ÉTAT DE LA QUESTION
Voici comment s’exprime le rédacteur du QuarterUj Review dans un article sur la papauté, que la Revue britannique a reproduit au mois d’avril 1836: « Jamais plus belle occasion d’impartialité ne s’offrit à l’intelligence assez iière pour planer au-dessus des pays, des temps, des lieux et des préjugés1...
a L’histoire de l’Europe moderne n’offre pas beaucoup de phénomènes aussi curieux que ceux qui ont suivi la Réforme ; la retraite prudente et silencieuse de la cour de Rome au sein de ses fonctions ecclésiastiques ; l’habileté avec laquelle elle subordonna ses intérêts temporels à ses intérêts spirituels ;
1 On doit savoir gré 4 l’auteur de sa bonne volonté et de la droiture de ses intentions : bien entendu cependant, qu'on est loin d'admettre ce qu'il y a d'exagéré et d'inexact, religieusement parlant, dans ses appréciations et dans la manière dont il les formule.
DOCUMENTS. CHAF. I.
l’art avec lequel cette transition fut ménagée ; la concentration de son énergie dans son domaine limité; son action sur le midi de l’Europe; l’accroissement de son influence dans une autre sphère : accroissement dù non-seulement à l’activité des ordres religieux , et surtout des jésuites , mais à la supériorité personnelle des pontifes élus, et spécialement à l’adroite manœuvre qui plaça toute l'éducation catholique entre les mains de la milice de saint Ignace...
« Ainsi commença la régénération de la puissance pontificale ( c’est-à-dire, du catholicisme). Elle eut pour point de départ le concile de Trente, et pour moteur actif cette multitude d’ordres religieux que l’Europe a vu depuis se mouvoir dans tous les sens; marcher, milice permanente, dévouée, fanatique {sic) , habile, sous les drapeaux de Rome, et forte de ce célibat qui l’isolait des intérêts humains *, accomplir d’immenses conquêtes. Tout ce qu’il y a de plus grand en bien et en mal dans l'histoire moderne, est l’œuvre de ces ordres. L’inquisition, les missions étrangères et l’éducation du peuple leur appartiennent... »
Le docteur Ranke , dans son Histoire de la papauté ( t. II, p. 113), indique aussi les résultats précieux du concile de Trente :
« Les réformes (ordonnées par le concile) sont d’une immense valeur. On fonda des séminaires, et l’on eut soin d’y élever des jeunes prêtres sous la direction d’une règle trèsaustère et sous l’influence de la crainte de Dieu. Les paroisses furent régularisées, l’administration des sacrements et la prédication réorganisées , et la coopération des moines soumise à des lois déterminées. On recommanda fortement aux évêques les devoirs de leur emploi, et en particulier, la surveillance du clergé, suivant les divers degrés dans lesordres. Mais le grand, l'immense succès, fut de voir les évêques s’engager solennellement à l’observation des décrets du concile de Trente... »
' Oui, mais en même temps le célibat du prêtre est le sacrifice de l’homme pour le service des véritables intérêts de l’humanité.