mai, 6"« année. Trésor des Chartes, J. 314, n« 24.

ni son honneur aux demandes du roi de France. Il fut patient, conciliant, habile, mais ferme ; et Philippe le Bel, s'il crut un instant avoir en ce pape un instrument dévoué, dut s'apercevoir de son erreur. Les biens du Temple lui échappèrent : en vain éleva-t-il chicane sur chicane, tout ce qu'il put obtenir ce fut de percevoir des sommes considérables pour avoir gardé les Templiers en prison ; leurs immenses propriétés territoriales passèrent sans exception aux Hospitaliers, qui les ont gardées jusqu'au moment de leur suppression * .

Voyez La France sous Philippe le Bel, p. 145 et 14G.

Le Mans. — Imprimerie Ed. Monnoyer, place des Jacobins.

miiii

Page 1