LE TS
(1) Exposicion y dictamen de el fiscal d2 el consejo y camara D. Francisco Guitierez de la Huerta.
ET LES JÉSUITES. 29 de saint Ignace était un fauteur d’insurrection. Les Néophytes ne transigent pas avec leur conscience, ils s’accusent seuls ; leurs Caciques racontent même les soupçons que les efforts pacifiques des Jésuites firent germer dans leurs âmes. Ils avaient regardé les Missionnaires comme les complices des Portugais et des Espagnols ; à l'appui de leur injuste méfiance ils apportent tant de témoignages, que Zevalos crut de son devoir de renverser l’échafaudage d’iniquités dont Pombal se faisait un bélier contre la Société de Jésus.
Ces événements se passaient en 4757; ils auraient duù éclairer l'Europe et le Saint-Siége sur les projets de Pombal. Ce ministre venait de détruire en quelques années une œuvre de civilisation qui avait coûté des siècles de patience et de
martyre. Son arbitraire frappait en même temps sur les rives de l’Uruguay et sur les bords du Maranon ; sous sa main [a vérité se transformait en calomnie. Il réveillait les anciennes querelles des marchands portugais et des Jésuites; il excitait la soif du lucre chez les uns, et la défiance contre les autres. 11 s’emparait des vices ainsi que des vertus pour créer de tout cela une tempête d’accusation au milieu de laquelle la probité et l'intelligence auraient peine à discerner le mensonge de l’erreur involontaire. Son but était atteint ; ses libelles, répudiés par le clergé, par la noblesse, par le peuple portugais, trouvaient des échos complaisants dans les pamphlets des Philosophes, dans les œuvres des Jansénistes, dans les vieilles animosités des Protestants. Pombal fut un ministre selon leur cœur. ils célébrèrent son courage, ils exaltèrent ses talents, ils le dotèrent de toutes les perfections. Les fables qu’il avait inventées furent proclamées comme vérités absolues par des hommes qui doutaient de tout; et, dans ce siècle singulier, où tout était matière à sophisme, on crut aveuglément à une imposture qui ne prenait même pas le soin de se déguiser.
Pombal sortait de tenter un grand coup, et il n’avait rencontré chez les Jésuites .qu ’obéissance et timidité ; cette découverte, à laquelle il ne s'était peut-être pas attendu, l enhardit.
De l'Amérique méridionale, il résolut d’acclimater en Europe la guerre qu'il déclarait à la Compagnie. Mais cet homme, si téméraire dans ses plans, sentit qu'en présence d’un peuple religieux il fallait procéder par des voies souterraines, et miner la place avant de l’attaquer à force ouverte. Ce fut à Rome qu’il alla chercher les armes dont il avait besoin.
On voyait sur la chaire de saint Pierre un pontife dont le monde chrétien salua les tolérantes vertus, et que le monde savant honora comme une de ses gloires. Benoît XIV, de la famille Lambertini, régnait depuis 1740. Ami des lettres, protecteur des arts, profond canoniste, politique plein d'habileté, il avait rendu à l'Eglise d’éminents services; et son nom était si révéré, que les Anglicans, que les Philosophes eux-mêmes l’entouraient de leurs hommages. Benoît XIV, élève des Jésuites, S'étaittrouvé sur certains points en désaccord avec eux, notamment dans la question des cérémonies chinoises. Mais ces différences d’avis, ces improbations même, tombées du Siége apostolique sur quelques Pèresde l'Institut, n’altérèrent enrien l'estime qu’il avait vouée à la Compagnie. En 1742, il condamnait au silence les missionnaires du Malabar et du Céleste Empire ; en 1746,1748et11755, par ses bulles Devotam, Gloriosæ Dominæ et Quantum recessu, il comblait des marques les plus éclatantes de son affection « les religieux de cette Société, marchant, ainsi qu’il le dit lui-même , sur les traces glorieuses de leur père.» Benoît XIV n’était donc pas hostile aux Jésuites; le
cardinal Valenti, son célèbre secrétaire d'Etat, les estimait ; mais «le Papeavait pour conseiller intime un cardinal qui ne lesaimait "pi: c'était Dominique Passionei, esprit supérieur, quoique “toujours disposé à la lutte et ne cédant jamais. Ce prince de l'Eglise s'était fait contre les Ordres religieux, et en particu-
lier contre celui de saint Ignace (1), une > 1héonis dont il ne se