SCÈNE I OCTAVE, DOMITIUS
OCTAVE J
Eh bien, Domitius, Antoine viendra-t-il ?
DOMITIUS Oui. Tu ne lui tends pas quelque pièg-e subtil? OCTAVE
Tais-toi. Parler ainsi, c'est bien mal me connaître,
Domitius, je ne sais pas agir en traître ;
Je ne veux pas faucher de honteuses moissons ;
C'est de nos aïeux seuls que j'ai pris des leçons.
Je ne suis pas de ceux que leur plaisir promène ;
Mon esprit a gardé la loyauté romaine
Et je goûte fort peu les moyens qu'en riant
Enseignent à des fous les reines d'Orient.
DOMITIUS
Octave, un vrai Romain dédaigne de confondre Un ennemi qui n'est pas là pour lui répondre.
OCTAVE
Va, celui qui se plaît chez les Eg'yptiens
De moi-même apprendra l'estime où je le tiens^
Et, dût son arrogance en être un peu blessée,
Je lui dévoilerai le fond de ma pensée.
Ne t'indigne donc pas, Domitius. J'attends
Marc-Antoine ; dis-lui qu'il vienne avant longtemps.
DOMITIUS Ah, tu verras qu'il sait bondir quand on l'outrage Et qu'il n'a rien perdu de son ancien courage.
(Domitius sort. Entre Octayie.)