AFFAIRE DU COLLÈGE DES IRLANDAIS
Extrait du P. Bœro, Osservazioni sopra l’Istoriadel pontificat» diClemenle XIV... t. II, p. 13.
Les jésuites avaient, dit-on, contrairement aux prescriptions d'Urbain VIII, ajouté aux obligations des jeunes élèves des collèges anglais, irlandais et écossais, celle de dépendre du général de la compagnie ; et telle aurait été la raison pour laquelle Clément XIV avait retiré à ces religieux la direction du collège des Irlandais.
Observations.
Il faut savoir que le collège Irlandais fut fondé par le cardinal Ludovisi, qui, parmi les autres dispositions faites dans son testament, voulut que le collège fût confié aux jésuites ; que leur général, pro tempore, en devint le protecteur, et qu’il pût par là, dans des cas particuliers, déterminer ce qui semblerait le plus opportun au maintien de la discipline et au plus grand avantage des élèves. Voilà pourquoi la formule du serment
que les élèves avaient coutume Je prêter portait, après un court préambule, ce (fui suit : Omnipotenti Deo promitto et juro, me suo tempore sacros ordines suscepturum, et in Hibemiam ad proximorum animas lucrandas sine mora, postquam ex hoc collegio discesser o, reversurum ; nisi prœpositus generalis vel vicarius generalis soc. Jesu, pro teinpore, differendum in Domino judicaverit. Cette dernière clause, comme chacun peut le voir, avait été mise, pour restreindre Ja nécessité du départ de l’élève, sine mora , quand il pouvait y avoir pour cela de graves raisons, soit pour l’utilité du collège, soit pour l’avantage de l’élève.
Puis, le collège n’ayant pas de protecteur étranger, mais ayant été donné par le cardinal Ludovisi, non solum administrationi, sed gubêrnationi societatis Jesu, le supérieur de la même société avait coutume, dans ces cas d’utilité ou de nécessité, de dispenser selon la formule du serment. Que peut-on trouver ici à reprendre? Sous d’autres pontifes on avait fait des visites à ce collège, et aucun des cardinaux visiteurs ne trouva à redire ou à changer à la formule du serment.
Si le cardinal Marefoschi entend et rapporte la chose sous un tout autre aspect, la faute n’en est pas aux jésuites. 11 voulut publier les actes de sa visite, croyant par là les diffamer; mais l’effet que cette publication produisit fut différent de celui qu’on en attendait, chacun pouvant se convaincre des contradictions manifestes de son contenu Ainsi, par exemple, à la page 8 delà relation, il est dit que très-certainement la mauvaise administration des jésuites est l’origine et la principale raison de la décadence du collège. Puis dans le sommaire, à la page 149, n° 31, est rapporté un rescrit pontifical dans lequel il est affirmé que la décadence du collège est née tant de la réduction générale des monts de piété que des chances ordinaires du temps. Innocent XII ajoute : Les causes furent reconnues telles dans la dernière visite faite au collège d’après l’ordre que nous en avions donné au cardinal Barbarigo. Et à la page 1 43, au n0 33 du même sommaire, dans un autre rescrit pontifical, il est dit que la décadence doit être attribuée à la fréquente